L'annonce du refus de Claude Durand de publier Outrepas intervient page 457 de Corée l'absente. Suit une déploration sur les méfaits du journal, sur sa franchise empoisonnée que personne ne supporte.

Renaud Camus évoque page 463 le message qu'il a laissé ici: «j'ai fait part des nouvelles à la société des lecteurs, via son site.» (p.463)

Il n'y a pas trace dans Corée l'absente de ce paragraphe laissé sur le site:

Je suis bien conscient que cette position (ici très résumée, bien sûr) ne coïncide pas avec celle qu'a exprimée à cette époque, avec mon accord, la Société des lecteurs (mon accord ne marquant que la totale autonomie de la Société des lecteurs par rapport à moi); et bien conscient aussi que cette attitude ne coïncide certainement pas avec celle de la majorité d'entre vous, qu'elle risque même de choquer gravement.

Ce paragraphe est à mes yeux fondamental, puisque Renaud Camus reconnaît avoir vu les adhérents de la SLRC ne pas comprendre ce qu'il pensait vraiment et n'avoir rien fait pour les détromper.

J'attendais Corée l'absente pour lire l'examen de conscience de RC à ce sujet: comment allait-il se justifier de ne pas avoir détrompé Rémi Pellet et "les saintes femmes", de les avoir trompés (non par ses paroles, mais par son silence)? Désormais, nous savons que lorsque Renaud Camus s'exprime, il faut chercher les pièges logiques du discours sans s'arrêter au sens commun[1].
Mon attente était vaine. Il n'y a pas un mot à ce sujet, pas un seul tremblement, pas de regret, pas de justification. Tandis que Renaud Camus explique sur plusieurs pages comment l'excès de franchise lui met à dos ses proches et ses lecteurs, jamais il n'évoque son manque de franchise envers les adhérents de la SLRC au moment de "l'appel".

Désormais nous savons que les paroles de Renaud Camus, même adressées à nous, les adhérents de la société, "fidèles" et bien disposés, doivent être examinées pour y chercher un double sens qui, s'il n'est pas destiné frontalement à tromper, nous sera opposé si nous protestons. Les personnes qui le défendent comptent bien peu, il n'y a rien qui ressemble à une loyauté réciproque. Nous ne sommes là que pour servir, dans les deux sens du terme. Je pense à P.O.L soumis à ce régime depuis si longtemps.
Le camusisme est étrange, il met très haut la politesse, la forme, au-dessus de la vérité. Mais tromper ses "amis" (le mot est inexact, mais puis-je réellement utiliser celui de "fidèles"?), les gens qui vous font confiance et vous défendent, n'est-ce pas la pire forme de grossièreté?

Notes

[1] exemple de "règle logique": si je dis que je ne viens pas s'il pleut, cela ne veut pas dire que je viens s'il ne pleut pas.