Je me souviens avoir abandonné tout complexe à ce sujet à la suite de la lecture de cet article de Jan Baetens :

J'avoue que, dans ses textes, par contre, la présence massive des citations implicites ne m'avait point perturbé outre mesure : il y en avait trop, décidément, pour que leur reconstitution intégrale puisse s'imposer comme une tâche sérieuse (avec Jean-Christophe C., qui avait pu consulter l'auteur, on s'y était pourtant essayé à Cerisy - tentative peu orthodoxe qui ne fait que confirmer l'emprise incroyable qu'avait Renaud Camus sur le groupe de Ricardou). Son érudition était par moments si étourdissante, qu'elle se décollait du réel pour devenir un registre discursif sui generis, plus drôle que vrai, tout à fait ouvert, comme chez Borges ou Rabelais, aux mirages de la fiction.

Jan Baetens, Une vie de refus, 2

Que le lecteur ne puisse identifier toutes les citations fait donc partie intégrante du fonctionnement du texte. Mais bien sûr, nous ne sommes pas obligés de l'accepter.


remarque en 2013 : aujourd'hui, avec Google, l'identification des sources devient envisageable. Bien plus, tout donne à penser qu'elles ont vocation à être identifiées, dans la mesure où dès Été RC donne des listes d'œuvres à lire dans ce sens. Il est probable que RC pensait que les sources seraient très naturellement identifiées, en passant, car elles sont "classiques" (Duras, Robbe-Grillet, Nabokov, etc).