Trois écrivains, Valère Novarina, Jean-Noël Vuarnet et moi avions été invités à lire là de nos textes. Le prétexte de notre rapprochement était nos rapports communs avec la revue et les éditions Gérard-Julien Salvy, L'Energumène: les miens très lâches, puisque je n'ai fait que transmettre à la revue, qui en a publiés quelques-uns, des poèmes de Duparc.[1]

Renaud Camus, Journal d'un voyage en France, p.288


J'ai retrouvé le numéro de L'énergumène: n°12-13, paru en 1979. La revue contient quatre poèmes de Duparc. Je mets en ligne en un seul billet les trois derniers, de forme simple. Je mettrai le premier en ligne dans un billet à part, afin d'en isoler la forme. Ce premier poème est imprimé dans la longueur de page.

Ces poèmes oscillent entre hermétisme et pochade.

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HYMNE PERSIEN, PÉDÉRASTIQUE ET FASCISANT POUR CÉLÉBRER LE PREMIER JOUR DU PRINTEMPS.


Salut premier matin de ma force nouvelle !
Salut, dicible joie, et vous, jeunes hommes
Au sexe brandi, aux muscles bandés !

Le monde est l'apanage de mon caprice !
Vieillards, Maîtres du peuple aux yeux lubriques
Vos états dérisoires

Ne sont que des provinces de mon plaisir !
La mer n'est là que pour mon bain.
C'est de désir pour moi que le vent souffle !

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REFRAIN DE L'ARCHER


                                                 «Mon Zemblable ! Mon père !»


Encore que même retiré chroniqueur
des flèches en l'air moite aux nuages redites
fusent, et le nom : ravaleur des terrasses (vent léger).
                                                   [Qu'on prépare
à la vue dérobée, relu, l'état du ciel
en toute Zemble nouvelle. Je bande. En re-
trait par trait : c'est qu'il rêve ;
mais les masques à nouveau et se taisant sereins
refusent, à cause du temps.
Lui retors en tient compte, non
sans quel sourire ?


                                                          à Paul O.L.

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ABDICATION DU PENSEUR


Désormais la puissance infinie des raisons
N'aura de prises que celle, cruelle, des saisons
Et désormais l'aisance tranquille des maisons
N'aura d'assise que celle, fragile, des liaisons.


Notes

[1] auteur d' Échange, Ndlr.