[...] tandis que de mon côté personne ne m'a jamais dit un mot à propos de mes livres, ni n'a paru seulement s'aviser que j'étais, malgré tout, écrivain.
Renaud Camus, Outrepas, p.209

Ce politologue préparait une étude sur Thomas Hobbes et, dans le fichier de la Widener Library à Cambridge, Massachussetts, il était tombé sur toute une section Edmund Husserl. Il me demanda : «Le nom vous dit quelque chose?», à quoi je répondis affirmativement. Lui: « Chez nous, à la maison, on évoquait toujours ce "fou d'oncle Edmund" qui était devenu professeur de philosophie en Allemagne. On n'a d'ailleurs jamais fait grand cas de lui ni jamais beaucoup entendu parler de lui. J'étais étonné de voir que la moitié du casier était rempli par de titres de et sur Husserl. Il doit quand même avoir quelque importance.» Alors je pensai en moi-même: «Voilà un homme qui a mis la philosophie allemande la tête en bas, des revues entières se consacrent à la continuation de sa philosophie, d'innombrables philosophes orientent l'œuvre de leur vie d'après ses idées, et voici un petit-neveu à lui qui demande si ce "fou d'oncle Edmund" est arrivé à quelque chose en philosophie!
Hans Jonas, Souvenirs, p.60


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A quoi Renaud Camus apportera la correction suivante :

Ma soeur :

«Tu ne devineras jamais ce que j'ai lu, dernièrement : la "Vie du chien Horla". Une amie m'en avait dit beaucoup de bien, je me suis dit c'est trop bête, il faut que je me lance. Eh bien j'ai trouvé ça très sympa. »