Véhesse

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Billets pour la catégorie Camus, Renaud :

jeudi 15 mai 2003

Le petit Chose ou l'humiliation

Ce sentiment est très lié à l'humiliation. C'est ce fond de bâtardise humiliée, de bâtardise pauvre, qui m'a conduit dans un château et qui exige de moi de grosses voitures, lesquelles pensé-je, m'éviteront le mépris des portiers d'hôtel.

Renaud Camus, Retour à Canossa, p 311

Ce genre de réflexions, que je retrouve éparses dans Vaisseaux brûlés, (les leçons d'équitation impayées ou payées avec retard, par exemple) me donnent à penser qu'il y a beaucoup à comprendre dans la description de l'enfance d'Homen, le narrateur de la deuxième partie de Roman Roi.

De même, la description trois pages plus loin dans Canossa du je "plus avancé" et des je "du rang" m'évoque les personnages de Roman et d'Homen, personnages si différents, l'un audacieux et digne dans l'adversité, l'autre sombre et timoré.

dimanche 11 mai 2003

Le Zéhéros n'est pas n'importe qui...

Message de GCingal déposé le 08/05/2003 à 12h48 (UTC)

Enfin, soyons sérieux, si c'est là votre plus cher désir: dans votre message, ce qui retient mon attention, entre autres, c'est l'expression(ironique? humoristique?) "notre héros". Justement, RC, protagoniste de son journal, en est-il le héros? Le lecteur est-il incité à "héroïser" Renaud Camus, à l'"affabuler", et, si oui, dans quelle mesure? de quelle façon s'y prend-il, le bougre, pour se constituer en héros? César écrivant la Guerre des Gaules?

Je n'ai pas de réponse à cela.


Ma réponse

1 - Plus de héros dans la littérature occidentale depuis la première guerre mondiale.
Plus de noble quête, de princesse à sauver, plus de torts à redresser. Plus de fins inmanquablement heureuses et morales, les méchants punis, les bons récompensés (plus compliqué encore, on n'est même plus sûr de toujours identifier le bon et le méchant (RC est-il le «bon» de ses journaux?))
Plus que l'homme comme mesure de l'homme, un journal pour exposer l'ambiguë condition humaine (ce qui m'a retenue dans le message de Anton, ce n'est pas héros, mais bougon...).

2 - La notion de "héros" n'est-elle pas contradictoire avec le journal écrit au jour le jour, car le héros n'est-il pas celui qui a triomphé à la fin? Peut-on être un héros avant la fin de l'histoire, avant que l'on sache "qui a gagné" (sachant que cette notion est elle-même à nuancer, on peut être le gagnant moral mais le perdant matériel (Vingt ans après, histoire sans héros?) ?

3 - (Mais «héros» malgré tout, si le «héros», c'est celui dont le lecteur (ou le spectateur au cinéma) épouse la cause, celui dont le lecteur espère "qu'il s'en sorte".)

vendredi 2 mai 2003

En hollandais

1-3-8-2-1-4. Or, feuilletant une belle revue de langue flamande, Obscuur, que l'on m'envoie parce que s'y trouvent traduites quelques pages des Elégies pour quelques-uns, j'y tombe précisément, « cet été-là », sur une photographie de Marc Horemans intitulée Passo dello Stelvio, alt. 2760 m. Et la coïncidence est bien grande, car ce col du Stelvio est éminemment obscur en effet, situé qu'il est sur une route tout à fait secondaire, et moins que secondaire, puisqu'elle relie Bormio et Bagni di Bormio, où l'on n'a pas l'occasion de passer tous les jours, à Sluderno et Silandro, qui sont Schluderns et Schlanderns. Que faisait là cet Horemans ? Ou bien qu'y faisions-nous nous-mêmes ? Et que fais-je dans la revue Obscuur, la bien-nommée, si bien nommée que j'y redeviens à moi-même étranger, ne comprenant un mot de ce que j'y raconte, de ce qui s'y trouve raconté sous mon nom ?

1-3-8-2-1-5. Dit boek, dit kleine boekje, dat het aan jou te danken heeft dat het een tijdje leeft, als je het op dit moment in je handen houdt, ontwijkende lezer (maar jouw heden is niet mijne, integendeel, het is zelfs slechts een van de ogenblikken van mijn afwezigheid),...

Renaud Camus, Vaisseaux brûlés


réponse de Michel Thuriaux

tentative

1-3-8-2-1-5. Dit boek, dit kleine boekje, dat het aan jou te danken heeft dat het een tijdje leeft, als je het op dit moment in je handen houdt, ontwijkende lezer (maar jouw heden is niet mijne, integendeel, het is zelfs slechts een van de ogenblikken van mijn afwezigheid),...

Tentative

Ce petit livre, ce tout petit livre — c'est à toi qu'il doit de vivre quelque temps. À toi qui le tiens en ce moment dans la main, innocent lecteur (mais ton aujourd'hui n'est pas le mien, il n' est même que l'un des clignements d'yeux de mon absence)


précision de Gab

Ogenblikken : clignements d'yeux, éthymogiquement, certes, mais aussi, plus couramment : instants. Il n'est qu'un des instants de mon absence.

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