Certains sujets r-camusiens peuvent-ils trouver un écho à l'étranger?

Par exemple, doit-on considérer que Corbeaux pourrait partout en Europe illustrer le danger de la dictature des médias dans les pays démocratiques, ou doit-on considérer qu'il s'agit d'une querelle très parisienne, sans signification hors des frontières?

Et concernant Eloge du paraître, ne faut-il pas, pour que ce livre puisse être compris dans un pays étranger, que ce pays souffre de la même disparition de la courtoisie, de la forme et de la "fragmentation du sujet"? Ou le thème de la distanciation, de la retenue du sujet, est-il suffisamment universel pour ne nécessiter aucune référence culturelle indigène dans le pays où intervient la traduction?

Comment imaginer une traduction du Répertoire des délicatesses?

Alors, RC intraduisible, devant toujours, en tant que défenseur de la langue française, être lu en langue originale? RC réservé à une élite universitaire étrangère (comme cela semble le cas aux Etats-Unis et en Belgique)? Faut-il penser que les traductions demanderaient un travail éditorial trop énorme (appareil de notes pour expliquer les références, éclaircir les allusions, donner des correspondances culturelles), pour être rentable?

A moins que ce ne soit le fond qui dérange, et que les éditeurs étrangers soient peu pressés d'avoir une "affaire Camus" sur les bras?