J'ai parlé de la difficulté de lire le chapitre III, non qu'il soit difficile (le seul chapitre réellement difficile est le sixième, parce qu'il est compact), mais il faut trouver une méthode, et l'on hésite perpétuellement entre lire par page ou lire par fil.

Nous avons vu un exposé intégral du premier fil; et nous avons commencé une lecture par page, ou plutôt par "feuille", en prenant en considération l'ensemble de ce qui se présentait sous nos yeux lorsque le livre était ouvert (page 149, pages 150-151, pages 152-153).

Sur une remarque de Philippe, je tente une autre approche : « suivre les étoiles ». Il s’agit de suivre un fil jusqu’à la première note * que l’on rencontre, descendre alors lire cette note *, qui elle-même contient une note **, descendre lire cette note **, et ainsi de suite.
A la fin d’une note, la lecture normale consiste à revenir à la note précédente. Cette façon de lire est la plus naturelle à l’écran (pour passer au fil suivant il faut cliquer sur l'étoile ou les étoiles: quand il n'y en a qu'une, c'est peu visible).

Je vais donc créer autant de billets que de notes de bas de page déjà analysées jusqu'en novembre, en copiant/collant les extraits des précédents billets correspondant aux extraits du texte suivi d'étoiles en étoiles (de note de bas de page en note de bas de page). (En d'autres termes, il est inutile que vous lisiez les cinq billets suivants si vous avez lu les précédents.)
Cela permettra de mettre en évidence la façon dont la lecture (le lecteur) s'enfonce dans le texte, le creusant, descendant de niveau en niveau.

- écrire un billet qui sera le compte rendu de la lecture du 3 décembre (en reprenant un peu plus haut, à la sixième note, pour assurer la transition).


Le texte :

Il s’est produit dans le monde, durant leur voyage (et tandis que, logés chez les uns ou les autres aux États-Unis, toujours entre deux trains, entre deux avions, entre deux occasions de voiture ou de camion, ils n’avaient guère l’occasion de voir la télévision, de lire les journaux ou d’écouter la radio), toute sorte d’événements petits ou grands dont ils prennent connaissance en vrac, à leur retour, et sans avoir la possibilité, bien souvent, d’en reconstituer l’ordre chronologique, ni d’en apprécier correctement l’importance relative. Ainsi Harold Wilson, le Premier Ministre anglais, a-t-il surpris tous les commentateurs, et plus encore les électeurs, en annonçant qu’il quittait le pouvoir *.
J.R.G. Le Camus et Antoine du Parc, L'Amour l'Automne, p.149


Quelques pistes d'analyse :

Il s’est produit dans le monde, durant leur voyage (et tandis que, logés chez les uns ou les autres aux États-Unis, toujours entre deux trains, entre deux avions, entre deux occasions de voiture ou de camion, ils n’avaient guère l’occasion de voir la télévision, de lire les journaux ou d’écouter la radio), toute sorte d’événements petits ou grands dont ils prennent connaissance en vrac, à leur retour, et sans avoir la possibilité, bien souvent, d’en reconstituer l’ordre chronologique, ni d’en apprécier correctement l’importance relative. (L’Amour l’Automne, p.149)

Référence sans doute (en pratique, « sans doute » est toujours présupposé) au voyage aux Etats-Unis en 1976. voir Journal de Travers p.1050 ainsi que L’Amour l’Automne (noté AA dans le reste de ce billet) p.113 :«Et à Paris, qu'est-ce qui se passe?»

Reconstituer l’ordre chronologique : problème des Eglogues… Qu'est-ce qui renvoie à quoi? La même remarque —il s'est produit pendant leur voyage — peut renvoyer à avril 2004, au retour de Corée (cf. Corée l'absente (pourquoi ce voyage-là? parce qu'il s'est accompli en avion et que le chapitre II fait de nombreuses références à l'Angleterre vue d'avion)).
Cependant, et malicieusement, n'oublions pas le reproche: «Vous attachez sans doute trop d'importance, dans votre analyse, aux dates et aux éléments biographiques.» Echange p.200.

Ainsi Harold Wilson, le Premier Ministre anglais, a-t-il surpris tous les commentateurs, et plus encore les électeurs, en annonçant qu’il quittait le pouvoir *. (AA, p.149)

Harold Wilson : annonce de son départ le 16 mars 1976, départ effectif le 5 avril. Permet de dater précisément "le voyage", sauf que naturellement, le régime de la vérité dans les Églogues est celui de la fiction. Néanmoins, Journal de Travers permet de savoir qu'il y a réellement eu un voyage aux États-Unis à ce moment-là (leur voyage: William Burke + Renaud Camus). (Hypothèse de travail: le journal dit la vérité (il ne ment que par omission, parfois...) Il s'agit ici de deux événement réellement survenus aux mêmes dates, le voyage et l'annonce de la démission.)

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