Suite à vos avertissements, j'ai commencé la lecture de L'Inauguration de la salle des Vents par une exploration de la table des matières (la quatrième de couverture nous y incite, d'ailleurs. "Table des matières, avec titres", se termine-t-elle : trop énimagtique pour être honnête. Ainsi que la note de bas de page, dès la première page.)

J'ai donc consciencieusement construit un premier tableau de onze lignes et douze colonnes, et inscrit les titres dans les cases selon les coordonnées données par la table des matières.

Maintenant je lis. Concernant la première partie, les styles se trouvent dans les lignes, les thèmes dans les colonnes : ainsi, tous les titres dont les coordonnées commencent par 5 (la barque des ombres 5/3, les leçons de la carte 5/9, etc) ont pour style ce que j'appelle "le style RC". Les thèmes se trouvent en colonnes : par exemple, tous les titres dont les coordonnées se terminent par 7 parlent du chien (rigor mortis 7/7, l'impatience de la terre 8/7, etc).

Vous ne pouvez, dans ce système, avoir la satisfaction de lire votre thème préféré dans votre style préféré plus d'une fois (là encore, la quatrième de couverture nous prévient). Si vous souhaitez remettre les paragraphe dans un autre ordre, il va falloir choisir : allez-vous privilégier le style ou le thème? Frustration...

L'exercice est-il totalement gratuit? Ou s'essaie-t-il à cette vieille quadrature du cercle littéraire, la séparation du fond et de la forme?

L'inconvénient de tout cela, c'est que mes livres ne sont plus prêtables : gribouillis dans les marges, mots soulignés, annotation de la table des matières, post-it,...


Bon, je vais continuer ma lecture en abandonnant mon tableau, afin de goûter le texte en me détachant de la structure. J'en suis vraiment au tout début, et il me semble baigner dans une atmosphère de roman policier. Avez-vous ressenti cela? Est-ce à cause du vocabulaire (le témoin, l'inspection, le rapport de police, la mise en cause, la responsabilité, l'impression de ne pas vraiment comprendre ce qui se passe, mais qu'il s'est passé quelque chose, et que cela va nous être progressivement dévoilé) ?
Je vois apparaître le brouillard, la brume, la vapeur, comme motif inattendu, étant plutôt habituée à la transparence. Omniprésence du chiffre sept (sept ans, sept mètres, etc), du champ lexical de la hauteur, du nom, de la rupture et de l'absence, du temps, du souvenir et de l'oubli, du lieu et de la distance, voilà pour les premières impressions à la volée.