En fait, lire Renaud Camus est assez facile. Il suffit de le lire suffisamment longtemps, tout finit par s'expliquer, se répondre, s'illustrer.

HUMOUR. L'humour relève de la cocasserie, il procède d'une soumission affectueuse et narquoise au réel, il est très éloigné de la farce. Il n'est pas rare qu'il naisse d'un contraste entre la pomposité archaïque du style et la trivialité des situations.

Renaud Camus, Etc. (1998), p.100



Les voici collés l'un à l'autre, bouche contre bouche. Et dans ma main, je n'ai plus que ma propre queue.

Elle reste bandée, cette idiote, sans s'aviser que ce n'est plus dans l'air du temps, et que personne ne réclame ses services ou son attention. Je n'ai pas voulu la désobliger. Puisqu'elle se montrait prête à jouir je l'ai fait jouir en regardant l'infidèle et ses nouvelles amours. How is that for humiliation?

Ô vie, combien rudes tes enseignements, et comme tu mets à les prodiguer peu de pitié! Si vraiment nous ne devenons pas des saints, à ce régime, ou des philosophes, ou des masochistes complets, c'est que, vraiment, nous n'avons pas l'étoffe de ces nobles emplois, vers quoi nous sommes jetés par l'opprobre et le ridicule.

Renaud Camus, Hommage au Carré (journal 1998 publié en 2002), p.398

(Ces deux passages se répondent si bien que je me demande s'ils n'ont pas été écrits à peu près au même moment (mais lequel des deux aurait précédé, déclenché, l'autre?))