De même encore, et si invraisemblable que cela puisse paraître, il y a deux Camusdarrach (et non Camustarrach, comme il est écrit quelquefois par erreur) à quelques miles marins l'un de l'autre. Une femme anonyme s'en plaint d'ailleurs, sur le Net, dans la relation qu'elle donne d'une journée délicieuse, ou peut-être seulement d'un moment réussi, au cours d'une sortie en mer :

« CHARLES, CHARLIE AND I HAD A THOROUGHLY ENJOYABLE (IF SHORT) SAIL UP THE SOUND OF SLEAT, AND THEN OVER TO RUM; BUT THE COLLECTIVE HIGH POINT WAS A STOP OFF THE POINT OF SLEAT, IN A REMOTE AND BEAUTIFUL LITTLE BAY CALLED CAMUSDARRACH (CONFUSINGLY NAMED THE SAME AS A MUCH LARGER BAY I KNOW ON THE MAINLAND) : THERE ARE PICTURES IN THE ALBUM, AND BELIEVE ME IT WAS EVERY BIT AS IDYLLIC AS IT LOOKS - WHITE SAND, BLUE SKIES AND A GENTLY BOBBING WHITE YACHT MOORED OFF THE BAY... »

And then over to Rum, and then over to Rum...

J.R.G. Le Camus & Antoine du Parc, L'Amour l'Automne, p.65

Thème du double, thème de la réalité se mêlant à la fiction, de la réalité plus incroyable que la fiction («si invraisemblable», «believe me»...).

Cet extrait de blog est commenté un peu plus loin, Camus s'interrogeant sur la proximité des deux prénoms cités: deux garçons aux noms identiques (thème du double) ou un garçon et une fille (thème de l'inversion):

Cette femme dont on ne saura pas le nom est donc sur la plage avec ses deux enfants - avec deux enfants plutôt, car il est peu probable qu'ayant des prénoms si proches l'un de l'autre ils soient tous les deux les siens : à moins que Charlie ne soit une fille, comme dans L'Ombre d'un doute.
Ibid., p.101

La scène évoque également le début de La chambre de Jacob, Bettie Flanders et ses deux enfants sur la plage.
(Il est difficile de circuler dans le blog pour se faire une idée exacte des liens entre les personnages, mais cela n'a finalement guère d'importance.)

A la fin du paragraphe est reprise la phrase: «BELIEVE ME IT WAS EVERY BIT AS IDYLLIC AS IT LOOKS» (p.102), évoquant à la fois ce paradis terrestre, le plaisir de Camus d'y avoir été et de s'être baigné en face de l'île de Rum, mais aussi la petite déception de ne pas avoir atteint Rum ("and then over to Rum", cf supra a finalement la consistance du rêve):

Et midi le juste s'épandait sur les flots que nous nous baignions nus dans une crique rocheuse, au sud d'Elgol, à l'une des pointes méridionales de l'île, en vue de l'île de Rum d'un côté et de la chaîne des Cuillins de l'autre — un autre moment inoubliable, serait-ce seulement à cause de la splendeur du lieu, de la largeur du site, de la solitude et du beau temps.
Renaud Camus, Rannoch Moor, p.455

Dans Mallaig nous apprîmes sans déplaisir excessif que c'était toute une petite affaire que de se rendre à Rum, et même une chose impossible ce jour-là; ...
Ibid., p.483