Véhesse

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jeudi 5 février 2004

Peur sur la vie

Dans ma petite-bourgoisie tranquille, entre les céréales du petit déjeuner (pas la baguette car la boulangerie est trop loin), le RER et ses retards, les discussions des collègues de bureau (adieu les photos et comptes-rendus de L'Equipe, je vis désormais parmi les femmes), et le retour tardif dans mon pavillon de banlieue (il faudra que je songe un jour à mettre un lion de pierre sur la pelouse), il me vient parfois comme un flash : Non pasaran!

Je pense souvent à sa vie, curieusement. Elle travaille dans un ministère, à Paris le ministère des Sports ou celui des Travaux publics , elle habite je ne sais quelle banlieue, elle fait tous les jours la navette, et c'est une vie tellement normale, apparemment, une vie tellement comme sont les vies, que j'en éprouve de la peur, et je devrais lui écrire.
Vaisseaux brûlés



Cette femme viendra à la soirée de Marcheschi accompagnée du jeune homme qui "pompera une image." cf.Corée l'absente p.45/46. Elle sera d'ailleurs fort marrie de la désaffection du jeune homme en faveur de Flatters, dit la petite histoire (nous entrons dans le potin, "j'ai entendu dire que..."). Le jeune homme était effectivement fort séduisant (je confirme les dires de Corée l'absente).

Landogne

Mais elle n'a pas les moyens d'acheter quoi que ce soit, c'est trop évident: sauf, malgré les incitations de toutes part au réalisme, et pour le prix d'une chambre de bonne à Paris, un château de trente pièces, à peu près en ruine et pratiquement sans toit, dans la Marche, où elle transporte en grand arroi, pour tout mobilier, l'énorme poste de son père afin d'écouter, l'été, tout en prenant le thé près des fenêtres gand ouvertes sur un paysage verdoyant, semblable à celui d'une toile classique, où la lumière, encore, fait vaciller les blés, dans le lointain, la retransmission de Tristan, ou Parsifal.
Denis Duparc, Echange 1976

950-36 Si j'adaptais mon mode vie à ce que sont mes revenus, j'habiterais un F3 à Bagnolet, et je roulerais en Renault 19. Mais le château et les Lettres sont d'accord avec les exigences de la culture anti-petite-bourgeoise (si l'on peut risquer le pléonasme mais ce n'est pas la culture bourgeoise : l'appellerons-nous la vie de l'esprit ?). D'un même élan ils proclament : nous ne céderons pas !
Renaud Camus, Vaisseaux brûlés

Juste avant l'Allier, sous Cournon, un château abandonné ressemble étonnamment à notre pauvre Landogne, où je n'ai pas eu le courage d'aller.
Renaud Camus, Journal d'un voyage en France p.126

Sa mère achète un château dans la Marche :

* 1959. (?) Après la vente par sa mère de la maison des Garnaudes, à Chamalières, Catherine Camus-Gourdiat achète le château de Landogne, à Landogne, près de Pontaumur (Puy-de-Dôme). Nombreux séjours de Pâques et d'été, jusqu'à la fin des années 60.
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