Mes lectures pour L'Amour l'Automne m'ont fait retrouver cette phrase:

Et certes il est étrange que ni la folie jalouse d'Orlando, ni les amours d'Angélique et de Médor, son beau Sarrasin, ni aucune des intrigues secondaires qui se greffent à ce cycle, le plus représentatif, après tout, de la Renaissance italienne, n'aient jamais fait l'objet d'un opéra un peu notable.

Denis Duparc, Échange, p.131

Je n'avais pas vu cette phrase à la première lecture. Je l'ai en quelque sorte découverte en lisant Été (on notera au passage la technique utilisée des renvois de note et de la partition de la page, technique qui sera réservée au chapitre III de L'Amour l'Automne):

[...] tout comme Orlando, Renaud, Rinaldo, Rinaldi et un envisageable Rivaldi pourraient bien finir par autoriser Vivaldi, qu'appellent avec insistance, d'autre part, et selon d'autres règles et d'autres séries, Venise, le goût qu'a pour lui Tony, le roux illustre de ses cheveux, Orlando Furioso, le théâtre Saint-Ange, son prénom d'Antonio et jusqu'à ses propres techniques de composition, dirait-on: numerosi brani sono trasferiti di peso da un'Opera ad un'altra, spesso spostando lo stesso fascicolo senza neanche mutare il nome del personaggio… Et plus particulièrement sur l' Orlando******: Come d'uso, Vivaldi ha ampiamente utilizzato materiale preesistente.


****** On veut croire que Duparc ignorait cette œuvre admirable lorsqu'il écrivait avec une caractéristique suffisance: Et certes il est étrange que ni la folie jalouse d'Orlando, ni les amours d'Angélique et de Médor, son beau Sarrasin, ni aucune des intrigues secondaires qui se greffent à ce cycle, le plus représentatif, après tout, de la Renaissance italienne, n'aient jamais fait l'objet d'un opéra un peu notable.

Jean-Renaud Camus, Denis Duvert, Été, p.29

J'ai tendance à penser que si Orlando furioso a pris tant de place dans Été, c'est à cause de cette ignorance, de cette erreur initiale dans Échange.