Cet allegretto de la septième est le titre d’un petit livre d’André Billy, personnage qui lui-même avait été l’ami des poètes et particulièrement d’Apollinaire, dont je me souviens que je lisais, dans Le Figaro de mes parents, dans mon enfance, des chroniques dont une m’avait beaucoup plu. Il y a une phrase qui est l’une de mes phrases préférées de la littérature française : il expliquait qu’il avait fait changer sa chaudière, à Barbizon où il vivait, qu’il avait dit au fumiste à la fin de l’opération « A la prochaine fois », le fumiste avait répondu « la prochaine fois ce ne sera plus moi », et André Billy concluait : « je suis fait de telle sorte qu’au lieu de me réjouir de la longévité des chaudières, je m’attriste de la brièveté des fumistes ».
source : Renaud Camus dans l'émission Domaine privée en 1993

De leur côté, les Etablissements Albert Hatry, 69 bis, rue de Dunkerque, plaçaient une annonce dans Le Matin : ils recherchaient un «fumiste sérieux» capable aussi de remplacer leur homme de peine, décédé à la suite d'une indigestion de pieds de veau.
René de Obaldia, Exobiographie, p.51

complément le 11 octobre 2006

ET AU LIEU DE ME REJOUIR DE LA LONGEVITE DES CHAUDIERES, JE M'AFFLIGE DE LA BRIEVETE DES FUMISTES.
Été (Travers II), p.136

838. (Tandis qu'une autre chronique encore, mais celle-là d'André Billy, s'achevait sur cette phrase inoubliable, ou en tout cas inoubliée : « Et au lieu de me réjouir de la longévité des chaudières, je m'afflige de la brièveté des fumistes. » Oh ! Moi aussi, moi aussi ! Je m'afflige de la brièveté des fumistes !) [Billy (je crois qu'il habitait Barbizon) avait dit à son plombier, ou chauffagiste, ou fumiste, donc, qui venait de lui installer une chaudière : « Au revoir, à la prochaine ! » Et le fumiste avait répondu : « Oh, la prochaine, ce ne sera plus moi... »]
Vaisseaux brûlés, 838