Véhesse

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vendredi 20 novembre 2009

Confusion

Son poète américain préféré était Edgar Allan Poe. Mais parfois, lorsqu'il avait bu un whisky de trop, il lui arrivait de confondre des vers d'Horace avec ceux de Poe, et il s'étonnait fort de rencontrer Annabel Lee et Lydia dans la même strophe alcaïque.

Curzio Malaparte, La Peau, p.31, Denoël (2008)

L'Europe

— Ce n'était pas un animal, luis disais-je, c'était une feuille, une feuille d'arbre.

Et je lui citais le passage de cette lettre, où Mme de Sévigné souhaitait qu'il y eût dans son parc des Rochers une feuille parlante.

— Mais cela est absurde, disait Jack, une feuille qui parle! Un animal, ça se comprend, mais une feuille!
— Pour comprendre l'Europe, lui disais-je, la raison cartésienne ne sert de rien. L'Europe est un pays mystérieux, plein de secrets inviolables.
— Ah! L'Europe! Quel extraordinaire pays! s'écriait Jack, j'ai besoin de l'Europe pour me sentir Américain.

Curzio Malaparte, La Peau, p.31, (Denoël, 2008)

La banlieue de Paris

Jack connaissait parfaitement non seulement Paris, mais ce qu'il appelait la banlieue de Paris, c'est-à-dire l'Europe.

Curzio Malaparte, La Peau, p.29, (Denoël 2008)

La maison de tante Léonie se délabre.

18 novembre : anniversaire de la mort de Proust.
Patrick m'envoie un article de l'Echo républicain, datant sans doute du 16 novembre :

«Nous attendons le sauveur du musée Marcel-Proust.» Cet espoir, Mireille Naturel, secrétaire général de la Société des amis de Marcel Proust, l’association propriétaire des murs et qui gère le musée, l’a énoncé vendredi. Des propos alarmistes à la mesure de l’état de délabrement des bâtiments situés 6 rue du Docteur-Proust, à Illiers-Combray. La façade donnant sur la rue laisse apparaître un revêtement dégradé et des huisseries qui le sont tout autant. Pire! Depuis deux ans, le couloir qui permet d’accéder au salon oriental offre au regard des étais enchâssés dans un mur éventré tandis qu’au plafond un placage dissimule des dégradations tout aussi inquiétantes.

Mais comment en est- on arrivé là ? Avec des recettes tirées des quatre mille entrées annuelles et du fruit des adhésions des membres de la société, l’équipe qui gère l’établissement est uniquement en mesure de faire face à ses charges (masse salariale et frais de fonctionnement). Et c’est un euphémisme, le compte de résultats pour cette même année faisant apparaître un déficit de 782 €. Dans ces conditions le conseil d’administration de l’association se trouve dans l’incapacité de faire réaliser les travaux.

«La somme des devis s’élève à 24000 €», a révélé la secrétaire général. «Bien que la maison soit classée monument historique, les subventions auxquelles nous pouvons prétendre ne couvriraient que 55% de la somme.» La société se trouvant dans l’incapacité de dégager un financement propre, la situation demeure donc figée.
Mireille Naturel ne voit d’issue que dans un soutien financier revu à la hausse par la ville d’Illiers-Combray et le conseil général d’Eure-et-Loir. La première a alloué cette année une subvention de 500 €, alors que le second a versé 6000€. Des collectivités territoriales qui, selon elle, «n’ont pas pris la mesure de notoriété que le musée pourrait procurer à la commune comme au département.»

Cette opinion, le maire (divers droite) de la commune, Jean-Claude Sédillot, l’entend, lui qui a reconnu, le 3 novembre, que «tous les Islériens ne sont pas des Proustiens. Ils ne mesurent donc pas l’intérêt que peut représenter Marcel Proust pour la ville.» Pour autant il a assuré que «nous ne nous désintéressons pas du musée.» Et d’affirmer: «Si nous avons connaissance des dégradations, aucune demande de subvention exceptionnelle ne nous a été transmise.»
Vendredi, au conseil général, Wifried Verna, directeur de cabinet du président, a défendu, quant à lui, une vision à long terme. «Nous sommes d’accord. Il faut faire quelque chose pour ce site magique. Mais nous devons nous inscrire dans un projet de sauvegarde, protection, valorisation et développement.» Un plan dont le déclencheur ne peut être que «le maître d’ouvrage qui n’est autre que la Société des amis de Marcel Proust». Et de rappeler «Si la société se trouve en butte à une carence en définition, le département est prêt à fournir son aide. Cette offre a été transmise.»

Ariel Schwarz

(J'adore ces dernières phrases.)

L'odeur de la culture classique

Pour essayer d'oublier cette mésaventure, Jack allait lire son bien-aimé Virgile ou son cher Xénophon dans le vestiaire de son Université, dans cette odeur de caoutchouc, de serviette mouillées, de savon et de linoléum, qui est l'odeur particulière de la culture classique dans les pays anglo-saxons.

Curzio Malaparte, La Peau, p.29 (Denoël 2008)

Dédicace de La Peau

A l'affectueuse mémoire du colonel Henry H. Cumming, de l'université de Virginie, et de tous les braves, les bons, les honnêtes soldats américains, mes compagnons d'armes, morts inutilement pour la liberté de l'Europe.

Curzio Malaparte, La Peau, dédicace

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