1-3-8-2-1-4. Or, feuilletant une belle revue de langue flamande, Obscuur, que l'on m'envoie parce que s'y trouvent traduites quelques pages des Elégies pour quelques-uns, j'y tombe précisément, « cet été-là », sur une photographie de Marc Horemans intitulée Passo dello Stelvio, alt. 2760 m. Et la coïncidence est bien grande, car ce col du Stelvio est éminemment obscur en effet, situé qu'il est sur une route tout à fait secondaire, et moins que secondaire, puisqu'elle relie Bormio et Bagni di Bormio, où l'on n'a pas l'occasion de passer tous les jours, à Sluderno et Silandro, qui sont Schluderns et Schlanderns. Que faisait là cet Horemans ? Ou bien qu'y faisions-nous nous-mêmes ? Et que fais-je dans la revue Obscuur, la bien-nommée, si bien nommée que j'y redeviens à moi-même étranger, ne comprenant un mot de ce que j'y raconte, de ce qui s'y trouve raconté sous mon nom ?

1-3-8-2-1-5. Dit boek, dit kleine boekje, dat het aan jou te danken heeft dat het een tijdje leeft, als je het op dit moment in je handen houdt, ontwijkende lezer (maar jouw heden is niet mijne, integendeel, het is zelfs slechts een van de ogenblikken van mijn afwezigheid),...

Renaud Camus, Vaisseaux brûlés


réponse de Michel Thuriaux

tentative

1-3-8-2-1-5. Dit boek, dit kleine boekje, dat het aan jou te danken heeft dat het een tijdje leeft, als je het op dit moment in je handen houdt, ontwijkende lezer (maar jouw heden is niet mijne, integendeel, het is zelfs slechts een van de ogenblikken van mijn afwezigheid),...

Tentative

Ce petit livre, ce tout petit livre — c'est à toi qu'il doit de vivre quelque temps. À toi qui le tiens en ce moment dans la main, innocent lecteur (mais ton aujourd'hui n'est pas le mien, il n' est même que l'un des clignements d'yeux de mon absence)


précision de Gab

Ogenblikken : clignements d'yeux, éthymogiquement, certes, mais aussi, plus couramment : instants. Il n'est qu'un des instants de mon absence.