La faille

IL N'Y A JAMAIS, POUR LE LOGOPHILE, D'ORIGINE PURE, UNIQUE ET ABSOLUE; TOUT COMMENCEMENT EST TOUJOURS DÉJÀ DÉDOUBLÉ. ET BIEN QUE TOUTE LEUR ENTREPRISE VISE À SUTURER CETTE FAILLE QUI REFEND L'ORIGINE, LEURS TEXTES NE PEUVENT S'INSCRIRE QUE DANS CETTE BÉANCE QU'ILS EXPLORENT TOUT EN PROCLAMANT QU'ELLE N'EXISTE PAS.

Renaud Camus, Été, p.222


Cette citation provient de La Tour de babil, de Pierssens. Page exacte à retrouver.

Le sens

JE M'APERÇOIS DONC QUE LE GRAND ENNEMI POUR MOI, LE SEUL ENNEMI PEUT-ÊTRE, ET SANS DOUTE DEPUIS TOUJOURS, C'EST, D'UNE FAÇON GÉNÉRALE, LE SENS.

Renaud Camus, Travers p.71



précision le 26 juin 2009
Dans L'Isolation, le mot est attribué à Robbe-Grillet.

Pour un homme qui a dit que l'ennemi, pour lui, depuis toujours, c'était le sens, ne pas vouloir faire l'éloge de son prédécesseur, qu'il s'agisse de Maurice Rheims ou d'un autre, quelle importance c'est accorder au sens, au pauvre petit sens!

Renaud Camus, L'Isolation, p.39



le 10 avril 2010
source: réponse de Robbe-Grillet à la première intervention du colloque de Cerisy, celle de Jean Ricardou. Robbe-Grillet, colloque de Cerisy t.1, p.35-36

également cité dans Buena Vista Park p.104

citations

199. « Depuis que j'ai arrêté les poppers, dit mon ami Flatters, j'oublie tout... » Mais est-ce bien Flatters, qui dit cela ? Ou bien moi ? Je ne sais plus...
Renaud Camus, Vaisseaux brûlés

— Mais non, mais non, moi qui vous parle, je prends de la coke sept fois par jour, tous les jours, depuis neuf ans, et je n'ai toujours pas d'accoutumance...*
Renaud Camus, Travers, p.73

                               ***********

Autre

Ainsi par Red**** et Fred on atteint Freud [...]
Renaud Camus, Été, p.28

Ce qui m'évoque irrésistiblement cette sobre contreprétrie "Salut Fred!".

                               ***********

Autre

LES RUSSES ONT DU FER A NE PAS SAVOIR QU'EN FOUTRE, LES FRANÇAIS C'EST LE CONTRAIRE.
Renaud Camus, Travers, p.53

(C'est étonnant comment n'importe quoi acquiert une légitimité dès qu'il s'agit d'une citation. (N'empêche, ça m'a fait rire. Dans le contexte, la phrase aurait facilement pu passer inaperçue.))


(la phrase sur la coke est à retrouver dans Journal de Travers.)

Des discours comme des autobus

Leurs paroles coulaient intarissablement, les remarques succédaient aux anecdotes, les aperçus philosophiques aux considérations individuelles. Ils dénigrèrent le corps des Ponts et chaussées, la régie des tabacs, le commerce, les théâtres, notre marine et tout le genre humain, comme des gens qui ont subi de grands déboires.

Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet, lors de leur première rencontre.



de l'hostilité de la rancune de l'animosité sous-jacente et d'ailleurs affleurant fréquemment du devoir de résistance à l'égard d'une énorme entité vague aux contours mal et pourtant solidement constituée qui réunissait tous les pouvoirs de l'Etat l'administration les gros les riches les puissants les bourgeois les Américains les hommes politiques les journalistes la télévision les vieux les moches l'A.N.P.E les hétérosexuels les banquiers les médecins les juges l'office des H.L.M. le ministère de la Santé tous ligués sinon tout à fait pour vous nuire au moins pour vous empêcher de jouir vous compliquer et vous gâcher la vie par tous les moyens

Renaud Camus, L'Inauguration de la salle des Vents, p.196

Les billets et commentaires du blog vehesse.free.fr sont utilisables sous licence Creatives Commons : citation de la source, pas d'utilisation commerciale ni de modification.