Quelques références expliquées par RC

réponse de Renaud Camus

Venise, dans Le Jardin des Finzi-Contini, tient une place très importante (inférieure à celle de Ferrare, bien sûr, mais très importante tout de même, surtout vers la fin).

Dans la proximité du « Giocate, Giocate pure » de la p. 94 (de Passage), je pense inutile d'attirer l'attention sur :

Elle fait venir chez elle des gens qui, à première vue, n'ont rien de commun, auxquels elle fait découvrir, entre eux, des liens qu'on n'aurait pas soupçonnés.

C'est certes une qualité traditionnellement importante pour une hôtesse, et tout spécialement pour l'épouse d'un diplomate, mais ce semble surtout exactement la vertu qui est à l'oeuvre lorsqu'un simple : fait glisser du Vice-Consul (elle seule avait pensé aux Indes) vers le Jardin («Giocate, giocate pure»).

J'avoue que je ne vois pas, pour le moment, ce que peut être «le film montré à Venise». Mais comme je sors tout juste, grâce à EF, d'une longue période d'interrogation, je vais peut-être souffler un peu avant de me lancer dans cet autre mystère. « Après tout c'est sa tante», juste avant, paraît renvoyer à Prima della Rivoluzione (très présent à la page suivante). L'actrice qui joue dans ce film (la tante), paraît avoir été confondue un moment, d'après un autre volume des Églogues, avec Lucia Bose. Il faudrait des lumières sur la filmographie de Lucia Bose. Ah ah (je cherche en vous écrivant) : Nathalie Granger (1972). Nathalie Granger a-t-il été montré au festival de Venise ? Dans Nathalie Granger deux femmes partagent-elles « une grande maison blanche, isolée » ? J'avoue que je ne me souviens pas... Graves questions, «mais qui ne se situent pas tout à fait en dehors de toute conjecture... »[1]

Complément apporté par EF

Pour le film montré à Venise, il m'est aussi arrivé de penser à Nathalie Granger: il y est effectivement question de deux femmes (Jeanne Moreau et Lucia Bose), qui partagent une grande maison isolée : le film a été tourné en 1972 dans la maison de Duras à Neauphle-le-Château. Je n'ai pas réussi à vérifier s'il avait été présenté à la "Mostra" de Venise.

Citation retrouvée dans Été

L'actrice qui joue dans ce film (la tante), paraît avoir été confondue un moment, d'après un autre volume des "Églogues", avec Lucia Bose.

«Verdi, Verdi, Verdi, sempre Verdi! se plaint Lucia Bose, qui joue le rôle de la tante du héros-narrateur, dans Prima della Rivoluzione. Pas du tout! écrit Jacqueline dans la marge, après avoir souligné le nom de l'actrice.

Jean-Renaud Camus, Été p. 163



Notes

[1] Note perso: déformation de l'exergue du Double assassinat de la rue Morgue (Thomas Browne).

L'ombre de Marguerite Duras dans Passage

Le volume intitulé Les parleuses aux Editions de Minuit reprend un entretien de Duras avec Xavière Gauthier, datant de juin 1973:

M.D.: Je connais quelqu'un qui a voulu me connaître à cause du Vice-consul, et qui fait un livre, il a fait un roman et il m'a demandé d'insérer dans ce roman des passages du Vice-consul, longs, quelquefois des chapitres, sans indication d'origine. J'ai accepté, bien sûr.
X.G.: Tu as accepté?
M.D.: Bien sûr, avec joie.(...) Le livre est devenu comme une personne, il est du domaine de l'imaginaire de ce jeune homme qui écrit ce roman. (...) Cela doit circuler.
X.G.: Oui, mais enfin, l'idée sacrée de l'auteur?
M.D.: Ça, c'est les cons qui pensent ça."

Référence trouvée par EF. Renaud Camus confirmera.

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