Que commenter littérairement d'un journal? Faut-il se contenter de parler de la forme? Mais alors, qu'est ce qui distinguera le commentaire d'un tome de journal de celui d'un autre tome? Peut-on parler des "péripéties" sans s'immiscer dans une intimité qui n'est pas la nôtre? (Sans compter que l'on sait qu'il y a toutes les chances que l'auteur vienne à lire nos commentaires, ce qui retient encore la plume : nous ne pouvons écrire comme s'il s'agissait d'un personnage de roman : non, un vivant passe parmi nos messages et nous lit parlant de lui (alors que nous ne le connaissons pas. Qu'est-ce que connaître quelqu'un dont nous lisons la vie (ce qu'il nous en dit) sans l'avoir rencontré (le connaissons-nous plus ou moins qu'à l'avoir côtoyé pendant quinze ans de notre vie?)). Périlleux exercice, à mon sens, vertigineux exercice de forme, de retenue, de politesse. Peut-être finalement Renaud Camus a-t-il inventé un exercice d'ascèse à l'usage de ses lecteurs, l'ultime examen de paraître : "merci de commenter ma vie devant moi". Brrr...)