Je tourne les pages du livre comme s'il s'agissait d'un album de photos.
D'ailleurs, vu le nombre de noms de lieux (musées, églises) et le nombre de mots en italique (titres de tableaux), il s'agit bien de cela.

Rééditons Journal romain sous forme de guide.

Je survole, je ne lis pas vraiment, je glâne. C'est la première fois que j'ouvre un journal qui se rapporte à une période que j'ai vécue (J'exclus Retour à Canossa qui se situe dans un passé proche). Étrangement, c'est moins les souvenirs de l'auteur qu'il me fait découvrir, que mes propres souvenirs qu'il fait remonter : cohabitation, les professeurs de droit constitutionnel en train de se demander si la Ve République y survivra, "se soumettre ou se démettre", colère, mais surtout désarroi d'Olivier Duhamel lors de la démission de Daniel Meyer pour laisser la place à Robert Badinter, petite fille qui se noie interminablement dans une coulée de boue lors du tremblement de terre de Mexico (mon dégoût et mon désintérêt pour la presse datent exactement de cet événement), le virus du sida sur les colonnes Morris, les attentats à la Fnac, chez Tati, la mort de Daniel Balavoine, ces deux amis en train de débattre de si Albert Camus est un grand écrivain, le Nobel de Claude Simon, et la découverte de cet auteur, que je ne lirai que dix ans plus tard, le 21 juin, oui, et le 20 juin, le seul match de football que j'ai jamais regardé en entier (France-Brésil en quart de final de la coupe du monde?), et l'orage dans la nuit qui suivit…

Il y a un contrepoint à la lecture, un contrepoint personnel au journal, un écho.