A la peine

(j'écris en marchant. I'm a pen. — Yeah, in the ass...)

Renaud Camus, Journal d'un voyage en France, p.323

Pour Tlön, une référence inattendue en ces parages

Le duc était en résidence [château de Castries], et recevait je ne sais quelle association aristocratique ou savante, ou les deux, ce qui nous a valu un épisode assez plaisant. Comme nous quittions, derrière le guide, la grande galerie, nous avons croisé un homme jeune qui était admirablement l'aristocrate fin de race de convention, une version française de Bertie Wooster. Quand il a vu Nemer il a été tellement troublé qu'il est allé s'écraser contre la porte de verre qui clôt les appartements privés mais permet d'en admirer l'enfilade. Evidemment, nous avons ri. Il est revenu vers nous et n'osant sans doute parler à Nemer, mais sans le quitter des yeux, il m'a demandé, zozotant à souhait:
— Est-ce que vous avez vu la dussesse ?
— Non, je regrette, nous étions au fond de la galerie.
— Ah, quel ennui! Et en plus notre valet de çambre a disparu!
Comme Bertie, il ne pouvait pas se passer de son Jeeves, sans doute particulièrement habile à retrouver les grandes dames égarées, sinon à entretenir la conversation avec les beaux Libanais.

Renaud Camus, Journal d'un voyage en France, (1981) p.317-318


complément le 8 mai 2012
Apparemment, c'était une lecture aimée de W. Burke, cf une allusion dans Roman Roi ou Roman Furieux.

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