L'un des intervenants du forum de la SLRC craignait que le site prenne trop d'importance dans les journaux camusiens.

Finalement le journal parle peu du site ("Je vois que notre rencontre ne vous a pas beaucoup marqué" (This is royal fun!)).

Je trouve très intéressant de pouvoir se faire une idée de la distance entre ce qui s'est passé sur le site (par exemple, puisque ce sont les "événements" que nous connaissons)) et ce qui est raconté dans le journal, la façon dont c'est raconté, évoqué, ou non raconté. Au total le journal me paraît peu "pittoresque" (dans le sens "riche en ragots et potins"), très tourné vers la réflexion et l'analyse intérieures.

Les paysages et les tableaux sont les moments où l'on sort de soi-même, ils sont même les moyens de sortir de soi-même:

Il faudrait écrire, pour prolonger l'Esthétique de la solitude, une Géographie de la solitude, où seraient recensés les lieux de la terre, ou seulement de l'Europe, où le voyageur peut penser, même en contemplant des horizons très lointains , qu'il s'est pour un instant désencombré du monde, c'est-à-dire de lui-même — de tout ce qui pèse en lui-même.
Renaud Camus, Outrepas, p.51

Si c'est soi-même qu'il s'agit de quitter...


Je précise "réflexion et analyse intérieures": il ne s'agit pas ici de l'analyse de ses propres sentiments et réactions et pensée (une réflexion sur la réflexion), comme ce fut par exemple le cas dans les pages décrivant les tourments générés par Falid Tali. Le mot "intérieures" est sans doute inapproprié, il faudrait plutôt utiliser "personnelles": le journal est moins descriptif qu'analytique en ce qui concerne le monde comme il va, à propos des tableaux, des paysages, de l'architecture, il devient aussi descriptif qu'analytique.