Billets pour la catégorie Camus, Renaud :

Discussion sur l'honneur

Ce billet reprend et répond à la réponse de Renaud Camus.

Une sommaire tentative de récapitulation, de ma part, donnerait ceci : tragédie / drame (voire "souci"), aristocratie / petite bourgeoisie, virginité des femmes / liberté sexuelle ("innocence du sexe")…

Couples non-antithétiques : virginité des femmes / honneur, honneur / parole, parole / tragédie (suicide "d'honneur" - objection : est-ce que le suicide d'honneur n'est pas un cliché du "drame" ?)


Je remplacerais virginité par vertu, c'est-à-dire fidélité exclusive, seule garante de la lignée, du sang et du nom. Ce n'est pas, je pense, tant la fidélité des femmes qui importait (à la jalousie et autres sentiments de propriété près) que la certitude de l'origine de la descendance. Tout ici repose sur la parole des femmes, constatation étrange dans ce monde où elles avaient si peu accès à une parole publique (à moins que ce ne soit une contradiction qu'en apparence).

Quel rapport avec l'honneur? Qu'est-ce que l'honneur, sinon une certaine idée que l'on se fait de soi? Peut-on avoir de l'honneur si on doute de ses origines (entre autres, thème de ''L'Alouette'' d'Anouilh, légitimité du Charles VII douteuse)? Ne faut-il pas également, pour qu'il y ait sens de l'honneur, que l'individu considère qu'il y a des valeurs ou des principes supérieurs à sa vie, et n'est-ce pas finalement tout simplement cela qui a été perdu au XXième siècle: la vie posée comme valeur ultime de la vie, sans autre absolu?

Peut-on avoir de l'honneur si on doute de ses origines ? Il n’est pas évident que cette question soit pertinente par rapport au sujet.
Qu’est-ce que l’honneur, à quoi fait-il appel ou sur quoi s’appuie-t-il ? Un moment j’ai été tentée de lui donner une référence externe, d’en faire une référence au sacré. Mais je ne crois pas que ce soit cela. Il me semble que l’honneur, en dehors des cas où il n’est que soumission à une contrainte sociale (ne pas être accusé de lâcheté), se rapporte à une fierté, à une idée de soi, peut-être à ce qu’il faudrait nommer orgueil. C’est dans un certain sens s’accorder beaucoup d‘importance.

C’est ainsi d’ailleurs qu’il s’est dévalorisé. Concernant la vertu des femmes, la petite phrase «vous placez votre honneur à un bien étrange endroit» s’est répandue (cf Travers : un viol, c’est moins grave qu’une jambe en moins) et le sens de l’honneur a pris une connotation négative. A l’époque où je lisais Anouilh, je lisais plus généralement beaucoup de théâtre du XXe siècle: Giraudoux, Claudel, Camus l’autre, Sartre… L’honneur était tourné en dérision par les existentialistes, vivre, survivre, était la grande affaire, mourir était devenu la solution de facilité. Je reviens à l’analyse de Todorov dans Face à l’extrême :
Les dirigeants de l’insurrection [de Varsovie] agissent comme s’ils obéissaient au précepte : mieux vaut être mort que rouge. […] Une telle attitude héroïque force le respect. Mais on peut se demander en même temps si l’alternative ainsi formulée correspond bien aux possibilités «réelles». «Rouge» ne s’oppose pas à «mort», mais seulement à «blanc», «brun» ou «noir»; et seuls les vivants ont une couleur. L’un des combattants qui n’était pas d’accord avec le déclenchement remarque: «Si nous ne cessons pas un jour de tous vouloir mourir pour la Pologne, il n’y aura bientôt plus un Polonais pour l’habiter». Et les héros de l’insurrection morts, Varsovie devint quand même «rouge».
En fait, dans l’héroïsme, la mort a une valeur supérieure à la vie. La mort seule —la sienne propre comme celle des autres— permet d’atteindre l’absolu: en sacrifiant sa vie, on prouve qu’on chérit son idéal plus qu’elle. […] Dans certains circonstances exceptionnelles, et l’insurrection de Varsovie en est une, la mort peut être facile, en particulier si l’on croit à la résurrection des âmes, mais même sans cela: la mort reste une inconnue et par là elle fascine; perdre la vie, c’est mettre tout son courage en un seul geste. La vie, elle, peut exiger un courage de tous les jours, de tous les instants; elle peut être, elle aussi, un sacrifice, mais qui n’a rien de flamboyant: si je dois sacrifier mon temps et mes forces, je suis bien obligé de rester en vie. En ce sens, vivre devient plus difficile que mourir. […]
Cette attitude non héroïque a cependant un inconvénient c’est qu’elle se prête mal aux récits, en tout cas aux récits de facture classique; or la fonction narrative est indispensable dans toute société. En fait, les héros s’inspirent invariablement d’un exemple livresque ou légendaire appris au cours des années de jeunesse. Et dans le feu de leur action, ils prévoient déjà l’effet qu’elle aura une fois convertie en mots: le récit à venir forme le présent. Okulicki reproche aux autres plans d’insurrection «de ne pas être assez spectaculaire», alors que le sien est tel que «le monde entier en parlerait». Le bulletin des insurgés déclare, à la date du 3 octobre 1944 : «Personne en Pologne ni à Varsovie ne peut […] dire que nous nous sommes rendus trop tôt»: le souci des récits à venir est présent au moment de l’action même.

Tzvetan Todorov, prologue de Face à l’extrême
Cette idée «Si nous ne cessons pas un jour de tous vouloir mourir pour la Pologne, il n’y aura bientôt plus un Polonais pour l’habiter» m’a profondément marquée. Pour gagner, pour faire triompher ses idées, il faut commencer d’abord par survivre. Il s’agit d’un oubli de soi, de la gloire qu’on pourrait retirer d’une action héroïque, au profit de l’obstination à vouloir faire triompher une cause, même anonymement. Nous passons de l’honneur à l’humilité.

De la définition de la lubricité

Nabokov explique très bien, dans sa postface à Lolita, pourquoi Tricks n'est pas pornographique (désolée, je n'ai que la version anglaise):
Thus, in pornographic novel, has to be limited to the copulation of clichés. Style, structure, imagery should never distract the reader from his tepid lust. The novel must consist of an alternation of sexual scenes. The passages in between must be reduced to sutures of sense, logical bridges of the simplest design, brief expositions and explanations, wich the reader will probably skip but must know they exist in order not to feel cheated (a mentaly stemming from the routine of "true" fairy tales in childhood). Moreover, the sexual scenes in the book must follow a crescendo line, with new variations, new combinaisons, new sexes, and a steady increase in the number of participants (in a Sade play they call the gardener in), and therefore the end of the book must be more replete with lewd lore than the first chapters.
Traduction personnelle:
Ceci, dans un roman pornographique, doit être limité à la copulation de clichés. Le style, la structure, les décors ne doivent jamais distraire le lecteur de sa tiède luxure. Le roman doit consister en une alternance de scènes sexuelles. Les passages intercallaires doivent être réduits à des sutures de sens, des ponts logiques de la conception la plus simple, des expositions et explications brèves que le lecteur sautera probablement mais qu'il doit savoir qu'ils existent pour ne pas se sentir floué (une attitude mentale issue des habitudes inculquées durant l'enfance par les "vraies" contes de fées). D'autre part, les sènes sexuelles du livre doivent suivre une ligne ascendante, avec de nouvelles variations, de nouvelles combinaisons, de nouveaux sexes et une croissance soutenue dans le nombre des participants (dans une pièce de Sade ils appellent le jardinier à la rescousse), et par conséquent la fin du livre doit être plus rempli de folklore obscènes que les premiers chapitres.
Or il n'y a pas ce crescendo dans Tricks, du moins pas dans celui que j'ai lu (1988). Je me souviens à l'inverse avoir été amusée par la sensation que l'auteur n'arrivait pas à tenir son engagement: au début les tricks se succèdent rapidement, comprenez les garçons et la baise, et puis... Et puis ça continue, puisque c'est le rythme des chapitres, mais les détails se multiplient, untel vient de rentrer, je viens de retrouver un lecteur, mes parents doivent penser que je dors toute la journée, j'écrirais des lettres très culotte de peau à Claude Simon,... Je me souviens de Rousseau abandonné le temps d'un tricks dans une backroom new-yorkaise, d'une discussion sur la photographie et le discours suivant, de l'Amérique génératrice de mythologies, d'un black (le dernier tricks?) et d'une réflexion sur son désir d'intégration…
Bref, loin d'un crescendo, j'ai eu l'impression que le désir d'écriture submergeait le désir de raconter les rencontres, et que peu à peu le champ tendait à s'élargir, sans le reconnaître explicitement.

L'édition de 1979 était plus ramassée (33 récits), et l'édition américaine comporte vingt-cinq récits. Nul doute que leur caractère pornographique s'en trouve renforcé.

La précision

Qu'est-il dit dans ''Syntaxe'' : abandonner la syntaxe, c'est considérer qu'il n'est plus très important d'être compris, ou l'inverse?


Il est exposé à plusieurs reprises que l'abandon de la syntaxe caractérise une précipitation à "communiquer", il faut parler, il faut être compris, le fond du "message" a plus d'importance que sa forme.

Cependant il me semble que dans cette précipitation à communiquer, s'exprimer est malgré tout plus important pour le locuteur qu'être compris. accorde plus d'importance au fait de parler qu'au fait d'être compris, car les défauts de construction sont gênants pour être compris, et donc si c'était l'important, le locuteur soignerait sa syntaxe.
En effet, si votre interlocuteur a tendance à corriger automatiquement "l'histoire dont je te parle" quand il entend "l'histoire que je te parle", cela lui prend quelques dixièmes de secondes pendant lesquelles il est moins attentif. Il ne comprend plus immédiatement (si immédiatement).
Celui qui veut être compris aurait donc intérêt à soigner sa syntaxe.

D'autre part, je ne suis pas totalement d'accord avec l'idée qu'une construction avec ou sans syntaxe laisse passer autant de sens; elle en laisse peut-être passer autant, mais pas tout à fait le même.
Comparons «C'est un sondage sur en gros à quelles institutions font confiance les Turcs» et «En gros c'est un sondage destiné à évaluer le degré de confiance des Turcs envers diverses institutions.» (p.39 et suiv)
La première phrase est plus vague que la deuxième, elle laisse davantage de latitudes à l'auditeur, elle lui donne moins de renseignements.

J'analyse de la même façon l'écart entre les deux versions laitières: «On s'est beaucoup interrogé sur France-Yaourt sur comment combiner un maximum d'onctuosité avec une authentique culture zéro calorie» et «Au sein de l'entreprise France-Yaourt, nous nous sommes beaucoup interrogés sur ceci: comment concilier la plus grande onctuosité concevable avec notre solide tradition de laitages à très basse teneur calorique?»
D'ailleurs entre les deux phrases, Renaud Camus doute: «Il est très possible que cette personne veuille dire en fait:» (p.78) Bien sûr, cette incise est doucement ironique, cependant, elle reflète une réalité, il est bel et bien possible de donner plusieurs versions de la phrase initiale qui est moins précise. Si se faire comprendre consiste à essayer d'exposer sa pensée au plus juste, alors la première version de la phrase n'accorde pas beaucoup d'importance au fait de se faire comprendre: il lui suffit qu'on comprenne à peu près l'idée.

Il est d'ailleurs fascinant d'observer le découpage de sens qu'opère la précision. La précision restreint le sens, il y a moins de sens (moins d'interprétations) possibles pour l'auditeur ou le lecteur, mais elle l'approfondit, elle lui donne davantage de poids, elle lui donne davantage de sens: le champ est rétréci et approfondi. En prenant la peine d'un détour par la syntaxe, on autorise à l'autre un accès plus profond à sa propre pensée, ce qui est aussi ce qui permet d'engager un dialogue: c'est souvent sur les détails que l'on va discuter, une fois l'idée principale admise. La syntaxe respecte l'autre dans la langue, elle lui donne accès à ma pensée et permet donc le dialogue.

Renaud Camus lusophile

Message de Renaud Camus en réponse à l'extrait d'André Maurois : «le portugais sans peine».

Oh comme je vous suis reconnaissant, Véhesse, d'avoir retrouvé cette page qui fut si chère à ma prime jeunesse ! Voilà ce qui me faisait tordre de rire à quinze ans ! Je crois aussi que toute mon ardente et fidèle lusophilie est sortie de là. Comment ai-je pu être assez bête, non pas pour "jeter", n'exagérons pas, mais pour ne pas garder, Les Silences du colonel Bramble et Les Discours du docteur O'Grady ! A l'âge ingrat, si bien nommé, et qui chez moi a bien duré une trentaine d'années (je ne suis pas sûr d'en être tout à fait sorti), ces livres me paraissaient indignes d'une bibliothèque un peu exigeante. Comme on est bête quand on a dix-sept ans, vingt-sept, trente-sept, etc. (Entoukamoi). Je constate avec grand plaisir qu'André Maurois, contre toute espérance, et comme tant d'autres avant lui, opère un timide come-back, et que son "journal", récemment publié, est salué par de nombreux articles favorables.

Dernier souvenir, si vous permettez : à la suite de sa Lettre à un jeune écrivain (1960 ? 62 ?), je lui avais écrit, et il m'avait très gentiment répondu. Je suis sûr que j'ai encore sa lettre, mais où ?

Maniérisme

Dans Il pleut, embrasse-moi, Pascal Sevran encense le journal de Renaud Camus, tout en reconnaissant qu'il faut lire «au-delà du maniérisme revendiqué de l'auteur.» (entrée du 7 avril)
Voilà une opinion intéressante: y a-t-il un "maniérisme revendiqué" par Renaud Camus?


Le Petit Larousse indique : «[...] 2/BX-A. [...] se caractérise par des effets recherchés de raffinement ou d'emphase, par l'élongation élégante des corps, parfois par une tendance au fantastique [...] 3/ PSYCHIATRIE. Caractère des moyens de communication empreints d'affectation et de surcharges qui les rendent discordants.»

On peut relever de l'affectation dans le soin apporté à la construction des phrases, à la syntaxe, et bien sûr dans le choix du vocabulaire, recherché voire rare (je me souviens des premières pages d'Eloge du paraître qui disent à peu près "si cela vous a permis d'acheter un dictionnaire, c'est déjà ça"), ou l'emploi de mots courants dans leur sens ancien (ce n'est désormais plus sans un certain frémissement que je prononce "glauque", "ravi", "étonné"). Le jugement de maniérisme est donc exact. Cependant, au quotidien, ce mot est chargé de connotations négatives, on pense moins à une recherche de raffinement et d'élégance qu'à un m'as-tu-vu-isme ou un snobisme de l'auteur. Il manque de naturel, le mot est lâché, et le crime est grand.

Cela me fait penser à cette critique. J'ai été surprise qu'elle mélange des points de vue qui me paraissent très justes («tout au long du récit plane une angoisse qui excède la figure du chien. Elle porte sur l'impossibilité d'aimer Renaud Camus») à des remarques qui me semblent plus bêtes: d'une part le critique semble considérer que RC n'écrit par ailleurs que des journaux, d'autre part elle semble prendre très au sérieux les "archaïsmes" utilisés: «Comme à l'ordinaire, Renaud Camus écrit avec désinvolture et fermeté dans une langue que je trouverais parfaite s'il ne s'y mêlait quelques tournures archaïsantes, comme fors pour dire «à part». (Le Journal multiplie les «Dieu sait!», «Peu m'en chaut!», ou plutôt «Peu nous en chaut» car l'auteur affectionne le nous de majesté, cette défroque.) À ces peccadilles près, la langue de Camus est d'une tenue qui ne se rencontre plus.»
Je trouve cela très étonnant: se pourrait-il que Claude Habib suppose que l'utilisation de ces tournures n'est pas un jeu, qu'elle les prît au sérieux? Se pourrait-il que je me trompasse, que ce ne soit pas un jeu, qu'il faille les prendre au sérieux, et non comme le signe d'un écart à (et d'une maîtrise de) la langue, d'un détour, d'un recul, mais aussi comme le signe du plaisir à utiliser des vieux mots, à les sortir des malles, à leur faire prendre l'air, car sinon, qui s'occupera d'eux?

Je recherche lorsque je lis ces écarts, ces signes précieux dans les deux sens du terme qui loin de figer la langue redonne vie à des tournures qu'on utilise sans y penser.
Je me souviens de la première fois que je me suis rendue compte du phénomène, c'était en lisant L'Élégie de Chamalières: «Il ne nous fut plus nécessaire d'épeler et de répéter, au moindre bout de champ, le nom de notre ville [...]» (p.24 éd Sables) "Ce moindre bout de champ" est pour moi une source de rire et d'émerveillement, dans sa simplicité et son inattendu. C'est une trouvaille, maniérée, sans aucun doute.
Autre exemple, cette phrase que je chéris en exergue de L'Inauguration de la salle des Vents: "les mots me faillent". Ces tournures anciennes et réanimées sont multiples, elles paraissent naître si naturellement sous les doigts de l'auteur que je me souviens dans un échange privé avoir contemplé avec stupéfaction une madeleine proustienne devenue cake.

D'autre part, il me semble que l'utilisation de ces tournures maniérées est l'une des sources de l'impression de comique qui se dégagent de certains passages. «Sur une autre chaîne ce sont Maryvonne, Hervé, Jalil et Bronislav qui s'apprêtent à gagner des millions en tapant de la paume sur une clochette, devant eux, car ils connaissent la bonne réponse et ne veulent pas être le maillon faible.» (Syntaxe p.101) La parfaite tenue de la phrase s'oppose au ridicule du contenu. Bien sûr, le comique naît aussi du télescopage des émissions de télévison et du choix des prénoms quand on connaît les agacements de l'auteur, cependant, quand plus personne ne saura ce qu'étaient ces jeux, il restera «de la paume, sur une clochette, devant eux», qui dans sa trop grande et parfaite précision (de la paume, mais oui, c'est vrai, je n'y avais jamais fait attention (et ce mot paume, qu'on n'utilise jamais à moins d'en avoir réellement besoin)) fait rire en insufflant (en restituant?) du ridicule à la scène.

L'article de Claude Habib m'aura fianlement fait prendre conscience que le téléscopage des niveaux de langage est un des ressorts de l'humour camusien.


Ce message était à l'origine déposé sur le forume des lecteurs de Renaud Camus. Certains ont protesté parce que je reconnaissais de l'affectation à leur écrivain. J'ai mis en ligne le résumé suivant:

Résumons: je décide de commenter l'expression du maniérisme revendiqué de l'auteur pour en étudier la validité: est-elle vraie, est-elle fausse, la vérité est-elle ailleurs?
J'arrive aux conclusions suivantes:
- il existe une affectation (exemples)
- cette affectation puise dans l'utilisation de mots ou d'expressions obsolètes ou celle de l'imparfait du subjonctif (supprimé des programmes scolaires depuis 1901, rappelons-le)
- mais loin de figer la langue, elle lui donne un charme nouveau en détournant le sens de syntagmes figés et en créant de nouvelles assonances. Elle éveille l'attention à des mots auxquels nous ne faisions plus attention. («un grand écrivain taille dans sa langue une langue étrangère et qui ne préexiste pas.» Deleuze, Critique et clinique)

Ou encore :

Les seules personnes qui défendent la langue française (comme l'armée pendant l'affaire Dreyfus), ce sont celles qui l'attaquent. Cette idée qu'il y a une langue française, existant en dehors des écrivains, et qu'on protège, est inouïe. Chaque écrivain est obligé de faire sa langue, comme chaque violoniste est obligé de faire son son.
Lettre du 6 novembre 1908 de Marcel Proust à Mme Strauss

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