Il existe une sorte de convention tacite chez les blogueurs "qui se fréquentent" (se lisent, s'entre-commentent): ne jamais s'étonner de rien, ne jamais juger trop vite et dans la mesure du possible éviter la morale dans les commentaires (je crois hélas avoir parfois dérogé à cette dernière règle). Ainsi, les affirmations de Gvgvsse ou les provocations de Skot ou l'annonce "je vais acheter un lapin et le tuer à l'acide" ne reçoivent que des commentaires polis, quelques demandes de précision flegmatiques, au pire quelques objections logiques.

Une autre tradition consiste à cacher l'information principale d'un billet à la fin d'un (très) long texte, sorte de test destiné à vérifier le degré d'attention de ses lecteurs.

J'ai relevé une information inattendue dans le Journal de Travers, une information qui à mon avis aurait dû faire bondir Didier. Ne l'a-t-il pas relevée en application de la convention de discrétion explicitée ci-dessus, a-t-il cru à une fausse information, ou à une citation[1], ou ne l'a-t-il pas lue, cachée qu'elle était dans ce qu'il ne lit pas?
Faut-il penser que RC a introduit cette phrase pour tester l'attention de ses lecteurs, ou en comptant sur leur discrétion pour ne pas la relever?

FONDATION LE CORBUSIER, OÙ I. M'ANNONCE QU'ELLE EST ENCEINTE DE MES ŒUVRES (JOURS DE 1969)
Renaud Camus, Journal de Travers, p.195


Notes

[1] (possible mais peu probable)