Question de RP :
«Prenons maintenant l'exemple tiré de la page 215 de Rannoch Moor déjà cité : il est indiqué que l'assemblée générale de la Société s'est tenue en avril 2003 "bien sûr sans (lui)", RC, ce qui indique qu'il n'entend pas intervenir dans les débats de cette même Société. Pour ma part, je juge cette évidence très "morale" en effet (et prudente : une participation serait bien sûr ridicule). Mais alors, le même RC doit-il être rendu destinataire des compte-rendus (tronqués et déformés de surcroît) des débats internes de cette même assemblée ? Est-ce qu'un devoir de réserve ne s'impose pas, et à ceux qui participent à la réunion et à celui qui bénéficie de "fuites" pas tout à fait in-nocentes (si l'on admet l'obligation de réserve) et qui les rend publiques ? Est-ce que la publication n'est pas une forme de participation aux débats internes de la Société, ce qui est contraire à l'évidence « morale » de départ ?»

Henri Bès a bien sûr répondu en disant que tout cela était fort possible dans un journal.

Ma réponse :

Le problème ici, Henri, n'est pas le journal, ou pas d'abord le journal.

L'interrogation porte sur ceux qui éprouvent le besoin de répéter des paroles désagréables (sans répéter les paroles plus agréables, à moins que celles-ci aient été répétées et non retranscrites) à quelqu'un qui est susceptible d'en être blessé.

Je connais suffisamment RP, je crois, pour être à peu près sûre (voire totalement sûre) qu'il aurait pu dire devant RC tout ce qu'il a dit ce soir-là; il suffit pour s'en convaincre de lire ce forum. Seulement il aurait choisi pour cela la forme, le moment, et surtout, il aurait directement endossé la responsabilité de ses paroles. C'est le commérage qui est hautement déplaisant, la seule excuse ou explication que je peux lui trouver, ce serait que les personnes qui l'ont pratiqué (les rapporteurs, donc) n'étaient pas averties de la potentielle violence pelletienne, en d'autres termes, qu'elles n'auraient pas eu connaissance des échanges survenus ici et que donc, la découvrant sur le vif, elles en auraient été choquées et auraient éprouvé le besoin d'en parler, pour soulager leur surprise ou leur colère. L'autre explication, moins indulgente, serait qu'elles ont souhaité nuire à RP, ou faire plaisir à RC en le confirmant dans l'idée que RP était un sale type.

De mon point de vue, cela remet en cause la possiblitié de parler à tout camusien ailleurs qu'ici, de façon à ne pas prêter le dos à ce genre de poignardage. Un autre choix est de ne plus parler du tout.

Ensuite, effectivement, on peut se demander pourquoi RC prend la peine de retranscrire ces propos entre mille autres dans son journal: parce qu'on les lui a rapportés et que RP est un "personnage" camusien (il apparaît dans les journaux précédents), parce que ça l'amuse de mettre le rapporteur en difficulté, parce qu'il est blessé ou en colère et que le journal sert d'exutoire? A chaque lecteur sa lecture.