Je ne sais pas s'il est normal d'aimer énormément, comme c'est mon cas, le passage suivant :

643. A part cela je suis aussi parisianiste, comme d'habitude, et superficiel, en particulier dans ma façon de parler de peinture. C'est peut-être vrai ? Et si c'était vrai, comme dirait Dadoun ? C'est un reproche qui m'est adressé tout à fait en passant, cette fois par Marcelin Pleynet, qui lui représente plutôt la défense, dans le sévère procès qu'on m'intente. Mais je me passerai volontiers d'un défenseur de sa sorte ! Le grand mérite que l'on pourra trouver un jour à mes journaux, à l'en croire, (523) c'est qu'il sont de bons documents sur une communauté qui peut ou non intéresser (personnellement elle ne l'intéresse guère, il tient à le préciser), mais enfin qui existe et doit être décrite, la communauté "gay". J'ai choisi depuis de nombreuses années (toujours à en croire Pleynet, et Pleynet s'exprimant en ma faveur, s'il vous plaît) d'être le chantre de cette communauté, nombreuse, puissante, bien implantée dans notre époque. Et il n'est pas négligeable que grâce à moi, elle puisse être connue des temps futurs...

644.« On se demande ce qu'ils ont lu...

645. « Ah ! Comment s'accommoder du personnage affreux que brosse une telle émission, et dont on veut vous persuader qu'il est vous ? Et si c'était vrai ? Et si c'était en effet cet homme-là, cet affreux pédé ennemi des femmes (654), parisien, superficiel et beauf, donc, qui écrivait ceci, cette ligne, ce mot, à cet instant précis (et qui le relis près de trois ans plus tard) ?

Renaud Camus, Vaisseaux brûlés