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Billets pour la catégorie Des livres :

vendredi 23 décembre 2005

Que voulez-vous à Noël?

«Voyons, que crois-tu que le Miroir du Riséd nous montre?»
Harry secoua la tête.
«Je vais t'expliquer. L'homme le plus heureux du monde pourrait utiliser le Miroir du Riséd comme un miroir normal, c'est-à-dire qu'il s'y verrait exactement comme il est. Est-ce que tu comprends?
Harry réfléchit. Puis il dit lentement: «Le miroir nous montre ce que nous désirons... quoi que ce soit que nous désirons...
— Oui et non, répondit Dumbledore doucement. Il ne nous montre rien d'autre que notre désir le plus profondément, le plus désespérément, enfoui en notre cœur. [...]

Harry se leva.
«— Monsieur... Professeur Dumbledore? Puis-je vous poser une question?
— Apparemment tu viens juste de le faire, sourit Dumbledore. Mais vas-y, tu peux en poser une autre.
— Que voyez-vous quand vous regardez dans le Miroir?
— Moi? Je me vois tenant une paire de grosses chaussettes de laine.
Harry le regarda avec des yeux ronds.
— Personne n'a jamais assez de chaussettes, expliqua Dumbledore. Encore un Noël qui vient de passer, et je n'ai reçu aucune chaussette. Les gens s'obstinent à m'offrir des livres.»

Ce n'est que de retour au lit qu'Harry s'avisa que le professeur Dumbledore n'avait peut-être pas été complètement sincère. Mais après tout, pensa-t-il en chassant Scabbers de son oreiller, il avait posé une question plutôt indiscrète.

J.K. Rowling, Harry Potter à l'école des sorciers




ajout le 25 juin 2009
Finalement je suis assez fière de mon intuition. Dès la première lecture ce passage m'avait paru important; le septième tome m'a donné raison.

mercredi 7 décembre 2005

Prosélytisme littéraire

Angle d'attaque:
— Vous avez une cigarette? (oui, j'en ai presque que pour en donner.)
Il l'allume. C'est la grève du RER D, beaucoup de monde. Extrêmité de quai pour pouvoir lire tranquille.
— C'est bien ce que vous lisez?
Blanc. Je ne sais pas quoi dire. (Je lis Projet pour une révolution à New-York.)
— Euh...
Il se penche pour regarder le titre.
— Ça a l'air bien. C'est intéressant? Ça raconte quoi?
— Ben euh...
— Vous avez peur que je ne comprenne pas?
Eh zut, je vais le vexer si je ne lui explique pas Projet pour une révolution à New-York! Bon.
— Eh bien, il y a plusieurs histoires, mélangées.
— Ah, c'est des nouvelles?
— Non, vraiment mélangées, on ne sait jamais laquelle on lit. C'est compliqué.
— Ah. Moi je lis des histoires, vous savez, des livres où on choisit la page où on veut aller pour continuer l'histoire...
— Le livre dont vous êtes le héros?
— Oui, c'est ça.
(Tiens, au fait) — Eh bien, ça ressemble à ça, mais comme si on avait enlevé tous les chapitres, toutes les indications, et tout mis ensemble d'un seul bloc sans rien expliquer.
— C'est bizarre. Ça vous plaît?
— Non.
Il me regarde, interloqué:
— Mais pourquoi vous le lisez alors?
(Bonne question.) — Parce que d'autres ont écrit après ça et à partir de ça. Ç'était assez connu, entre 1950 et 1970. Maintenant on en écrit moins. (Je ne veux pas prononcer le mot Nouveau Roman. Je me sens gênée, il est gentil, si par hasard ça l'intéressait vraiment, il faudrait remonter si loin).

Il tend la main : Je peux le voir?
Il prend le livre, le feuillette, je repasse mentalement les premières scènes, euh..., il me le rend:
— On dirait une histoire où on arrive au milieu
(Je suis contente) — Oui, c'est exactement ça, pas de début, pas de fin (je me lance) Ecoutez, si ça vous intéresse vraiment... Vous avez entendu parler de Marguerite Duras? (J'essaie de prendre la plus connue et un titre qu'il puisse retenir et trouver facilement.)
— Non.
— Elle est morte il y a quelques années. Essayez Le Vice-consul.
— Consul... consulat?
— Oui, vice-consul.
— Comme vice-président?
— Oui.
— Mais à quoi ça sert? Ça apprend quelque chose?
— Pas vraiment, ou... ça fait réfléchir à comment on lit d'habitude, ce qu'on attend d'habitude d'une histoire... Ça permet de se rendre compte.
— C'est comme une expérience alors. Moi j'aime que ça soit pratique, comme Sun sho, vous connaissez?
— Ça me dit quelque chose (oui, mais je n'y crois pas trop.)
— Oui, L'Art de la guerre C'est très intéressant pour le commerce.
(??? Euh...)

Il a fini sa cigarette. Il jette le mégot sur les rails. Il s'en va.

A votre avis, quel pourcentage de chance y a-t-il qu'il lise Le Vice-Consul?

PS: Projet pour une révolution à New-York est au cœur de Travers.

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