En lisant une critique d'Eric Conan dans l'Express du 9 mai à propos de Festivus festivus de Philippe Muray, il me vient un doute: l'expression "les amis du désastre" est-elle purement camusienne, ou RC l'a-t-il reprise ailleurs (chez Muray, Finkielkraut, etc)?

Car je trouve cette phrase: «On peut compter sur l'infatigable activisme polymorphe d'Elisabeth Lévy — qui, elle, croit encore à l'Histoire et à la possibilité de résister aux «amis du désastre» — pour secouer Philippe Muray.» Est-ce qu'Eric Conan lirait RC en cachette, ou a-t-il trouvé l'expression ailleurs?


quelques jours plus tard, je relève les phrases suivantes :

Et l'un de ses interlocuteurs, une femme, s'est défendue expressément d'être une “Amie du Désastre”: «N'essayez pas de me faire passer pour une Amie du Désastre», lui a-t-elle dit exactement — et je pourrais difficilement ne pas y voir une référence explicite à mes petits travaux; de sorte que si j'étais encore plus givré que je ne le suis, je pourrais me fantasmer en inspirateur secret et fournisseur inommé de motifs, de figures et de termes du débat contemporain.
Renaud Camus, Outrepas p.369

Donc tout le monde lit RC à la lampe-torche sous la couette... Pas de chance pour eux qu' Outrepas paraisse après le non au referendum, confirmant l'incompréhension grandissante entre la classe politique et les électeurs... pas de chance pour Renaud Camus de sembler ainsi avoir au moins un peu raison, car c'est sans doute ce qu'on lui pardonnera le moins.


plus tard encore :

Huttington n'est pas mal vu parce qu'il a tort, mais parce qu'il a raison, et parce que plus il a raison, plus son interprétation du monde donne tort aux idéologues, aux journalistes et aux hommes politiques bien-pensants, et dénonce les dangers du monde que ceux-là nous construisent. Renaud Camus, Outrepas'' p.612