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Bibliographie sur l'islam

L'une des conséquences du durcissement (est-ce le terme?) de Renaud Camus envers l'islam est que le dialogue interreligieux m'est apparu soudain comme une urgence qui ne pouvait plus souffrir aucun délai (Le temps presse, c'est un autre sujet, mais peut-être pas.)

La première étape consistait d'abord à mieux connaître ma propre religion. Je me suis donc inscrite en licence de théologie (ce qui explique à la fois un certain changement de thématique des citations laissées ici (dû à mon changement de lectures) et mon manque de temps pour tenir ce blog).

La deuxième, heureusement incluse dans la licence, était d'acquérir quelques connaissances fiables sur l'islam (parce que je doute de l'islam vu par Renaud Camus, surtout depuis que j'ai vu comment celui-ci prenait ses décisions sur les sujets économiques (le CPE[1] en 2006: une émission de télévision vue un soir a emporté sa décision alors que nous étions plusieurs à tenter de donner quelques bases d'économie politique ("Economie politique", le titre du cours professé par M. Pébereau à Sciences-Po quand j'y étais étudiante) au parti de l'In-nocence)).

Voici donc un extrait de bibliographie en sept points (j'ai repris les ouvrages qualifiés d'"accessibles").

Le dialogue interreligieux. Pourquoi? Comment?
Pierre Claverie: Petit traité de la rencontre et du dialogue, Paris, Cerf, 2004
Michel Fedou: Les religions selon la foi chrétienne, Paris, Cerf Médiaspaul, 1996
Dennis Gira: Au-delà de la tolérance: la rencontre des religions, Paris, Bayard, 2001
Dennis Gira: Le dialogue à la portée de tous… ou presque, Paris, Bayard, 2012
Michel Younès: Pour une théologie chrétienne des religions, Paris, Desclée de Brouwer, 2012.

Panorama de l'islam dans le monde
Bernard Godard et Sylvie Taussig: Les musulmans en France, Paris, Robert Laffont, 2007
Xavier de Planhol: Les nations du prophète, manuel géographique de politique musulmane, Paris, Fayard, 1993

Les fondements de l'islam
Roger Arnaldez: Le Coran, guide de lecture, Paris, DDB 1983
Raymond Charles: Le droit musulman, Paris, PUF, Que sais-je? n°702, 1965
Ali Merad: L'exégèse coranique, Paris, PUF, Que sais-je? n°3406, 1998
Françoise Micheau: Les débuts de l'islam. Jalons pour une nouvelle histoire, Paris, Téraèdre, 2012

L'islam des médiations: chiisme, soufisme et dévotion aux saints
Yann Richard: L'islam chi'ite: croyance et idéologies, Fayard, 1991
Réveils du soufisme en Afrique et en Asie, dossier de la revue Archives de Sciences sociales des religions, n°140, 2007
Annemarie Schimmel: Introduction au monde soufisme, Dangles, 2004
H. Chambert-Louis & C Guillot (dir): Le culte des saints dans le monde musulman, Paris, Ecole française d'Extrême Orient

Islam et modernité: les courants contemporains
Gilles Kepel: Du jihad à la fitna, Bayard, 2005
Ali Merad, L'islam contemporain Paris, PUF, Que sais-je? n°2195, 1998

Islam et christianisme au regard de l'autre
Richard Fletcher: La croix et le Croissant. Le christianime et l'islam, de Mahomet à la Réforme, Paris Louis Audibert, 2003

Islam et christianisme en dialogue: les questions posées
Robert Caspar: Pour un regard chrétien sur l'islam, Paris Centurion, 1990
Roger Michel: Peut-on dialoguer avec l'islam? Paris, éd Peuple Libre, 2009
Christian Troll, Réponse aux musulmans

J'ajoute un lien personnel vers un site que j'admire depuis des années, d'Orient et d'Occident.

Premier cours mercredi dernier. La professeur nous parle de Louis Massignon et Henri Le Sceaux (pour l'hindouisme).
Je découvre avec stupeur l'existence d'un pélerinage Chrétiens/Musulmans en Bretagne, le pélerinage des Sept Dormants institué par Louis Massignon pendant la guerre d'Algérie pour prier pour la paix.

Rentrée chez moi à minuit dans un certain état d'exaltation intellectuelle (tout cela promet d'être passionnant), je vais chercher au grenier un livre de Louis Massignon que je me souviens avoir acheté il y a quelques années à la kermesse de la ville.

Je déniche L'hospitalité sacrée (acquis en septembre 2009, c'est écrit en première page). A l'intérieur, je découvre une enveloppe et une carte datant de janvier 1993. Elle se termine par ces mots: "Je t'embrasse [signature] regrettes les moments où je ne t'ai pas compris".

Notes

[1] Contrat Première Embauche

Les procès de Juan Asensio

Un commentaire à la suite du précédent billet me fait penser qu'il est temps de donner quelques explications factuelles. Je vais essayer de faire court et chronologique, de donner quelques lignes directrices pour comprendre les divers billets concernant les procès contre Juan Asensio.


1/ La plainte au pénal pour accès frauduleux dans un STAD[1] et atteinte au secret des correspondances

La plainte a été déposée début septembre 2009 par Jean-Yves Pranchère.
J'ai été appelée à témoigner le 15 septembre 2009.
Le 21 septembre 2009, l'hébergeur Blogspirit a mis quatre billets de Juan Asensio hors ligne. Celui-ci a aussitôt été persuadé que j'étais à l'origine de la plainte. Il m'a écrit dans son style habituel et a écrit à des proches non blogueurs.
Le 21 septembre, nous avons découvert l'une des fausses identités d'Asensio, Pierre Seintisse, dont il se sert pour espionner les profils FB[2].
Le 10 octobre 2009, je porte plainte à mon tour, devant me rendre à l'évidence: Juan Asensio est si aveuglé par son ressentiment à mon égard qu'il ne peut concevoir que je ne sois pas à l'origine de la plainte contre lui et la mise hors ligne de ses billets.

Notre plainte est reçue: le parquet poursuit Juan Asensio. Cela devient une affaire pénale.
Le 18 juin 2010, Asensio fait l'objet d'un rappel à la loi. Le tribunal lui propose d'en rester là s'il reconnaît ses torts. Juan Asensio refuse.
L'audition a lieu le 6 octobre 2011, il est reconnu coupable le 17 novembre 2011.

Juan Asensio fait appel, nous attendons la prochaine audition (date non fixée pour l'instant).


2/ La plainte pour injures et diffamation

En mars 2010, Emmanuel Regniez publie une phrase sibylline (une citation de Lautréamont) sur son mur FB pour désapprouver que des amis/connaissances (je ne sais) publient sur leur blog une interview d'Asensio.
Juan Asensio furieux pond un billet violent et s'en prend au passage à Jean-Yves Pranchère et moi-même puisque nous sommes des amis de Régniez (c'est notre seul tort dans cette affaire).
Il tente d'entraîner dans sa querelle Pierre Jourde.
Bref, tout cela nous paraît bel et bien une tentative d'intimidation internautique envers nous suite à notre plainte de l'automne précédent.
Emmanuel Régniez, Jean-Yves Pranchère et moi-même décidons de porter plainte pour injures et diffamation.

Malheureusement, nous manquerons de précision et serons déboutés sur la forme, pour ne pas avoir distingué les injures de la diffamation. L'affaire ne sera pas jugée sur le fond.
Voir ici les arguments de l'avocat de Juan Asensio, qui permettent de se faire une idée assez juste du style d'Asensio et des raisons de notre plainte.


3/ La plainte pour usage abusif de tags (métabalises)

Juan Asensio prend l'habitude de taguer les billets les plus divers avec nos noms, ce qui fait que Google associe nos noms aux mots et images les plus désagréables.
Je cite comme exemple, parce qu'il est représentatif et parlant, celui d'un billet sur Matzneff contenant un panneau de signalisation avec deux personnages en position obscène ou érotique (à votre guise). Lorsqu'on tape mon nom dans Google, cette image y est associée. La preuve ici.

Le but de Juan Asensio est bien de faire remonter nos noms associés à des insultes en tête de Google (agir sur le Google rank), c'est une stratégie qu'il a souvent employée en s'en vantant (voir le passage Valérie Scigala publiquement ridiculisée, son blog relégué, etc, etc).
Il s'agit de "google bombing", pour ceux qui connaissent le terme.

Décidés à ne pas nous laisser intimider, nous portons plainte de nouveau.
Ce fut jugé une première fois en octobre 2010, les juges nous avaient alors déboutés sans donner d'explication réelle.
Nous sommes allés en appel, c'est à cet appel que ce rapporte le jugement rendu le 21 novembre 2012 qui nous condamne aux frais irrépétibles (les frais d'avocat engagés par Juan Asensio et Blogspirit).
Les juges n'ont pas donné de réponse sur le fond (pour le dire en terme geek, ils n'ont pas jugé de la légalité d'un google bombing pour une personne privée, autrement dit quelqu'un qui n'est pas un personnage public).

Il reste à décider si nous allons en cassation.


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PS: concernant la haine de Juan Asensio à mon égard, vous trouverez ici un point de vue extérieur qui vous permettra de comprendre également la haine d'Asensio envers Renaud Camus.


PPS: En repensant aux dernières péripéties / gesticulations asensiennes, je me demandais pourquoi cela m'affectait si peu.

Je crois que j'ai compris, j'ai saisi le moment cathartique: c'est le moment des dépositions au tribunal, cette après-midi où Juan Asensio a menti froidement à diverses reprises sur divers sujets.

Il est très différent de mentir devant quelqu'un qui ne sait pas la vérité, chez qui vous faites naître l'impossibilité de décider ou en qui vous implantez une fausse certitude; ou de mentir devant quelqu'un qui sait que ce que vous dites est faux, que vous êtes en train de mentir devant lui et qui sait que vous savez qu'il le sait.

Nous sommes en général sans défense devant un menteur, parce que notre éducation nous a appris qu'il ne fallait pas mentir — ce qui ne nous empêche pas de le faire, mais alors si possible de façon indiscernable, en espérant que la personne en face ne l'apprendra jamais. Nous envisageons rarement le cas de quelqu'un qui mente frontalement, en sachant que nous le savons et que (espère-t-il, c'est son pari) nous ne pourrons rien prouver.

Parole contre parole. Cette fourberie frontale peut rendre fous ceux qui ne supportent pas de ne pas avoir l'occasion de démontrer ce qu'ils avancent, ceux qui de façon plus romantique que juridique supposent que la bonne foi est un argument suffisant devant un tribunal.

Moi, cette fourberie m'a soulagée. Ce mensonge, ces mensonges, étaient la preuve que Juan Asensio savait parfaitement qu'il avait tort. C'était un aveu.
Sinon, pourquoi mentir?

Notes

[1] système de traitement automatisé de données (en l'occurrence un groupe fermé sur FB)

[2] Voir ici. Remarquez l'adresse mail utilisée: c'est celle de Ludivine Cissé que "Pierre Seintisse" s'est appropriée.

Le procès de Charlotte Corday à l'Epée de bois

Nous sommes allés voir le procès de Charlotte Corday mercredi dernier (et je suis un peu honteuse de n'en parler que maintenant, en fin de week-end, alors qu'il ne vous reste qu'une semaine pour y aller.)

C'est à l'Epée de bois à Vincennes, un théâtre que je ne connaissais pas et qui est magnifique, petit et chaleureux, salle commune pour manger une quiche ou une soupe et salles de théâtre entièrement lambrissées.

Pour moi, ce n'était pas une première mais l'occasion de comparer la nouvelle mise en scène, que je savais avoir été retravaillée, avec mes souvenirs. C'était assez étrange, car tout en gardant un fond qui n'a pas beaucoup changé (ou plutôt je suis incapable de dire ce qui a changé dans le texte), la pièce a été bouleversée: désormais, ce n'est plus Fouquier-Tinville qui tient le devant de la scène, écrasant Charlotte, mais Charlotte qui, échappant à la place statique du banc des accusés, emplit toute la salle de sa robe blanche et se défend comme une héroïne tragique (je pensais à Antigone; la pièce cite Judith et Holopherne («Vous n'êtes pas Judith, Corday»)). La mort rôde, sanglante.
La mise en scène joue sur les détails, jeu des gants et de boîte à musique; plaisir des passés simples (rien que pour cela précipitez-vous!); les spectacteurs sont pris à parti dans le rôle des jurés: sommes-nous ou pas prévenus contre l'accusée, sommes-nous prêts à écouter ce qu'elle a à nous dire?
Les acteurs sont excellents et physiquement très bien accordés à leur rôle (le visage mince et creusé de Jeanne-Marie Garcia, l'embompoint tranquille de Franck Gervais).





Et pour ceux qui voudraient approffondir le sujet, avant ou après la pièce, je recommande les enregistements de ce colloque sur les noms du peuple, et en particulier l'intervention de Jean-Yves Pranchère sur «Peuple et nation entre révolution et contre-révolution».

Les timbres de Donald Evans

Pour la personne qui est arrivée sur mon blog en cherchant des timbres de Donald Evans: voir ici.

Dix ans

Il y a dix ans le premier juin tombait un samedi (et il y a vingt ans un lundi). J'étais en train de préparer un gâteau d'anniversaire en écoutant la radio.

Finkielkraut que j'écoutais un peu par hasard interviewait un auteur, je n'avais pas bien compris qui, j'écoutais un peu distraitement. Il a lu un extrait, le grand néant et le petit néant, Loft story, j'ai été aussitôt convaincue. Ça s'appelait Du sens, apparemment.

J'ai vérifié le titre sur internet, je l'ai acheté, je l'ai lu, j'ai lu Buena Vista Park (parce qu'il était cité dans Du sens, sans savoir que j'étais en train de lire une rareté), Répertoire des délicatesses, Vaisseaux brûlés, Vaisseaux brûlés, Vaisseaux brûlés, Eloge moral du paraître parce qu'il était disponible à la bibliothèque de Blois, Roman Roi je ne sais plus pourquoi, et un peu plus tard, sans doute du fait de l'article d'Houppermans[1], Comment j'ai écrit certains de mes livres de Roussel, ce qui fut sans doute ma grande chance, l'intuition qui m'a fait progresser très vite dans la compréhension de Passage.


Carolina Armenteros parle à propos de Maistre d'un «accident de bibliothèque» (un coup de foudre en ouvrant un livre par hasard), j'ai donc eu un accident de radio.

Notes

[1] Et c'est son nom qui me fit aller à Cerisy en 2008 (en relisant le dernier commentaire suite à ce billet d'août 2008, je soupire).. Il est difficile d'imaginer aujourd'hui quelle aurait été ma vie si je n'avais pas écouté la radio ce jour-là.

Ah tiens, un Camus spécialiste de l'extrême-droite

A l'occasion du procès de Breivik, Jean-Yves Camus revient sur le développement de l'islamophobie en Europe :

[…]
L'enquête du journaliste norvégien Oyvind Strommen, La Toile brune (Actes Sud, 206 p., 21 euros), montre bien l'obsession qui s'est emparée depuis le début des années 2000 d'une partie significative des droites radicales xénophobes en Europe occidentale. Il s'agit de la peur d'Eurabia, néologisme forgé en 2006 par l'essayiste Bat Ye'Or, désignant un continent et une culture européens soumis de leur plein gré à l'islam et à son corpus de lois normatives, la charia, ayant renié leurs racines "judéo-chrétiennes" et de surcroît en voie d'être démographiquement submergés par les musulmans, au point que les Européens "de souche" deviendraient bientôt minoritaires.
[…]
Evolution vers un national-patriotisme qui, né sur le rivage de la gauche souverainiste, réduirait désormais la notion de nation à la question identitaire et se retrouverait en accord avec un Front national normalisé ? On peut en tout cas remarquer que le Parti de la liberté néerlandais, comme naguère Pim Fortuyn et les populismes xénophobes scandinaves, a retourné contre l'islam les idées de la gauche émancipatrice des années 1970 : droits des femmes, des homosexuels, des minorités (les juifs notamment) menacés par la répression de la "déviance" que les islamistes au pouvoir mettent en oeuvre.
[…]
Ensuite, cette idée rabaisse le concept de civilisation européenne au niveau d'une réaction de rejet épidermique de l'Autre, sans proposer de projet culturel cohérent susceptible de définir les valeurs auxquelles les musulmans d'Europe seraient tenus de s'intégrer. Elle témoigne des énormes difficultés de la culture européenne à admettre les identités dialogiques en évitant le double écueil du relativisme et de l'uniformisation.
[…]

"Le monde manichéen d'Eurabia", Jean-Yves Camus dans Le Monde, le 29 mai 2012

(Ces théories du complot, c'est tellement bête. Et comment ne pas penser au Protocole des sages de Sion?)

Ici, le "livetweet" du procès Breivik. (Attention, c'est twitter: si vous voulez conserver quelque chose, faites des copies d'écran ou des copier/coller).

Effervescence

Journée à essayer de travailler (+ crumble à la rhubarbe + identification de Martin Kluger). Commencé à utiliser Travers Coda (2012). Saisie d'une sorte d'excitation, cela va profondément changer la façon de travailler. Le référencement des références multiplie les croisements (sachant que sont reprises les références dans Journal de Travers (1976/2007), ô bénédiction).

Il va falloir ajouter des notes aux notes, commencer quelque chose qui serait de l'ordre du dictionnaire encyclopédique des références. Royal fun, mais un peu effrayant.

Au vol

Une heure moins vingt. Je rentre de cruchons un peu étonnants (n'avons-nous pas parlé de politique, comme s'il n'y avait pas d'autre sujet plus sérieux), j'entends ceci (de mémoire):

«26 juin. J'entreprends avec le calme et le courage qui conviennent un livre de six cents pages. Quelle n'est pas ma surprise de rencontrer mon nom à la sixième ligne, puis à la septième, puis à la page suivante. Il s'agit du journal 2010 de Renaud Camus qui a entendu par hasard ces Boudoirs[1] dont apparemment il ignorait l'existence et qui s'interroge sur les raisons qui ont produit notre éloignement. Son nom est pour moi associé à Onslow, peut-être parce qu'ils sont tous deux auvergnats.»



Et quelle n'est pas ma surprise d'entendre le nom de Renaud Camus sur France Musique en allumant la radio machinalement.

Notes

[1] Journal lu chaque samedi par Gérard Pesson

Les recherches continuent

Désolée d'être aussi absente, je m'écroule de fatigue le soir.

Cependant les recherches ne s'interrompent pas : j'ai reçu aujourd'hui La sorcière des Trois Islets (on va voir ce qu'on va voir!), j'ai trouvé un catalogue de Florence Valay datant des années Médicis et quelque chose de plus étrange, une plaquette sur la grande halle de la Villette avant la transformation qu'on lui connaît (transcription à venir, je distille).

Journée Wake

Décryptage des carnets de Finnegans Wake dans la journée. En fait l'équipe du CNRS a trouvé une source (ie, un des livres dont proviennent les mots notés à la volée par Joyce dans ses carnets. Chaque fois que l'on trouve une source, ce sont des dizaines de mots qui soudain trouvent un sens. Trouver une source est toujours excitant, cela ressemble à trouver la clé d'un code secret), ce qui fait que nous sommes repassés sur les pages de carnet déjà déchiffrées pour vérifier les mots dans la source (The Rise of Man, du colonel Conder (étrangement je lis dans Wikipédia en faisant une recherche pour vérifier l'orthographe de son nom qu'il aurait été proposé comme une identité possible de Jack l'Eventreur. Le monde est petit.))
Je suis rassurée de constater que la plupart des mots que nous avions déchiffrés les semaines précédentes l'étaient exactement, car la lecture est réellement difficile.

Pour info, les carnets ressemblent à cela:





Soirée à la Cartoucherie pour le premier chapitre de ''Finnegans Wake'' d'après la traduction de Lavergne. Extraordinaire performance de l'acteur Sharif Andoura (c'est normal qu'il soit aussi roux pour jouer un texte de Joyce?) dont on se dit avec envie qu'il doit être un extra-terrestre.
J'aime cette intuition qu'il a que la profusion du texte sert peut-être à cacher, à noyer, quelques phrases intimes de l'auteur. (Andoura l'a dit ce soir, nous pouvous également l'entendre le dire dans la vidéo en lien.)
Allez-y sans crainte, il suffit de se laisser porter. Cela m'a rappelé un commentaire de Joyce que j'ai lu, sans doute dans Mercanton (Les heures de James Joyce): «Ulysses est un souvenir, Finnegans est un rêve, toujours au présent.» (Je résume).

Du débat qui a eu lieu après je retiendrai ces paroles très justes: «On peut passer des heures sur quelques lignes. Là, on est obligé de faire des choix et d'avancer.»

Juan Asensio accusé d'insultes et diffamation ne peut pas se défendre

C'est ce qu'a soutenu son avocat. Le tribunal lui a donné raison.
Cependant, la cour d’appel a simplement confirmé la nullité de la citation. Juan Asensio est débouté de ses demandes, ce qui signifie que notre démarche n'était pas abusive.

Afin de vous permettre de vous faire votre propre opinion, je vous livre les conclusions de l'avocat d'Asensio qui ont convaincu le tribunal (pour l'anecdote, il s'agit de la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris, la chambre qui a à juger du subjonctif imparfait dans "l'affaire Lacan").



Quelques précisions cependant afin de lutter contre la désinformation:

- Les délibérés sont généralement rendus (lus) en début d'audience, vers 14 heures. Ils sont alors transmis par les avocats à leurs clients respectifs. A ce stade, il n'y a aucun écrit, il faut attendre deux à trois mois pour disposer des conclusions écrites : qu'il s'agisse de la condamnation au pénal du 17 novembre ou de la nullité prononcé hier, personne ne dispose à ce jour des « décisions rendues par les juges». Affirmer les recopier mot à mot est donc un mensonge.

- Juan Asensio a mis immédiatement à jour son billet "on air" pour annoncer la nullité de la citation pour injures et diffamation. Cette nullité est prononcée pour une question de forme, le fond n'a pas été examiné.

- En revanche, le 17 novembre il n'a pas annoncé aussitôt qu'il avait perdu au pénal, c'est-à-dire contre une plainte déposée par le parquet qui avait donné lieu le 6 octobre a un débat contradictoire au tribunal devant les juges, chacun d'entre nous étant interrogé tour à tour. Il est donc faux que son billet soit purement informatif et objectif.




La suite est donc une longue citation de l'avocat d'Asensio, dont la graphie est respectée. Les notes sont de mon fait.
C'est très long, voici un lien vous permettant d'accéder à une version plus lisible en pdf.


2. Les propos poursuivis.

Les parties civiles poursuivent des propos écrits et publiés sur son blog par M. Asensio les 17 et 22 mars 2010; il est expressément demandé, dans le dispositif de leur citation directe, que M. Asensio soit déclaré coupable d'infractions d'injure et diffamation, «à raison des commentaires et articles parus le 17 et 22 mars 2010 sur le site http://www.stalker.hautetfort.com dont le directeur de publication est Monsieur Juan ASENSIO, intitulés «Éric Bonnargent, François Monti, Juan Asensio, entretien, 1» et «Éric Bonnargent, François Monti, Juan Asensio, entretien, 4», accessibles aux adresses suivantes:
http://stalker.hautetfort.com/archive/2010/03/17/eric-bonnargent-francois-monti-juan-asensio-entretien-4.html
http://stalker.hautetfort.com/archive/2010/03/12/eric-bonnargent-francois-monti-juan-asensio-entretien-1.html
».

Plus précisément, les parties civiles ont choisi de poursuivre les propos suivants (pages 15 et 16 de la citation directe):

Dans la note du 17 mars 2010 («Éric Bonnargent, François Monti, Juan Asensio, entretien, 1», http://stalker.hautetfort.com/archive/2010/03/12/eric-bonnargent-francois-monti-juan-asensio-entretien-1.html: «(...) d'un pauvre crétin planqué sous le pseudonyme de Simon Melmoth (...) Ne m'en veuillez point de ne pas citer exactement les propos de cet infâme couilon dont le derrière semble aussi crotté de peur que le cerveau (...) d'ailleurs grâce aux bons services des amis tout aussi lâches de ce Simon Melmoth qui, naguère, me traitèrent de tous les noms (à l'abri, comme il se doit, des regards), (.. .) je crois, à des accusations aussi lamentables et qui bafouent toute rigueur herméneutique avec la même joie malsaine que les chiens nazis témoignaient face à leurs victimes... Finalement, recevoir des leçons de vertu de la part de ces petits caniches urinant comme des chiots, utiles et comiques relais des vrais molosses utilisés par les criminels, est une très douce ironie de la réversibilité des mérites je suppose... »;

Dans la note du 22 mars 2010 («Éric Bonnargent, François Monti, Juan Asensio, entretien, 4», http://stalker.hautetfort.com/archive/2010/03/17/eric-bonnargent-francois-monti-juan-asensio-entretien-4.html): «Vais je ajouter que Simon Melmoth/Emmanuel Régniez avec l'universitaire Jean-Yves Pranchère, spécialisé dans l'étude d'auteurs tels que Joseph de Maistre et la documentaliste Valérie Scigala, fut l'un des membres qui, sur un groupe supprimé par Facebook, m'insultèrent copieusement et m'accusèrent de tous les maux? Lorsque je portai à la connaissance du public, à seule fin de me défendre, leurs propos dans trois notes depuis supprimées par mon hébergeur, Valérie Scigala et Jean-Yves Pranchère déposèrent tous deux plainte contre moi pour trois motifs dont le minutieux examen me fit passer douze heures en garde à vue dans les riants locaux d'une brigade de gendarmerie qui ne fut sans doute point choisie par hasard puisqu'elle était spécialisée dans les affaires de cyber-criminalité[1]».

Seuls ces propos publiés les 17 et 22 mars 2010 sont donc poursuivis.


3. In limine litis, sur la nullité de la citation directe puis, par voie de conséquence. la prescription de l'action des demandeurs.

3.1. L'ambiguïté sur la qualification des faits incriminés.

La citation directe entretient l'ambiguïté sur la qualification des faits incriminés. Cela est particulièrement vrai pour ce qui concerne les propos incriminés qui sont contenus dans la note du 17 mars 2010: «(...) d'un pauvre crétin planqué sous le pseudonyme de Simon Melmoth (...) Ne m'en veuillez point de ne pas citer exactement les propos de cet infâme couillon dont le derrière semble aussi crotté de peur que le cerveau (…) d'ailleurs grâce aux bons services des amis tout aussi lâches de ce Simon Melmoth qui, naguère, me traitèrent de tous les noms (à l'abri, comme il se doit, des regards), (…) je crois, à des accusations aussi lamentables et qui bafouent toute rigueur herméneutique avec la même joie malsaine que les chiens nazis témoignaient face à leurs victimes.… Finalement, recevoir des leçons de vertu de la part de ces petits caniches urinant comme des chiots, utiles et comiques relais des vrais molosses utilisés par les criminels, est une très douce ironie de la réversibilité des mérites je suppose…».

Les parties civiles qualifient d'injurieuse la locution: «d'un pauvre crétin planqué sous le pseudonyme de Simon Melmoth». On peut lire, à la page 19 de leur citation directe (la graphie des auteurs de la citation est respectée): «La phrase tirée de l'article du 17 mars 2010 rédigé par Juan ASENSIO «... d'un pauvre crétin planqué sous le pseudonyme de Simon Melmoth» est sans équivoque insultante. Cette injure est bien adressée à Emmanuel REGNIEZ (…)»».

Elles qualifient cumulativement d'injurieuse et de diffamatoire la locution: «Ne m'en veuilez point de ne pas citer exactement les propos de cet infâme couillon dont le derrière semble aussi crotté de peur que le cerveau». On peut lire, toujours à la page 19 de leur citation directe (la graphie des auteurs de la citation est respectée): «Dans le prolongement, les propos qui suivent sont particulièrement injurieux et diffamatoires « …Ne m'en veuillez point de ne pas citer exactement les propos de cet infâme couillon dont le derrière semble aussi crotté de peur que le cerveau»».

Elles qualifient tour à tour de diffamatoire et d'injurieuse la locution: «d'ailleurs grâce aux bons services des amis tout aussi lâches de ce Simon Melmoth qui, naguère, me traitèrent de tous les noms (à l'abri, comme il se doit, des regards)». On peut lire, à la page 20 de leur citation directe (la graphie des auteurs de la citation est respectée): «Le terme «amis» est lié à celui de «lâches», complété par la formule en fin de phrase «(à l'abri, comme il se doit, des regards)». Il s'agit d'une allégation mensongère et diffamante». Puis, à la page 21 (la graphie des auteurs de la citation est respectée): «Ecrire encore «(amis)… qui, naguère, me traitèrent de tous les noms» est une allégation purement mensongère. La jurisprudence considère que constituent des injures le reproche de «parler en menteur» et «de ne dire ou exprimer que des mensonges ou des faux» (Crim. 31 janv. 1930: Bull. crim. n° 44) - l'imputation de «manquer de courage civique » (Crim. 20 juin 1946: Gaz. Pal. 1946. 2. 178 2e arrêt) - l'expression de «lopette». TGI Paris, 8 nov. 1989: Gaz. Pal. 1990. 1, Somm. 176, lesquels sont très proches des termes employés ici par Juan ASENSIO». Puis, toujours à la page 21 (la graphie des auteurs de la citation est respectée): «Les propos contenus dans la phrase incriminée ont un caractère portant atteinte à l'honneur et à la considération des parties civiles, au regard de l'article 29 de la loi du 29 juillet 1881, alinéa 1».

Elles qualifient tour à tour de diffamatoire et d'injurieuse la locution: «je crois, à des accusations aussi lamentables et qui bafouent toute rigueur herméneutique avec la même joie malsaine que les chiens nazis témoignaient face à leurs victimes… Finalement, recevoir des leçons de vertu de la part de ces petits caniches urinant comme des chiots, utiles et comiques relais des vrais molosses utilisés par les criminels, est une très douce ironie de ta réversibilité des mérites je suppose…». On peut lire, à la page 23 de leur citation directe (la graphie des auteurs de la citation est respectée): «Des qualificatifs en publics tels que «chiens nazis» portent profondément atteinte à l'honneur et à la considération de Jean-Yves PRANCHERE, Valérie SCIGALA et Emmanuel REGNIEZ». Puis, aux pages 23 et 24 (la graphie des auteurs de la citation est respectée): «D'ailleurs, la jurisprudence indique que le terme «nazi» peut constituer une injure. Paris, 1er juin 1995: Dr. pénal 1995. 253; confirmé par Cass. Crim. 29 janv. 1998 Pourvoi n°95-83763: Gaz. Pal. 1998. 1, chron. crim. 75. La chambre criminelle de la Cour de cassation, dans son arrêt du 16 décembre 1986 (Bull n°374 - n° de pourvoi n°85-96064), acceptait qu'il est de nature à porter atteinte à l'honneur ou à la considération, nonobstant son caractère fictif l'imputation d'une action violente menée par un groupe armé dont la constitution est pénalement répréhensible, faite à une personne supposée avoir adhéré aux doctrines nationales-socialistes».

L'invocation cumulative des deux qualifications que sont l'injure et la diffamation introduit une incertitude pour le prévenu quant à l'objet exact de ce qui lui est reproché et, par conséquent, quant aux moyens de défense qu'il peut opposer.

Cette ambiguïté est en l'espèce d'autant plus insoluble que les parties poursuivantes, en tête de leur citation, ont expressément déclaré poursuivre M. Asensio à la fois pour le délit d'injure envers un particulier et pour le délit de diffamation envers un particulier, «ces deux chefs d'infraction ayant été commis en état de concours d'infraction (article 132-2 du Code pénal)» (page 2 de la citation directe). Elles laissent ainsi penser qu'elles entendent poursuivre des propos injurieux et des propos diffamatoires bien divisibles les uns des autres, alors que le corps de leur citation, comme on l'a vu, fait à de multiples reprises supporter à des propos uniques les deux qualifications distinctes.

Au demeurant, quand bien même les parties poursuivantes estimeraient que les propos qu'elles incriminent renferment des injures et des imputations diffamatoires indivisibles, et que donc la qualification d'injure est absorbée par celle de diffamation, il leur appartiendrait de préciser qu'elles n'entendent en conséquence viser que la seule diffamation. Il ne leur est pas permis, dans un tel cas, de poursuivre l'injure comme délit distinct. Procéder autrement, et viser cumulativement la qualification d'injure et la qualification de diffamation, comme elles le font en l'espèce, interdit à M. Asensio d'exercer utilement sa défense (Cass. Crim., 15 mars 1994: Bull crim, n°99).

Est nul l'acte introductif d'instance qui, comme c'est le cas en l'espèce, entretient «une équivoque sur le fondement juridique précis des demandes» et «une ambiguïté sur la qualification des faits incriminés» et porte ainsi atteinte tant à l'égalité des parties dans le procès qu'aux droits de la défense (Civ. 2ième, 14 mars 2002: Bull. civ. II, n" 45).

L'action des parties civiles se trouve dès lors prescrite, aucun acte interruptif de prescription n'ayant été valablement accompli dans les trois mois de la publication des propos litigieux, conformément à l'article 65 de la loi du 29 juillet 1881.


3.2. L'absence d'identification, par chaque partie civile, des propos qu'elle considère par comme injurieux ou diffamatoires à son égard.

Les trois parties civiles ont choisi d'exercer une action concertée contre M. Asensio, ce qui est leur droit.

Elles entendent poursuivre de nombreux propos de M. Asensio, ce qui est également leur droit.

Mais ce double choix leur impose de rendre parfaitement identifiables les propos argués de diffamation et/ou injure dont se plaint chacune d'entre elles. Procéder différemment revient à priver le prévenu des moyens d'exercer utilement sa défense (TGI Paris, 17ème Chambre, 23 mai 1997: ''LALONDE & ASSOCIATION GENERATION ECOLOGIE c/JULY; LP 1997, n° 144-I,p.103).

"S'il est en effet possible, dans une seule et même citation, à plusieurs personnes, physiques ou morales, s'estimant diffamées par les mêmes propos, de se concerter afin de poursuivre les auteurs des textes qu'elles considèrent attentatoires à leur honneur ou à leur considération, il leur appartient, dès lors qu'il peut exister un doute sur les propos respectivement poursuivis par chacune d'entre elles, de fournir tes indications nécessaires afin de permettre aux prévenus de déterminer de quel propos diffamatoire se plaint chacune des parties civiles (...) Les parties civiles ne sauraient soutenir que l'intégralité des propos est poursuivie par chacune d'elles, un tel argument par sa généralité, ne pouvant répondre à l'exigence qui vient d'être exposée" (TGI Paris, 17ème Chambre, 18 juin 2002: LA SOCIETE ELITE MODEL MANAGEMENT SA c/ TESSIER, ARDISSON, DROUIN & autres).

En l'espèce, les parties civiles n'ont pas fait ce travail consistant à distinguer ce qui, au sein des propos poursuivis, porte respectivement atteinte à chacune d'elles.

On le vérifie pour ce qui concerne les propos suivants, tirés de la note poursuivie du 17 mars 2010: «(…) je crois, à des accusations aussi lamentables et qui bafouent toute rigueur herméneutique avec la même joie malsaine que les chiens nazis témoignaient face à leurs victimes... Finalement, recevoir des leçons de vertu de la part de ces petits caniches urinant comme des chiots, utiles et comiques relais des vrais molosses utilisés par les criminels, est une très douce ironie de la réversibilité des mérites je suppose…»

On peut lire dans la citation des plaignants, au sujet de ces propos (pages 22 & 23, la graphie des auteurs de la citation est respectée): «L'allégation «je crois, à des accusations aussi lamentables et qui bafouent toute rigueur herméneutique avec la même foie malsaine que les chiens nazis témoignaient face à leurs victimes» inverse d'abord l'ordre des choses.
Juan ASENSIO se pose ici comme victime alors qu'il est mis en cause pour plusieurs chefs d'infraction dans le cadre de la procédure judiciaire diligentée parta gendarmerie de BOULOGNE-BILLANCOURT (PV 728/2009).
(Cf. Pièce n°8)
Les griefs évoqués par les parties civiles dans leurs plaintes sont à ce point fondés qu'ils ont justifiés des réquisitions de l'autorité judiciaire afin de supprimer les liens incriminés[2].
Il ne s'agit donc pas «d'accusations aussi lamentables» mais simplement du droit, par principe, pour une victime de mettre en mouvement l'action publique afin de défendre son honneur et sa réputation et défaire cesser des injures publiques.[3].
La formule qui est ensuite employée par Monsieur Juan ASENSIO «avec la même joie malsaine que les chiens nazis témoignaient face à leurs victimes» montre l'extrême violence de Juan ASENSIO - la shoah est le comble de la violence et de l'inhumanité — qui personnifie les chiens nazis, capables d'une «joie», vécue à leur tour par les parties civiles.
L'image des chiens nazis face à leur victime en comparaison des parties civiles face à Juan ASENSIO, ne fût-ce que par une communauté de «joie» relativise forcément la Shoah, dévalue le crime nazi, au mépris absolu de la mémoire des victimes.
Des qualificatifs en publics tels que «chiens nazis» portent profondément atteinte à l'honneur et à la considération de Jean-Yves PRANCHERE, Valérie SCIGALA et Emmanuel REGNIEZ.
Aux termes de sa phrase «Finalement, recevoir des leçons de vertu de la part de ces petits caniches urinant comme des chiots, utiles et comiques relais des vrais molosses utilisés par les criminels, est une très douce ironie de la réversibilité des mérites je suppose…», dans le prolongement de sa métaphore canine, Monsieur Juan ASENSIO assimile Jean-Yves PRANCHERE, Valérie SCIGALA et Emmanuel REGNIEZ à «ces petits caniches urinant comme des chiots, utiles et comiques relais des vrais molosses utilisés par les criminels…,». Ces termes sont à rapprocher des allégations de «lâches» et «à l'abri, comme il se doit, des regards». Cette image avilit et déshonore les parties civiles.
L'expression qui suit «est une très douce ironie de la réversibilité des mérites je suppose…» vise directement, même s'il y a un code, Jean-Yves PRANCHERE.
Juan ASENSIO fait allusion avec «la réversibilité des principes» au concept central de la pensée de Joseph de Maistre dont Monsieur Jean-Yves PRANCHERE est un spécialiste notoire.
Juan ASENSIO le rappelle d'ailleurs dans l'article publié le 22 mars: «avec l'universitaire Jean-Yves Pranchère, spécialisé dans l'étude d'auteurs tels que Joseph de Maistre ».
 »

Force est de constater, à la lecture de ce passage, que les trois parties civiles poursuivent l'ensemble des propos en cause, sans qu'il soit mentionné, à aucun moment, pour chacune des parties civiles, quels propos précisément, au sein de cet ensemble, elle a entendu considérer comme diffamatoire ou injurieux à son égard.

Mais l'incertitude concerne également les propos poursuivis tirés de la note du 22 mars 2010.

On peut lire dans la citation des plaignants, au sujet de ces propos (page 25, la graphie des auteurs de la citation est respectée): «Juan ASENSIO omet de révéler les faits pour lesquelles il a été mis en cause et qui font l'objet de deux instances pénales officielles et pour lesquelles il a été placé en garde à vue, comme il l'indique lui-même un peu plus loin dans cet article: «Lorsque je portai à la connaissance du public, à seule fin de me défendre, leurs propos dans trois notes depuis supprimées par mon hébergeur, Valérie Scigala et Jean-Yves Pranchère déposèrent tous deux plainte contre moi pour trois motifs dont le minutieux examen me fit passer douze heures en garde à vue dans les riants locaux d'une brigade de gendarmerie qui ne fut sans doute point choisie par hasard puisqu'elle était spécialisée dans les affaires de cyber-criminalité»
Il s'agit là à nouveau d'imputations purement diffamatoires au préjudice des parties civiles»
.

Force est de constater, à la lecture de ce passage, que les trois parties civiles poursuivent l'ensemble des propos en cause, sans qu'il soit mentionné, à aucun moment, pour chacune des parties civiles, quels propos précisément, au sein de cet ensemble, elle a entendu considérer comme diffamatoire ou injurieux à son égard. On se demande tout spécialement en quoi Monsieur Emmanuel REGNIEZ est concerné par ces propos[4].

Compte tenu de cette incertitude sur les propos respectivement poursuivis par chaque partie civile, qui interdit au prévenu d'exercer utilement sa défense, leur acte introductif d'instance devra être annulé.

L'action des parties civiles se trouve dès lors prescrite, aucun acte interruptif de prescription n'ayant été valablement accompli dans les trois mois de la publication des propos litigieux, conformément à l'article 65 de la loi du 29 juillet 1881.


4. Sur les propos incriminés contenus dans la note du 17 mars 2010.

4.1. Sur l'irrecevabilité de l'action de Monsieur PRANCHERE et Madame SCIGALA fondée sur les propos contenus dans la note du 17 mars 2010.

Seul Emmanuel REGNIEZ, alias Simon MELMOTH est effectivement nommé par Monsieur ASENSIO dans les propos poursuivis.

Monsieur PRANCHERE et Madame SCIGALA ne justifient pas, pour leur part, qu'ils seraient effectivement les personnes désignées avec certitude et dont l'identification aurait été possible comme étant les « amis » de Simon MELMOTH.

Ils devront être déclarés irrecevables en leur action pour défaut de désignation (Crim., 15 octobre 1985: Bull, crim., n° 315 - Crim., 30 mai 2007: Bull crim., n° 143).


4.2. Sur l'excuse de provocation.

Les propos incriminés sont les suivants: «(…) d'un pauvre crétin planqué sous le pseudonyme de Simon Melmoth (…) Ne m'en veuillez point de ne pas citer exactement les propos de cet infâme couilon dont le derrière semble aussi crotté de peur que le cerveau (…) d'ailleurs grâce aux bons services des amis tout aussi lâches de ce Simon Melmoth qui, naguère, me traitèrent de tous les noms (à l'abri, comme il se doit, des regards), (…) je crois, à des accusations aussi lamentables et qui bafouent toute rigueur herméneutique avec la même joie malsaine que les chiens nazis témoignaient face à leurs victimes… Finalement, recevoir des leçons de vertu de la part de ces petits caniches urinant comme des chiots, utiles et comiques relais des vrais molosses utilisés par les criminels, est une très douce ironie de la réversibilité des mérites je suppose…».

Les parties civiles prétendent y voir et des injures et des diffamations. On a vu plus haut qu'elles ne s'étaient pas résolues à distinguer clairement ce qui, au sein de ce passage qu'elle incrimine, relève de la diffamation et ce qui relève de l'injure, entretenant ainsi l'ambiguïté sur la qualification des faits incriminés (point 3.1, ci-dessus).

Si, par extraordinaire, le Tribunal n'annulait pas la citation entachée de cette ambiguïté, et s'il retenait le caractère injurieux des propos incriminés, il conviendrait de faire bénéficier Monsieur ASENSIO de l'excuse de provocation.

Aux termes mêmes de la citation des parties civiles, la note en cause fait suite à une note postée sur la Toile le 15 mars 2010[5] par l'un d'eux, Monsieur Emmanuel REGNIEZ, imputant à Monsieur ASENSIO «une tâche de sang intellectuelle». On peut lire en effet, à la page 18 de la citation (la graphie des auteurs de la citation est respectée): «Les propos cités dans le commentaire du 17 mars 2010 (…) sont en partie aussi la réaction totalement disproportionnée de Juan ASENSIO au commentaire d'Emmanuel REGNIEZ qui sous pseudo Simon Melmoth avait écrit le 15 mars 2010 sur Facebook: " Pourquoi je ne lirai pas l'entretien croisé. Pas à cause de Bartleby, pas à cause de François Monti, mais à cause de la troisième personne (Juan Asensio, alias Stalker).
François Monti écrivait dans un commentaire: «J'ai eu la chance (?) d'avoir des parents communistes qui m'ont appris que ce qui importait n'était pas d'où on parlait mais ce qu'on disait. Pour ça, il faudra attendre les jours qui viennent.» Quant à moi, j'ai eu la chance d'avoir des grands-parents résistants qui m'ont appris que toute la mer du monde ne suffirait pas à laver une tache de sang intellectuelle.
Et les taches sont nombreuses. Je ne vais pas, ici, les donner toutes, pas envie de donnera lire ces horreurs et m'en faire le relais.
Et que l'on ne vienne pas me dire que la Littérature excuse tout et permet tout. La littérature n'a rien à voir avec le ressentiment et la haine de l'Autre."
».

Les termes de la note ainsi postée — et notamment la formule «tâche de sang intellectuelle» s'appliquant à Monsieur ASENSIO, lequel, pour n'être pas nommé, n'en est pas moins parfaitement identifiable, présentent tous les caractères de la provocation[6] au sens de l'article 33, alinéa 2 de la loi du 29 juillet 1881.

Compte tenu de cette provocation à laquelle elles répondent explicitement, les injures imputées au prévenu ne sont pas punissables.


5. Sur les propos incriminés contenus dans la note du 22 mars 2010.

5.1. Sur l'absence de caractère diffamatoire des propos incriminés.

Les propos incriminés sont les suivants: «Vais je ajouter que Simon Melmoth/Emmanuel Régniez avec l'universitaire Jean-Yves Pranchère, spécialisé dans l'étude d'auteurs tels que Joseph de Maistre et la documentaliste Valérie Scigala, fut l'un des membres qui, sur un groupe supprimé par Facebook, m'insultèrent copieusement et m'accusèrent de tous les maux? Lorsque je portai à la connaissance du public, à seule fin de me défendre, leurs propos dans trois notes depuis supprimées par mon hébergeur, Valérie Scigala et Jean-Yves Pranchère déposèrent tous deux plainte contre moi pour trois motifs dont le minutieux examen me fit passer douze heures en garde à vue dans les riants locaux d'une brigade de gendarmerie qui ne fut sans doute point choisie par hasard puisqu'elle était spécialisée dans les affaires de cyber-criminalité».

Les parties civiles qualifient de diffamatoire la locution: «Vais-je ajouter que Simon Melmoth/Emmanuel Régniez avec l'universitaire Jean-Yves Pranchère, spécialisé dans l'étude d'auteurs tels que Joseph de Maistre et la documentaliste Valérie Scigala, fut l'un des membres qui, sur un groupe supprimé par Facebook, m'insultèrent copieusement et m'accusèrent de tous les maux?». On peut lire, à la page 24 de leur citation directe (la graphie des auteurs de la citation est respectée): «Les parties civiles sont visées nommément par ces allégations mensongères, calomnieuses et diffamatoires».

Elles qualifient également de diffamatoire la locution: «Lorsque je portai à la connaissance du public, à seule fin de me défendre, leurs propos dans trois notes depuis supprimées par mon hébergeur, Valérie Scigala et Jean-Yves Pranchère déposèrent tous deux plainte contre moi pour trois motifs dont le minutieux examen me fit passer douze heures en garde à vue dans les riants locaux d'une brigade de gendarmerie qui ne fut sans doute point choisie par hasard puisqu'elle était spécialisée dans les affaires de cyber-criminalité». On peut lire, à la page 25 de leur citation directe (la graphie des auteurs de la citation est respectée): «Il s'agit là à nouveau d'imputations purement diffamatoires au préjudice des parties civiles».

Il n'y a dans les propos poursuivis nulle imputation ou allégation de faits de nature à porter atteinte à l'honneur ou à la considération des parties civiles. Ces propos n'ont pas de caractère diffamatoire[7].


5.2. Sur la bonne foi.

Il faut rappeler que les propos poursuivis ont été tenus dans un contexte de vive polémique opposant les parties civiles et Monsieur ASENSIO. Dans ce contexte de vive polémique, les propos aujourd'hui poursuivis apparaissent poursuivre un but légitime, être étrangers à toute animosité personnelle, et se conformer à un certain nombre d'exigences, en particulier la prudence dans l'expression.

Si par extraordinaire le Tribunal considère que ces propos ont un caractère diffamatoire, il considérera, notamment au vu des pièces produites, que Monsieur ASENSIO les as tenus de bonne foi:

Sur le passage relatif aux propos injurieux et aux accusations tenus par les parties civiles sur M. ASENSIO: Pièce n°8 : Capture d'écran figurant la page d'accueil du groupe «Celles et ceux qui pensent que Juan Asensio déshonore la blogosphère française[8]; Pièce n°10: Message de Pierre Boyer (alias de Jean-Yves Pranchère), 23 novembre 2008 ; Pièce n°11: Echanges entre Emmanuel Régniez et Valérie Scigala, 23 novembre 2008; Pièce n°13: Message de Valérie Scigala, 29 novembre 2008 ; Pièce n°14: Historique de la demande de suppression de la page Wikipédia sur Juan Asensio[9];

Sur le passage relatif à la garde à vue de M. ASENSIO: Pièce adverse n°8: Attestation de dépôt de plainte et procès-verbal d'audition de Monsieur Jean-Yves PRANCHERE, le 1er septembre 2009; Pièce n°26: Convocation de M. Juan ASENSIO par la Brigade de recherches de la Gendarmerie nationale -Nanterre, pour le 15 octobre 2010; Pièce n°27: Courtier du Conseil de M.ASENSIO au procureur de la République de Paris, de demande d'information sur la suite de la procédure six mois après la garde à me de MASENSIO, 21 avril 2010.


6. Sur l'abus de constitution de partie civile, le dommage en résultant pour le prévenu et sa réparation.

L'abus de constitution de partie civile de Madame Valérie Scigala et MM. Jean-Yves Pranchère et Emmanuel Régniez dégénère ici en un abus manifeste[10].

C'est dans un esprit malveillant, ou en tout cas par une faute grossière, que cette action à été entreprise.

On ne s'explique pas autrement que les parties civiles ne prennent pas même la peine de distinguer clairement, au sein de la note du 17 mars, ce qui selon eux relève de la diffamation et ce qui selon eux relève de l'injure. Ce alors même qu'en tête de leur citation, elles ont expressément déclaré qu'elles entendaient poursuivre et des propos injurieux et des propos diffamatoires, «commis en état de concours d'infraction». Quant à la note du 22 mars, il relève de l'évidence que les propos qu'elle contient et qui font l'objet de la poursuite ne sont pas constitutifs de diffamation.

La malveillance ou la faute grossière est en l'espèce d'autant plus caractérisée que, préalablement à l'engagement de l'action, les parties civiles avaient déposé une plainte simple contre Monsieur ASENSIO, notamment des chefs d'injures et diffamations et qu'ils ont engagé la présente action sans même attendre l'issue de l'enquête ouverte sur cette plainte[11].

Notes

[1] Juan Asensio a été reconnu coupable au pénal d'introduction frauduleuse dans un STAD (système informatisé, pour faire court) et vol de correspondance privée.

[2] Je rappelle que nous avons gagné notre procès.

[3] En d'autres termes, ce qu'est en train de faire Juan Asensio dans ces billets de mars 2010, c'est tenter de nous intimider parce que nous avons porté plainte contre lui.

[4] Remarquons que si l'avocat distingue qu'Emmanuel Régniez n'est pas concerné par ces propos, c'est qu'il n'y a pas flou quant aux personnes concernées.

[5] A ma connaissance, c'est faux: Emmanuel Régniez a fait un simple commentaire sur sa page Facebook, c'est-à-dire un lieu privé, dont le contenu n'est pas indexé par Google.

[6] Ils présentent surtout les caractères d'une citation de Lautréamont, que Juan Asensio n'a pas reconnue.

[7] C'est diffamer qu'accuser à tort en le sachant pertinemment. Nous n'avons jamais «insulté Juan Asensio copieusement» (je ne tiens pas à lui ressembler) ni ne l'avons «accusé de tous les maux» (deux maux: vol de correspondance, introduction frauduleuse dans un système informatisé).

[8] Rappel du descriptif du groupe FB fermé que j'avais constitué pour rassembler les billets et discussions diverses parus un jour sur la toile, et disparus suite aux pressions exercées par Juan Asensio: «Toute personne qui a formulé un jour une opinion négative sur le blog, le style, les idées de Juan Asensio, et qui a dû subir une avalanche de commentaires et de mails injurieux est bienvenue ici. Toute personne qui s'est fait attaquer pour avoir osé lire Conrad et donner son opinion est bienvenue ici. Toute personne qui juge infantile et choquante une telle attitude de la part du Trollker est bienvenue ici. Ce groupe est fermé. S'il avait été impossible d'effacer les messages, je l'aurais laissé ouvert, pour le plaisir de lire les injures du Trollker comme autant de preuves de ce que j'avance. Hélas, celui-ci n'a pas le courage d'afficher jusqu'au bout au mieux son impolitesse, au pire sa haine, et nous a montré plusieurs fois sur FB qu'il effaçait ses traces. Je trouve donc inutile de lui laisser une parole qu'il est incapable de maintenir dans le temps.»

[9] C'est une obsession de Juan Asensio, qui sait pourtant, à la lecture des conversations privées dans notre groupe fermé, que nous n'avons jamais essayé de détruire cette page (j'ignorais même qu'une telle page existait, son existence me semble proprement ridicule. Le débat sur Wikipédia est instructif et révélateur de l'usage des pseudonymes par Juan Asensio).

[10] Rappel: le jugement de ce jour déboute Juan Asensio de ses demandes, notre démarche n'était pas abusive.

[11] C'est faux: nous avons porté plainte pour "introduction frauduleuse dans un STAD et vol de correspondance privée" (voir la note 1: les juges nous ont donné raison). Et si Juan Asensio nous a insultés, Jean-Yves Pranchère et moi-même, alors que c'était Emmanuel Régniez qui avait fait un commentaire à propos d'un blog que je ne connais même pas, c'est justement parce que nous avions porté plainte: il s'agissait d'une tentative d'intimidation. Nous ne nous sommes pas laissés intimider. Et nous ne nous laisserons pas intimider. De cela Juan Asensio peut être certain: il ne parviendra pas à ses fins, il n'arrivera pas par sa "célèbre méthode" à faire retirer les billets qui le gênent.

Jean-Paul Marcheschi : s'offrir un tableau pour Noël

Samedis 3 et 10 décembre, à partir de 14H, à la galerie de Jean-Paul Marcheschi, 5-7 rue des deux-boules (un nom prédestiné (j'aime bien que la ville de Paris n'ait pas eu le puritanisme de la faire disparaître)) aura lieu une vente "privée" et à des prix exceptionnels.

Faites-le savoir autour de vous aux personnes intéressées qui depuis longtemps regrettent que "les Marcheschis" ne soient pas accessibles à leur bourse.

Procédure pénale : Juan Asensio reconnu coupable

Puisque Juan Asensio, qui tient soigneusement au courant son lectorat des développements de nos démêlés judiciaires depuis deux ans, et ce avec l'objectivité et la droiture qu'on lui connaît, paraît négliger la décision survenue jeudi dernier, je me vois obliger de continuer la chronique:


L'audition avait eu lieu le 6 octobre 2011, le jugement a été rendu jeudi 17 novembre:

Juan Asensio a été reconnu coupable sur chacun des chefs poursuivis, sauf celui pour lequel nous reconnaissions qu’il n’y avait pas délit, l’accès au club des lecteurs non réactionnaires de M. Pranchère (qui est un groupe ouvert: c'est par erreur que ce chef apparaissait ici).
Il est condamné au paiement d’une amende de 5.000 euros avec sursis, au paiement de dommages et intérêts. Remarquons que le procureur n'avait requis que 150 euros, un montant symbolique, s'adaptant par là aux revenus de Juan Asensio, chômeur en fin de droits aidé par ses parents. (Il faut savoir que les sommes réclamées lors du dépôt de plainte ne correspondent à rien d'autre qu'à l'application des textes, et aucunement à ce qui sera réellement réclamé à l'accusé s'il est reconnu coupable). Le tribunal est donc allé bien au-delà du réquisitoire, marquant par là sa réprobation.
Il est en outre condamné à publier le jugement pendant un délai de 3 mois sur son site.
L’exécution provisoire n’est pas ordonnée, ce qui signifie que l’appel d’Asensio suspendrait cette exécution.

La copie du jugement sera disponible dans deux ou trois mois et permetta de prendre connaissance de ses motifs.


***


Rappelons que la plainte n'avait aucun motif "littéraire", et qu'il ne s'agissait même pas d'une plainte pour "injures et diffamation" (qui ne serait pas du ressort du pénal): non, ce qui était en cause, c'était l'intrusion frauduleuse (i.e., selon le TILF, avec l'intention de nuire) dans un système automatisé de traitement de données ("STAD": en l'occurrence, un groupe fermé sur Facebook) et le vol de correspondance privée (et sa publication). Voir ici.

L'audition a été l'occasion de décrire le harcèlement que fait subir Juan Asensio à toute personne qui ne partage pas ses opinions ou qui trouve qu'il écrit mal ou qui considère qu'il est un butor.

Je rappelle les noms qu'Asensio a reconnu avoir utilisés sur Facebook: Pierre Seintisse, Hélène Ribeira et Jules Soerwein.


***


Enfin, à titre purement pédagogique, j'en profite pour expliquer une méthode utilisée par les "taupes" de Facebook. Les lignes qui suivent n'intéressent que ceux qui y ont un compte, elles seront à peu près incompréhensibles aux autres.

Un inconnu vous demande en "ami", et comme ses centres d'intérêt vous paraissent proches des vôtres, ou qu'il "partage" des amis avec vous, vous l'acceptez. Dès lors, il accède à l'ensemble des messages que vous publiez sur votre mur même si votre profil est très verrouillé pour les gens qui ne sont pas vos "amis".
Puis il désactive son compte FB, qui devient dès lors invisible, comme détruit (mais il n'est pas détruit: il suffit d'indiquer à FB qu'on veut récupérer son compte pour pouvoir le rouvrir, exactement dans l'état où on l'a laissé).

La taupe réactive son ou ses profils quelques minutes de temps en temps pour venir espionner les dialogues et activités des personnes qu'elle surveille. Entretemps, comme elle est la plupart du temps hors ligne, les personnes ont oublié qu'elles l'ont en ami. Il est très difficile de se débarrasser de la taupe, car il faut être en ligne au moment où elle réactive son compte et profiter de ces quelques instants pour la "supprimer de ses amis".

L'actu de Jean-Paul Marcheschi

Le 4 Novembre, vernissage de l’exposition «Les Dormants» à l’atelier du peintre 5-7 rue des deux Boules à Paris (métro Chatelet).
A partir de 19 heures Jacques Bonnaffé lira des extraits de Piero della Francesca, de Jean-Paul Marcheschi.

Le 26 novembre Alain Finkelkraut recevra Jean-Paul Marcheschi dans son émission «Réplique».

Asensio au pénal, suite.

Finalement l'audition a eu lieu hier et c'est un grand soulagement.

C'est une satisfaction intense de pouvoir exposer publiquement son point de vue sans être interrompue et d'être écoutée avec attention.

Et c'est aussi une satisfaction de savoir que les contradictions [1] et les mensonges [2] de Juan Asensio ont été enregistrés par le greffe du tribunal.
Même s'il n'était pas possible de les reprendre un à un (et ce n'était pas l'objet du débat), il est apaisant de savoir que quelque part dans les armoires de la justice française dormira cette déposition. (Oui, il est apaisant de savoir qu'il ne pourra pas dire: «Je n'ai jamais dit ça».)

Ensuite il y a les regrets de ce qu'on n'a pas dit et la conscience aiguë de la difficulté d'expliquer la différence entre les forums, les blogs, Facebook, la différence entre une page de profil FB et un groupe, la différence entre un groupe ouvert (bizarrement dénommé "privé" hier, sans doute parce qu'il a un créateur), un groupe fermé, un groupe secret (et encore, sans compter les "pages" dont nous n'avons pas parlé).
Et puis cette chronologie des faits si importante et si longue, comment en rendre compte? Tout paraît tassé soudain.

Il y a le regret de ne pas avoir fait remarquer à voix haute que l'avocat de la défense, qui avait produit une très mauvaise copie de fax afin de faire passer un 13 pour un 23, a fourni une page impeccable et en couleur lorsqu'il s'est aperçu que j'en possèdais une meilleure version qui ne laissait aucun doute sur le "13" et que ma pièce allait être versée au dossier, afin que ce fût sa pièce qui fût enregistrée.

Le jugement sera rendu le 17 novembre. Il portera sur des points fins, sur des nuances, il s'agit d'attribuer un statut à Facebook, privé ou public, un statut à un groupe fermé, de qualifier l'usage d'un faux nom pour se voir donner l'accès à un groupe (fraude ou pas?), de déterminer si les échanges dans un groupe fermé ont ou non le statut d'une correspondance privée.

Je n'ai pas tout suivi (je ne suis pas juriste) mais c'était très intéressant, il existe des subtilités entre les droits civil et pénal, ce qui légitime ou pas d'utiliser la jurisprudence civile pour juger au pénal (et inversement, je suppose). Je n'en dis pas plus de peur d'écrire des bêtises sur ces sujets très précis qui intriguent le béotien par leur aspect technique.

Notes

[1] Exemple: affirmer que Facebook est totalement public, que nous sommes cinq cents millions et des broutilles de personnes interconnectées qui ne se cachent rien et verrouiller son profil, bloquer des personnes pour se rendre invisible.

[2] Quelqu'un peut-il me dire comment on construit un agrégateur de contenu sur le nom d'Asensio pour l'afficher automatiquement sur sa page de profil FB? car Asensio a affirmé qu'un tel agrégateur se trouvait sur ma page (est-il conscient qu'il est très facile de vérifier qu'il n'en est rien? et qu'il n'est même pas évident que cela soit techniquement possible?), quant à "sa" page wikipédia, comme il l'a dit lui-même, tout est conservé et vérifiable; il est donc très étrange de nous accuser devant un tribunal d'avoir voulu la supprimer (etc, etc).

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