4 heures : Le plus clair effet sur moi de l’Italie, outre l’italophobie, aura donc été de me relancer dans une pratique pour moi presque complètement négligée vingt ans durant, la masturbation. Prodigieux le nombre de bébés auvergnats qui peuvent se perdre entre les lattes du plancher, sous mon bureau, dans ma maison du fond des bois. La chose me prend maintenant deux fois par jour. Ce matin, encore, c’était assez compréhensible, à cause de l’évocation lyrique et embuée du pompier d’Ostie. Mais cette après-midi, l’irrépressible pulsion onaniste m’a saisi tandis que je rédigeais ma déclaration de revenus (tardivement, date spéciale pour les Français de l’étranger, 30 avril...) qu’on aurait pu croire sans danger, et devoir être vite torchée.

Renaud Camus, Journal romain, 24 avril 1986 (p.297)