Véhesse

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lundi 6 février 2006

Lady Morgan

Guillaume Cingal a cité incidemment cette phrase, et Renaud Camus a aussitôt demandé des renseignement sur cette dame:

Egotism is the sin of my autobiography, and vanity naturally takes the pen to trace its dictation.

Sydney Owenson, Lady Morgan. Passages from My Autobiography, 1859.

PS le 12 août 2009

Il reste à vérifier qu'elle apparaît effectivement dans L'Amour l'Automne. A suivre.

Un journal: est-ce bien sérieux?

La forme du journal est-elle une forme sérieuse pour un écrivain qui se respecte ?

La suite de ce billet reprend d'anciens messages, je voudrais réussir à faire sentir combien tout ce que je vais dire est le fruit d'une découverte progressive, et comme c'est appelé à changer encore...

Mon opinion en abordant les livres camusiens étaient à peu près celle-ci : les journaux, art mineur, quelle manie incompréhensible des autres lecteurs de toujours parler des journaux alors que tant d’autres livres (évidemment, quand on commence par Du sens, Eloge du paraître, Buena Vista Park et Vaisseaux brûlés, les journaux ne paraissent pas très importants...) étaient si passionnants et si intéressants, si nouveaux de ton.

Un jour, Eudes attira mon attention sur une interviewde Renaud Camus. Soudain, je compris que l’écriture du journal donnait une forme à la vie. Ce retournement fut à mes yeux extraodinaire, il me semblait que le fil des heures était la glaise, et le journal les pouces qui donnaient la forme... le journal, c’était la forme, la syntaxe, la discipline.
On trouve d’ailleurs cette importance de la forme parfaitement résumée dans les premières pages de Journal romain : «la structure rend heureux, et libre».
Le journal eut dès lors à mes yeux une tonalité étrange, un peu comme les exercices spirituels quotidiens de Joseph de Maistre.

Malgré tout, même s’il était évident que pour Renaud Camus le journal était fondamental, je n’arrivais toujours pas à comprendre ce que Renaud Camus voulait dire en affirmant que le journal était le laboratoire de l’œuvre ou quand il reconnaissait avoir eu plusieurs fois la tentation d’un journal tout englobant: c’était idiot, voyons, comment aurait-il pu construire quelque chose d’aussi éléboré que, mettons Les Eglogues ou Vaisseaux brûlés, en écrivant au fil de la plume ?

Le livre de C. Rannoux m’a fait comprendre que le journal était farci de citations, que les citations sourdaient du mode même d’expression, de pensée, de Renaud Camus. Cela a transformé ma lecture des journaux. Je ne les lis pas/plus pour avoir des renseignements sur la vie de l’auteur, mais comme des objets littéraires à part entière, venant apporter leur lot d’indices au puzzle ou à l’énigme que constitue l’ensemble des livres. Je n'ai pas l'impression d'être voyeuse en lisant les journaux, j'ai l'impression d'accepter les règles du jeu imposées par l'auteur et de recueillir les informations qu'il a décidé de me donner.

Post-scriptum

Evidemment, rencontrer ce genre de phrases : «CE QUI PAR CONTRE M'A AIDÉ EST QU'EN PLUSIEURS ENDROITS DU JOURNAL ON TROUVE QUELQUES MOTS DONT JE NE PERCEVAIS PAS L'IMPORTANCE DÈS L'ABORD.» (Été p.266) ne fait que conforter cette impression de journal comme élément de l'ensemble, ou élément-clé, ou clé.

Faisons remarquer cependant que cette phrase est publiée cinq ans avant Journal romain... Est-ce une citation? S'applique-t-elle à autre chose qu'à l'œuvre camusienne, s'agirait-il par exemple d'un commentaire à propos du journal de Virginia Woolf?

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