Message de Renaud Camus.
(J'avais évoqué Anouilh, il avait ri de mes références exotiques, je m'étais étonnée.)

Oh, par Anouilh "exotique", je voulais dire seulement qu'il est assez rarement convoqué dans le débat, me semble-t-il, ces temps-ci. Mais il n'est pas complètement exotique pour moi, il tenait même une grande place, nous avions quatorze ou quinze ans, dans mes relations avec une amie de Clermont-Ferrand, Dominique Gladel — mais si, vous savez bien, la fille de la grande quincaillerie de la place Gaillard. Et la seule fois que je sois monté sur les planches ce fut, quelques années plus tard, à Oxford, pour jouer le rôle du père (c'est doublement un "rôle", puisqu'il s'agit d'un acteur loué pour la circonstance), dans Le Rendez-Vous de Senlis.

Vous avez bien tort de vous moquer de Brad Pitt qui, en plus de ses autres mérites, est un excellent acteur. Je l'ai revu récemment dans The Snatch, petit film anglo-américain que toute la presse s'accorde pour descendre en flammes, et que pour ma part je trouve très drôle, une espèce de Les Tontons flingueurs londonien. Brad y joue le rôle d'un gitan totalement inintelligible, c'est irrésistible. Accessoirement, il boxe, et présente la particularité d'étendre son adversaire, même trois fois plus gros que lui, au premier coup de poing - ça aussi c'est assez comique (un rien, ma muse).

Merci d'Edward Bloom. Mais vous conviendrez qu'Edward est plus difficile à digérer qu'Orlando (embarquement immédiat pour Virginia Woolf, Le Tasse, Vivaldi, la fausse folie, les arbres gravés, Angélique, Roland Barthes, le traité de Versailles, Walter Savage Landor, The Cottage Landor, Knole, Sissinghurst, etc.)