Billets pour la catégorie Journal :

Des nouvelles de Jo et de Philippe

Longtemps, Le Monde des Livres a fait trembler le petit St-Germain-des-Prés tôt dans l’après-midi. Dirigé par Josyane Savigneau (par ailleurs chroniqueuse à Campus), dont le milieu annonce toutes les semaines «le retrait», «la mort» ou encore «l’exil », ce supplément s’est retrouvé dans le collimateur de la critique virulente de Jourde et Naulleau. On ne prête qu’aux riches : après tout Le Monde n’est-il pas le miroir versaillais, mais exact, de la presse et de l’édition française ainsi que de leurs mœurs ? «Le grand inceste professionnel», selon les termes d’Olivier Nora, éditeur de Grasset, semble être une spécificité française : dans ce pays on peut être tout à la fois éditeur, directeur de collection, écrivain, critique et jury littéraire, sans que cela ne froisse la déontologie. De plus, la plupart des collaborateurs des journaux et suppléments littéraires sont des pigistes qui doivent faire feu de tout bois, participant à de nombreuses publications et enquillant les activités dans l’édition en tant que lecteurs, nègres, éditeurs associés ou attachés de presse. Ce collaborateur d’un quotidien du matin témoigne : «On est souvent obligé d’aller au plus pressé pour rentabiliser nos piges. Résultat, de gros livres en font les frais, on ne peut pas lire des romans de plus de 500 pages qui ne feront l’objet que d’une distance de un feuillet, et encore, s’ils sont retenus.»
Philippe Lançon, l’un des critiques littéraires les plus doués et les plus redoutés, qui sévit à Libération, croit encore à une posture artisanale, presque angélique, du critique littéraire, loin des marées éditoriales. Sollicité par le Le Nouvel Economiste, il a tenu à se réfugier dans son trou ensauvagé. Peut-être pour ne pas répondre à des question sur le roman baroque qu’on le soupçonne d’avoir écrit sous pseudonyme chez Calman-Lévy : Je ne sais pas écrire et je suis innocent.

Emmanuel Lemieux dans Le Nouvel Economiste, supplément au 19 mars 2004.


Objet : Des nouvelles du reste de la famille Ewing

Edifiant : au mois de février, l’avocate et épouse de Carlos, voulant faire la promotion de son livre, Epouser Carlos, sous-titré Un amour sous haute tension, est passé au-dessus de son éditeur, L’archipel. Isabelle Coutant-Peyre était invitée en exclusivité par M6, dans l’émission de Laurent Delahousse, Secrets d’actualité du 7 mars, et devait passer chez Ardisson le samedi 13 mars. Entre-temps Fogiel avait fait le forcing. Coutant-Peyre n’ayant pas du tout apprécié l’intitulé de M6, « J’ai épousé un terroriste », a répondu favorablement à Fogiel. Résultat : Tout le monde en parle d’Ardisson a invité l’avocate le premier, le samedi 6 mars, On ne peut pas plaire à tout le monde s’est désisté. M6, qui avait la primeur le dimanche 7, l’a eu mauvaise et s’est davantage concentré sur Carlos que sur le livre de son épouse avocate.

Ibid.

Indiscrétions

Si j'avais lu Renaud Camus à vingt ans, je n'y aurais sans doute rien compris et l'aurait refermé pour longtemps, voire pour toujours. J'avais vu son nom plusieurs fois sur les rayonnages des librairies ou des bibliothèques: quand même, fallait douter de rien pour s'appeler Camus et écrire sous ce nom en espérant être lu!

En flânant sur le site me revient à la mémoire la réflexion de Eudes : il faut que les livres de Renaud Camus arrivent au bon moment dans notre vie. Il s'agit vraiment d'une rencontre, c'est très étrange. C'est sans doute à rapprocher des divers messages de remerciements ici et là sur le site, Eudes, Gab, Frédéric, Henri, Jean Paul,... (Pardonnez-moi d'ainsi nommer, mais je veux illustrer que cela n'arrive pas une fois par hasard: cela arrive souvent, à l'échelle du nombre de personnes intervenant sur le site).

Renaud Camus a sans doute changé ma vie. Je crois qu'il a surtout changé la vie de mon entourage:
C — Mais en fait, ça fait combien de temps que tu lis Renaud Camus?
Moi — Un an et demi
C — Seulement un an et demi ?!
H — Heureusement pour nous!

Il n'a pas tort, mon Dieu, il n'a pas tort.

Le marché de l'édition

Une étude sur le marché du livre réalisée par TNS-Sofres révèle que près d'un Français sur deux n'a acheté aucun livre en 2003. Toujours dominé par les petits acheteurs —ceux qui achètent moins de quatre ouvrages par an, soit 53%— le marché se recentre vers les «moyens acheteurs» (entre 5 et 11 livres). 18% des acheteurs de livres concentrent à eux seuls plus de la moitié des volumes achetés et la moitité des sommes dépensées. Ce qui signifie en résumé qu'un Français sur dix achètent plus de la moitié des livres vendus.

Agefi, 22 mars 2003


18 % de 50 % font 9 %, aux arrondis près 10 %.

Comme cela (me) chante

Message de jmarc déposé le 17/03/2004 à 12h55 (UTC)

Je me suis souvent demandé si on devait dire d'Hegel ou de Hegel.

                       ***********

Ma réponse

Je crois que c'est le nombre de syllabes qui guide spontanément mon choix: la philosophie de Hegel, l'hégélianisme, la philosophie d'Habermas, la philosophie d'Hannah Arendt, mais bizarrement je dirais la philosophie de Arendt ("d'Arendt": ce n'est pas joli, et peut-être peu compréhensible, peu écoutable), et parfois de Hannah Arendt, en une sorte d'insistance.

Il me semble que la sonorité de "de" met en relief le mot qui le suit.

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