La temporalité

J'aime lire les mêmes scènes traitées dans des styles différents, j'aime comparer les façons d'écrire, et voir les différences d'impression dues au style, justement : à quoi tiennent les émotions. Il me semble que c'est un très bon exercice de lecture, de formation à la lecture.
et cela encore bien davantage une fois que la mort, survenue, l'aura, en quelque sorte, consacrée à titre rétrospectif, et confirmée a postériori dans les caractères de l'amour le plus intense et le plus haut
Renaud Camus, L'Inauguration de la salle des Vents, p.138

tu peux très bien avoir la relation vachement intense et passionnée comme c'est pas croyable, ça t'en sais rien, ça y a que la mort qu'elle te l'dira — eh ben là moi c'que j'vois c'est qu'la mort ben justement ê't'le dit, point barre
Ibid, p.162
Maintenant que je connais bien le livre, je constate que je le commence aux alentours de la p.80, peut-être parce que j'ai trop fait attention à la structure quand j'ai commencé à lire les premières pages.
Je ressens une progression, un approfondissement, un ralentissement, dans la deuxième partie du livre, mais je ne comprends pas à quoi cela est dû. Peut-être que les moments racontés sont des moments plus courts, plus concentrés, davantage décrits, dont quelques-uns se situent après la chute, après l'histoire, sur le versant descendant du récit, tandis que la première partie dépeindrait des moments plus longs, des étendues de temps, montant vers la chute (si je puis dire). Mais il faudrait étayer cette thèse, ce n'est qu'une tentative d'explication.

Fichtre ! L'heure est déglinguée !

Message de Laurent H. déposé le 24/03/2004 à 16h50 (UTC)

Bonjour vous,

je n'en crois pas mes yeux. J'arrive quasiment au dernier tiers du livre ("Sommeil…") et quelque chose me chiffone depuis de nombreuses pages. Quelqu'un s'est-il demandé pourquoi les heures étaient tantôt notées à "l'ancienne", correctement et tantôt de façon, disons, digitale, style 17:45. Une façon de dire que l'auteur s'est plié à la vague courante? Ou de dire qu'il regarde l'heure sur un cadran électronique?

Bien à vous,

L.

**********


Message de Macha Acham déposé le 24/03/2004 à 22h02 (UTC)

Objet : Suffit de lire

Il l'explique lors de l'une des premières entrées: "je copie l'horloge de l'écran" (p.24)

**********


Ma réponse

En toute honnêteté, c'est pratique, 15:22, un peu ridicule à force d'être précis, mais enfin. (L'enjeu est peut-être là: nous faire sourire sur la précision de la précision?)


Aujourd'hui, je rapproche cela de la précision de l'heure sur les photos : à telle heure, il s'est passé ceci, j'étais en train de faire cela et le ciel avait cet aspect.

Des nouvelles de Jo et de Philippe

Longtemps, Le Monde des Livres a fait trembler le petit St-Germain-des-Prés tôt dans l’après-midi. Dirigé par Josyane Savigneau (par ailleurs chroniqueuse à Campus), dont le milieu annonce toutes les semaines «le retrait», «la mort» ou encore «l’exil », ce supplément s’est retrouvé dans le collimateur de la critique virulente de Jourde et Naulleau. On ne prête qu’aux riches : après tout Le Monde n’est-il pas le miroir versaillais, mais exact, de la presse et de l’édition française ainsi que de leurs mœurs ? «Le grand inceste professionnel», selon les termes d’Olivier Nora, éditeur de Grasset, semble être une spécificité française : dans ce pays on peut être tout à la fois éditeur, directeur de collection, écrivain, critique et jury littéraire, sans que cela ne froisse la déontologie. De plus, la plupart des collaborateurs des journaux et suppléments littéraires sont des pigistes qui doivent faire feu de tout bois, participant à de nombreuses publications et enquillant les activités dans l’édition en tant que lecteurs, nègres, éditeurs associés ou attachés de presse. Ce collaborateur d’un quotidien du matin témoigne : «On est souvent obligé d’aller au plus pressé pour rentabiliser nos piges. Résultat, de gros livres en font les frais, on ne peut pas lire des romans de plus de 500 pages qui ne feront l’objet que d’une distance de un feuillet, et encore, s’ils sont retenus.»
Philippe Lançon, l’un des critiques littéraires les plus doués et les plus redoutés, qui sévit à Libération, croit encore à une posture artisanale, presque angélique, du critique littéraire, loin des marées éditoriales. Sollicité par le Le Nouvel Economiste, il a tenu à se réfugier dans son trou ensauvagé. Peut-être pour ne pas répondre à des question sur le roman baroque qu’on le soupçonne d’avoir écrit sous pseudonyme chez Calman-Lévy : Je ne sais pas écrire et je suis innocent.

Emmanuel Lemieux dans ''Le Nouvel Economiste'', supplément au 19 mars 2004.




Objet : Des nouvelles du reste de la famille Ewing
Edifiant : au mois de février, l’avocate et épouse de Carlos, voulant faire la promotion de son livre, Epouser Carlos, sous-titré Un amour sous haute tension, est passé au-dessus de son éditeur, L’archipel. Isabelle Coutant-Peyre était invitée en exclusivité par M6, dans l’émission de Laurent Delahousse, Secrets d’actualité du 7 mars, et devait passer chez Ardisson le samedi 13 mars. Entre-temps Fogiel avait fait le forcing. Coutant-Peyre n’ayant pas du tout apprécié l’intitulé de M6, «J’ai épousé un terroriste», a répondu favorablement à Fogiel. Résultat: Tout le monde en parle d’Ardisson a invité l’avocate le premier, le samedi 6 mars, On ne peut pas plaire à tout le monde s’est désisté. M6, qui avait la primeur le dimanche 7, l’a eu mauvaise et s’est davantage concentré sur Carlos que sur le livre de son épouse avocate.

Ibid
Les billets et commentaires du blog vehesse.free.fr sont utilisables sous licence Creatives Commons : citation de la source, pas d'utilisation commerciale ni de modification.