En sortant du métro station Bibliothèque Mitterrand, je prends l'escalier le plus à droite en direction du pont de Tolbiac. Je remarque à mes pieds quelques disques en cuivre ou en étain d'une dizaine de centimètres de diamètre. Sur le premier que je lis est inscrit "Le 20 janvier, Lenz partit à travers les montagnes. Georg Büchner."

source


le 09/12/07 à 11h50.

J'ajoute ici l'explication de ce nom de Lenz, fournie le 18/01/2004 par Renaud Camus. (A l'origine, il s'agit d'expliquer un fragment de L'Inauguration de la salle des Vents, p.283
Lenz est une manière d'anagramme fragmentaire de Celan/Lance/Lenz - de même que Klein, plus loin, évoque lointainement ce nom d'"emprunt". Montent donc dans la montagne, comme Lenz, le poètre fou de la fin du XVIIIe siècle, le juif de l'état civil roumain Antschel et le poète Celan. Monte donc aussi un 20 janvier, passe au méridien de tous les sens de cette date, dont celui du 20 janvier 1942, conférence de Wannsee, décision de faire disparaître (untergehen, comme le soleil) les juifs d'Europe et monte. Venait et venait.Il y a de la majesté dans cette montée, bien qu'il clopine, à défaut de marcher sur la tête comme Lenz chez Büchner.
("Parler dans la zone de combat", Europe n° 861-862)