Véhesse

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Billets pour la catégorie Camus, Renaud :

samedi 24 octobre 2009

Le dédicataire de ''Loin''

- septembre 2006 : mort de Casimir Estène
- février 2008 : mort d'Alain Robbe-Grillet

Et j'ai la sensation que Loin, dédié au premier, est plutôt un hommage au second, un hommage non constant, fugitif, en pointillé, mais un hommage tout de même, un souvenir en arrière-texte.

Relisant pour une recherche les pages concernant le voyage avec les Robbe-Grillet au Brésil en 1994, je me disais que Renaud Camus aurait pu écrire un bel hommage funèbre pour cet homme qu'il avait bien connu.

samedi 17 octobre 2009

Loin

— [...] Vous avez toujours l'air d'vous foutre de la gueule des gens.
— On a toujours l'air d'se foutre de la gueule des gens?
— Ben oui, quand même, pas mal.
— Ah bon ?
— Oh, arrête !
— Lui, peut-être, mais moi, non.
— Si, si, pareil. Ouais, bon, toi c'est p'têt plus discret, pa'ce que t'oses pas, t'as moins les moyens, ou alors t'es plus malin, t'es plus... putain, comment qu'on dit, déjà?
— Mais je ne sais pas, moi...
— Mais si, plus... Plus tordu quoi, plus... qui fait des détours. Mais en fait c'est pareil: on ne sait jamais si vous êtes sérieux ou quoi...

Renaud Camus, Loin, p.128

C'est un peu le principe de ce livre: jusqu'où Renaud Camus se moque-t-il de nous, ou à partir de quand? Suppose-t-il une complicité des "vieux" lecteurs, des lecteurs avertis, pour ne se moquer que de ceux qui le liront sans arrière-pensée? Et pourtant, tout peut être lu au sens littéral, au ras du sens, et pourtant, tout peut (ou doit?) être mis en perspective...
Par moments, impossible de ne pas penser "il exagère tout de même", "et dire que certains vont gober ça tout rond" [1]; mais ailleurs, quelle douceur, toute de lyrisme champêtre dans une langue qu'on ne parle plus.

Esquisse à grands traits

Alternance des chapitres de descriptions et de dialogues. Grande aisance dans les dialogues courts, plus de lourdeur dans les dialogues longs, qui se font démonstrations.
Alternance de visions courtes, dans la pièce, et de visions larges, embrassant l'horizon. De même, alternances de situations/actions et de dialogues/réflexions politiques, psychologiques. Passages de dialogue indirect libre, un peu ampoulé, délibérément artificiel, pas désagréable mais surprenant, désuet.
Fragments, lambeaux, morceaux, d'affiches, de phrases (les graffitis), de discours (la radio, la publicité), de musiques, d'objets, de détritus, perte et accumulation d'un même mouvement. Décomposition et rumeur du monde. Laideur, beauté, inversion (cas du réservoir devenant romantique par la magie des mots (p.77)).
Les noms, les villes, les routes, les carrefours, les noms comme carrefours. Des choix à faire, l’irréversibilité des choix, les lieux et les actes comme si c’était la dernière fois, l'espace d'une vie temps trop court, le temps dans un seul sens abolissant la mémoire.
Parfois invraisemblances (Ono ne peut demander à utiliser "la salle d'eau" (p.52), le vocabulaire et le style du prêtre sont improbables, sans doute extrapolés à partir des affiches et bannières exposées dans nos jours dans les églises. Or les uns ne se déduisent pas des autres).
Solitude, agacement, mais aussi jubilation, amusement, "sourire dans la moustache". Une sorte de bienveillance, de curiosité. Il n'y a pas, ou peu, attaque, mais désengagement, retrait. Cf. Le Royaume de Sobrarbe, p.79 : « Je ne comprends rien au monde (sauf qu'il n'a jamais l'air d'avoir prévu mon cas).»
Plus le voyageur monte vers le nord, plus les descriptions de paysage se font peintures à la manière de Constable.

Lecture à la manière de Kinbote

Quelques mots à la manière de Kinbote, parlant davantage de moi que du texte, peut-être, et de toutes mes associations et sensations de lecture.
D’une certaine façon, je ne peux plus lire, en tout cas lire Renaud Camus, sans aussitôt entendre des échos, sans que se présentent à moi d'autres textes. Je tente ici l’identification précise de ces impressions de déjà lu ou entendu ou ressenti.
Rien de synthétique, donc, mais des impressions au fil des pages.

Impressions décousues pour un livre sans autre unité que le désir de retrait, patchwork assemblé, certains diront «maladroitement», je pense pour ma part «malicieusement».

Le début ressemble à un scénario et m’évoque les lignes de Journal de Travers sur Un flic, film de Melville (p.1006), qui sont reprises dans L’Amour l’Automne. Je songe aussi au début de L’Inauguration de la salle des vents, à la façon d’arriver vers le château de Plieux, puis à toutes les descriptions trop précises, géométriques, du Nouveau Roman (Robbe-Grillet dans La jalousie, en particulier).
Je pense à du Claude Simon avec virgules; j’attends (en vain) de voir surgir la machine agricole rouillée de La bataille de Pharsale.
La maison encombrée de livres: l'homme qui s'installa à l'hôtel un beau jour, abandonnant sa chambre aux livres (dans le journal 2004 ou 2005).

Grande douceur des dialogues avec la jeune fille, due à la politesse des réponses, à leur bienveillance. Sorte de démonstration par l'exemple de la douceur instaurée par la forme, qui n'empêche pas l'humour camusien (ou plutôt l'inverse : qui permet, qui soutient, l'humour camusien):

— Oh ben quand même... Vous avez pas d'portable, vous?
— Non.
— On vous l'a piqué?
— Non, je n'ai jamais eu de portable.
Jamais eu de portable? Mais comment vous faites, alors?
— Comment je fais quoi?
— Ben j'sais pas: si on veut vous appeler, ou ben pour appeler vos copains, vot' copine, je sais pas...
— Personne ne veut m'appeler. Enfin je ne crois pas...
— Ben oui, comment vous pouvez savoir si on voudrait pas, si on pouvait?
— Vous avez raison. Je suis peut-être beaucoup plus populaire que je ne le pense. [...]
Ibid. p.33

Et la façon de tourner autour de Chalmont (p.44) me fait songer au labyrinthe circulaire des Gommes.

Au passage, noter les changements de temps, de points de vue. Le lecteur est soudainement tenu à distance, le texte glisse par instants dans l'intemporel. (Exemple: «... ne demeureront à la fin du repas...», «On apprend...» (p.64)) Discours indirect libre. Anecdotes qui serrent le cœur traitées banalement, racontées d'une voix égales par la jeune fille: plus de hiérarchie des valeurs, pas d'indignation devant l'inacceptable, aucune notion de l'inacceptable.

La visite au cousin est l'occasion de brasser quelques thèmes chers à Renaud Camus, de faire une exposition de ses désirs et du monde comme il lui échappe. Le problème de l'origine (le père de Jacques, le mariage mal assorti, la différence de fortune entre les conjoints: les parents de Renaud Camus?), le problème de l'argent, la nécessité pour gagner beaucoup d'argent, non pas de beaucoup travailler, mais d'être obsédé par l'argent, d'y accorder tous ses soins, etc.

Avec l'arrivée de Matto, glissement vers le roman de gare, connivence de l'argent et du vice, du politique et du pipole. Ou Robbe-Grillet, Projet de révolution à New York, etc. Qui détient le pouvoir, où sont les lieux de pouvoir? Théories politique et économique, le parti de l'in-nocence n'est pas loin.

p.150: scène tout droit tirée des discussions sur le forum du parti de l'in-nocence.

Puis abandon des livres p.152. (p.155: correspond à la mort du père de Renaud Camus. Cf La salle des Pierres, p.106). Dessaisissement, éloignement, allègement.

Les églises fermées «Il aimait profondément les églises» (p.170), le dialogue avec le curé p.175 (et c'est Fénelon qui a été abandonné...) [2].

Le retour d'Ono. L'affaire de Jacques : l'affaire du banquier Stern, également utilisée dans L'Amour l'Automne (expliquée plus loin: autour des pages 252).

La scène du tunnel : mille pompons, plutôt que ce soit Didier Goux qui imite Renaud Camus, c'est Renaud Camus qui imite Didier Goux! Ou plus exactement, c'est La dictature de la petite bourgeoisie transposée dans un Brigade mondaine!
Renaud Camus vient d'essayer une nouvelle méthode de persuasion du lecteur en utilisant un style tout ce qu'il y a de kitsch! Mdr!
Plus classiquement on songe à Robbe-Grillet, toujours, et à cette scène du Journal de Travers p.1161, dans laquelle le diariste répond au téléphone un sexe dans la bouche («— Won, ju dihhh : deuwwwou ?»)
Je songe aussi à la nomination de Loin pour le Grand Prix du roman de l'Académie française. Si Renaud Camus l'obtenait, avec un livre contenant ce genre de passage, ce serait vraiment la confirmation de tout ce qu'il pense de l'époque, une espèce de démonstration par l'absurde... j'en ris à l'avance.
Je songe à S/Z, «que pourrait être une parodie qui ne s'afficherait pas comme telle?», et à sa dernière phrase, «et la marquise resta pensive»...

Dernière partie, la plus lyrique, ou plus exactement dans laquelle Renaud Camus laisse pour une fois libre cours à sa pente, le lyrisme du paysage, peignant de Constable à Füssli, selon la saison et la brume:

L'avancée se fait à présent vers l'ouest. Tout est touffu, moutonneux, rebondi, somnolent, et comme ouaté par l'hiver. De hauteurs molles et veloutées on domine de longues traînées de brume, qui parfois s'épaississent en de vastes mers blanches dont les grosses vagues laiteuses viennent battre en silence contre des haies, des barrières, les sabots et le chanfrein d'un épais cheval blanc dont le souffle bruyant, soudain, la surprend au-dessus de sa tête, une fois qu'elle s'est accroupie au coin d'un champ, près de la route minuscule, et que lui fait quelques pas sur l'herbe blanche, en se frottant les mains pour se réchauffer.
L'animal n'est pas effrayé par le geste d'effroi ou de surprise de la femme, et l'homme qui se rapproche ne le trouble pas non plus. Il n'est ni apeuré ni menaçant. Il est seulement là, très là, très présent, large de front et de poitrail, naseaux fumants dans le froid, et cheval on ne peut davantage, bien que son corps même soit englouti par le brouillard dès son musculeux garrot, et qu'on ne distingue même pas sa croupe blanche, avalée par la blancheur.
Ibid., p.237

Le cheval tel de la brume solidifée. La présence, l'évidence d'être là, les italiques signalant l' equus equus, l'essence du cheval, l'idée de cheval, selon un procédé que nous connaissons bien: caminus caminus).
On voit ici quelques tableaux et précisions qui n'ont pas pris place dans les journaux: les routes sur lesquelles on ne peut se croiser, la brume, les milliers de moutons, la poupée barbie [3]... Ce sera peut-être dans des journaux à venir.
Le frère et la sœur poètes pré-romantiques : sans doute William et Dorothy Wordsworth (p.278).
La nature, la solitude, comme des drogues fortes, dont il faut des doses de plus en plus fortes.
Claude Simon, La bataille de Pharsale: «jaunes, et puis vertes, le temps d'un retournement de la bourrasque, et puis jaunes de nouveau...» (p.291).
Cette façon de partir sur les traces de la sœur diariste: m'évoque Pound sur les traces de Bertan de Born.
«Et il comprend à merveille l'attachement passionné du poète et de sa sœur pour ce morceau de province escarpé et lacustre, qu'on croirait un vestige oublié du monde d'avant la chute.» (p.287), un monde d'avant Paradise Lost (p.52).
Cette fin m'évoque deux images : celle des Aventures de Gordon Pym, disparaissant dans la blancheur sans explication, et la vie idéale de W. Thoreau dans la nature intouchée du Nouveau monde.

Testament aussi que ce livre, comment ne pas y penser? Même s'il était écrit avant la mort de Mme Camus, comment ne pas penser: «Que va-t-il se passer?», quelle part de fiction, de souvenirs, de rêve, de projet, contient Loin?

Notes

[1] Mais évidemment, impossible d'être sûr de ces moments: simple intuition, simple sensation que "quelque chose ne colle pas".

[2] Je confirme, Rosenzweig, c'est bien. (p.190).

[3] ce qui nous donne une date: 3 août 2007, un lieu, et le nom de Robbe-Grillet

mercredi 14 octobre 2009

Deux camusiens

Le blog d'Emmanuel Fontana (en italien, mais aussi en français)

Le projet de Denis pour les trente ans de Journal d'un voyage en France.

lundi 12 octobre 2009

Index croisé des références touchant Renaud Camus

Il existe un index à partir de tags. Ici, c'est plutôt un jeu, un lent tricotatge.
Travail permanent. Si un lien est brisé, merci de le signaler en commentaire.


  • A

A propos de Renaud Camus - Jean-Pierre Salgas

Académie française - pas de siège réservé aux homosexuels, le sort de Vigny

achrien

Ada de Nabokov - Ladore/Mont-Dore

"Affaire Renaud Camus" - positionnement en fonction de l'amour-propre et vérité sur le Panorama

Aguets - quatrième de couverture, tant de monuments et si peu d'événements

Albert - Camus, de Monaco

les amis du désastre - cité par Éric Conan et dans Outrepas

amour - prouvé par la mort

L'Amour l'Automne - Carmen Sylva, la Roumanie, annonce du projet de ce livre

amour des garçons - Eros trompeur

amuïssement - dans Le département du Gers

anagrammes - une des clés des Eglogues, théorisée dans Les mots sous les mots de Starobinski, une analyse des anagrammes latins par Saussure

ange - dans Passage, la plaque de bronze, décuvage de poussière d'ange, les frères Wright

Anouilh, Jean - Renaud Camus acteur

grimper sur l'armoire

la forêt des associations

au temps pour moi, le combat de Cratyle et Hermogène

auteur - impuissant à expliquer ce qu'il fait

  • B

Jan Baetens - Une vie de refus, l'impossible identification des citations, quelques mots sur Roman roi; quelques mots sur Valery Larbaud, Les mesures de l'excès consacrées aux Eglogues

Jan Baetens - Etudes camusiennes, l'indulgence camusienne pour les écrivains contemporains, RB, herbé, l'importance des noms dans les Eglogues

bathmologie - définition selon Barthes, Blaise Pascal et Pierre Force

Roland Barthes - son opinion sur le naturel, quelques mots sur RC dans Incidents

bâtard - ardents légitimistes;

"and then to bed" - Journal de Pepys : Fendre l'air p.185

bibliothèque - une tête comme une tour aménagée en bibliothèque (Proust)

bicyclette - dans Passage, dans Echange

bonheur - les souhaits et l'exaucement

Michel Braudeau critique ''Vigiles

Buena Vista Park - compte-rendu hésitant, la pochette et Têtu; les cartes (de Roman Roi); trois juifs paranoïaques ; les femmes aveugles ou trop indulgentes par rapport au laisser-aller des hommes

  • C

caminus caminus - explication via cavatina cavatina

Albert Camus - repas à Monaco

Carmen Sylva - L'Amour l'Automne, Roman Roi, Outrepas

La Caronie

carte - dans Buena vista park

Fidel Castro - horreur de

Paul Celan - dans L'Inauguration

cendres prisées pour de la coke - Été et Journal d'un voyage en France

«Chantelle, ô Cantilia !» Larbaud et Journal d'un Voyage en France

château - une tête comme une tour aménagée en bibliothèque (Proust)

Chateaubriand - René dans Ada de Nabokov

cirque - la famille d'Orfeo

citations - l'impossible identification

coïncidences - premiers repérages

Collège de France - William Burke indispensable à la leçon inaugurale

Corée l'absente - le jeune homme qui pompe une image

crépi - dans Retour à Canossa

critique - absence de

culture - ce qu'on n'a pas lu

  • D

danse - Roman roi

Dauphine, Renault - les noms de voiture

Del Guidice, Le stade de Wimbledon - allusion manquante dans Outrepas

Demeures de l'esprit - France I - Sud-Ouest - Commentaires, Loti, Vigny

Le département du Gers - domicile de Dieu, l'amuïssement de la langue

Olivier Deprez - sur l'écriture camusienne

Jacques Dewitte - articles sur Orwell et la novlangue (note dans Syntaxe)

La Dictature de la petite bourgeoisie - faire taire les morts, origine sociale et culture

Les demeures de l'Esprist, France, Sud-Ouest - tentative de bibliographie: Bertran de Born, Fénelon, Bernart de Ventadour, Champollion

Le département du Gers - l'amuïssement

Du sens - race juive; compte-rendu, hiérarchie et grammaire, le féminin des noms, Vania, la chienne très aimée, la mort de Vania

  • E

Échange - comme une partie de le tennis, quelques mots de Marianne Alphant, Vania, la chienne très aimée, le château de Landogne, les frères Wright

L'écriture, la vie, le personnage - Blanchot contre Camus

l'écriture camusienne - une analyse de Sjef Houppermans in Renaud Camus érographe, un article d'Olivier Deprez, l'auteur crée sa matière avant de la tailler

Eglogues - annonce de la réouverture du chantier

L'Elégie de Budapest - compte-rendu

L'Élégie de Chamalières - compte-rendu

Elégies pour quelques-uns - "Que me veut cet at home obèse?", p.105 (Paul Verlaine - Parallèlement, «Laeti et errabundi»)

Été - Travers II - cendres prisées pour de l'héroïne, Othon dans L'Ecart

L'Étrangèreté - le naturel

Est-ce que tu me souviens ? - premier défrichage et quelques mots de Marianne Alphant

excuses - (absence de]

  • F

familiarité - détestation

Fendre l'air - "Que me veut cet at home obèse?", p.316 (Paul Verlaine - Parallèlement, «Laeti et errabundi»)

feuilletage - la lecture

fleur sur le plancher : expression que l'on retrouve dans plusieurs livres, qui s'avère être une référence à un livre de Starobinski sur les anagrammes de Saussure, aujourd'hui réédité.

folie - W en hôpital psychiatrique, surdétermination des Eglogues

Claude François et Lino Ventura : une comparaison

Front National - l'impossible débat, les raisons d'un vote

futilité - Roman roi

  • G

Les Garnaudes - des photographies

généalogie de la maison d'Espagne - Théâtre ce soir et Journal de Travers

goût paysan - dans Retour à Canossa

Julien Green - RC se présente à son fauteuil

Guibert, Hervé - L'Incognito, Quickly, surnom de Camus

  • H

habiter en poète - le château de Landogne

Hänon infréquentable

Hapax - et les chats, l'immobilité de la vieillesse

heure - précision dans le journal

Alfred Hitchock - The Lady vanishes

honte : tout confesser pour s'épargner la honte; RC ne s'excuse jamais

Houppermans, Sjef - l'écriture camusienneanalysée in Renaud Camus érographe

humiliation - les souvenirs d'enfance

Huttington - a tort d'avoir raison

hypertexte - cf Vaisseaux brûlés

  • I

île - diverses sources

L'Inauguration de la salle des Vents - premières pistes, chronologie et concordances des temps, la première phrase de Passage, plusieurs voix, fragments de phrases (phrases préférées), la plaque de bronze, compte rendu, les sources dans Vaisseaux brûlés, chien et chat, le peu profond ruisseau, leçon inaugurale au Collège de France, Lenz et Celan, Vania, la chienne très aimée, la temporalité

L'Invention de Morel de Adolfo Bioy Casarès dans L'Inauguration de la salle des Vents et Vaisseaux brûlés

  • J

jardinier -

je - les "je" du rang et les "je" plus avancés

je n'aime pas - la familiarité

Jeanne Bresciani

joie - le rire dans Tricks

journal - commenter les journaux en présence de RC, l'imposition de la forme à la vie quotidienne et les décalages temporels, «Ce qui n’a pas été écrit n’a pas été vécu.», sûr moyen de se faire haïr, une enquête sur la vie, l'auteur est-il un héros, la notation du dérisoire, catalyseur de souvenirs, cruauté du diariste

Journal d'un voyage en France - Ladore/Mont-Dore, Lucette, ''René'', Chateaubriand dans Ada de Nabokov, «Chantelle, ô Cantilia !», le château de Landogne, les cendres prisées pour de la coke, les photos de Denis

Journal de Travers - généalogie de la maison d'Espagne

Jounal romain - un concert

juif - définition de la race juive; obsession dans Travers, Roman Roi, Elégie de Budapest, Discours de Flaran, Du sens, Buena Vista Park; trois juifs paranoïaques

  • L

Patrice de la Tour du Pin - cité sur la SLRC, présent dans Corée l'absente

labrador - une raison de lire Renaud Camus

Ladore - dans Ada de Nabokov

Landogne - dans Echange, Journal d'un voyage en France et la chronologie

Valery Larbaud - selon Baetens

Jean-Marie Le Pen - article refusé par Têtu au moment de l' "affaire", l'impossibilité d'évoquer le Front National

légende - erreur Passage

Paul Léon - professeur, auteur d'un article sur le regard

Lenz - dans L'Inauguration

libraire - leur hostilité

l'amour des lieux - Vaisseaux brûlés

livres et lecteurs - leur rencontre impossible dans Loin ou Le Royaume de Sobrarbe

Loin - compte-rendu, la rencontre miraculeuse des livres et de leurs lecteurs

Pierre Loti - Carmen Sylva, sa maison de La Rochelle

Lucette - personnage de Ada de Nabokov, cité dans Journal d'un voyage en France;

  • M

Stéphane Mallarmé - le peu profond ruisseau

mariage - de Renaud Camus

matière de l'écriture

McCarthy, Mary - croire aux signes, la forêt des associations

mort - Vania, l'amour prouvé par la mort

musique - description d'une symphonie dans Roman Roi, concert à la Villa Médicis

  • N

le naturel - L'Etrangèreté répond à Outrepas et opinion de Barthes.

Vladimir Nabokov - Odon acteur dans "Evasion de Zembla"; Ladore/Mont-Dore dans Ada

Nom - leur importance dans les Eglogues

nuit - rendre la nuit arpentable

  • O

Orfeo, le dompteur sur les murs de Rome, sa famille

Onomastique - l'importance des noms dans les Eglogues . voir plus bas pour Roman Roi

Outrepas - Claude François et Lino Ventura, la censure (parler du Front National), pourquoi certains Français votent-ils Front National, laisser les autres faire le sale travail, les crétins des partis politiques, la sœur de RC trouve Vie du chien Horla sympa, le bonheur, le rôle de la SLRC, les amis du désastre, le naturel

  • P

P.A. - la nuit des autres

Pale Fire, de Nabokov - Odon acteur dans "Evasion de Zembla", préface de Mary McCarty

parti politique : l'entrée en politique, les crétins, un projet artistique

Passage - variation sur un ange, compte-rendu, critique d'Angelo Rinaldi, le tennis selon Marianne Alphant, la première phrase reprise dans L'Inauguration, des explications sur les premières pages, erreur dans la légende d'une photo

Passage de Milan de Michel Butor - thématique du reflet, de la réflection et de la transparence

Pepys, journal - "and then to bed" - Fendre l'air p.185

personnage - absence de dans les Eglogues, le personnage entre vie et écriture chez Blanchot et Camus

Plieux - le château, visite de la SLRC

pochette - Buena Vista Park et Têtu

poupée Barbie - hommage à Robbe-Grillet dans Loin

poussière d'ange

Marcel Proust - Les plinthes chocolat et le goût de Françoise

  • Q

"Que me veut cet at home obèse?" - Verlaine, Parallèlement, «Laeti et errabundi» : Fendre l'air p.316; Elégies pour quelques-uns, p.105

  • R

race juive - Du sens, définition

Raquel Welsh

Georges Raillard - Camus, comme Nabokov selon Sartre, aurait-il trop lu

Rannoch Moor - compte-rendu, le courage de ses rêves

reflet, réflection - incipit de Passage de Milan de Butor

regard - celui des homosexuels, des hétérosexuels, des femmes, sur les hommes

les reines - Victoria, Mary surnommée "le Dragon", Élisabeth II

Renaud Camus - portrait par la presse en 2000

René de Chateaubriand - dans Ada de Nabokov

rêve - le courage de ses rêves

Retour à Canossa - les souhaits, les mauvaises ondes, le journal, sûr moyen de se faire haïr, pourquoi lire Renaud Camus, le crépi et Proust, projet de traduction, compte-rendu, pas de siège réservé aux homosexuels

rhizome - Marcheschi cite Deleuze

Angelo Rinaldi - critique de Passage, critique de la critique dans Travers, Rinaldi critiqué par RC dans Vigiles, ce qui fut souligné par Braudeau

Alain Robbe-Grillet - hommage dans Loin

Roman Roi - les personnages. la reine Hélène, la reine Amélie, Hänon l'infréquentable,

Roman Roi - onomastique. Ladore, Tinit

Roman Roi - exergue. futilité et danse

Roman Roi - les cartes (dans Buena Vista park); quelques mots de Jan Baetens; compte-rendu, la Caronie

Roumanie - L'Amour l'Automne, Roman Roi, Outrepas

Raymond Roussel - sa mort à Palerme

peu profond ruisseau - la mort dans ''L'Inauguration]

  • S

Jean-Pierre Salgas - à propos de Renaud Camus

Rémi Santerre - Renaud Camus est Othon dans L'Ecart

secret - tout exposer pour s'épargner la honte

Sida - hommage aux aimés dans L'Inauguration de la salle des Vents

signes (croire aux) - préface de Mary McCarty

SLRC - son rôle, visite à Plieux

sœur de Renaud Camus : lit Vie du chien Horla

Sommeil de Personne - précision de l'heure, l'auteur ne sait pas s'expliquer

souvenirs des autres - Jean Puyaubert, Roman Roi, etc

Le stade de Wimbledon de del Guidice - allusion manquante dans Outrepas

subjonctif imparfait - un plaisir, non une obligation

surdétermination des Eglogues

Syntaxe - conférence en Sorbonne

  • T

Têtu: article refusé au moment de l' "affaire"

Théâtre ce soir : compte-rendu, généalogie de la maison d'Espagne , première annonce

traduire Renaud Camus - quelques notes, un projet, quelques mots de hollandais

transparence - incipit de Passage de Milan de Butor

Tricks - premier compte-rendu, la joie

  • V

Vaisseaux brûlés - stratégies de lecture, contraintes et avantages de la forme, la vieille demoiselle sur une armoire, Elégie pour quelques-uns en hollandais, The Lady vanishes, les lieux (poser le livre, Nohant, Kodaly, etc), les sources de L'Inauguration, habiter en poète, une vie tellement normale, Renaud Camus décrit par la presse en 2000

Valerio

Vania - la chienne très aimée, sa mort

Véhesse - hapax

Lino Ventura et Claude François : une comparaison

Paul Verlaine - Parallèlement, «Laeti et errabundi», "Que me veut cet at home obèse?" : Fendre l'air p.316; Elégies pour quelques-uns, p.105

La vie et l'écriture, le personnage - Blanchot contre Camus

une vie tellement normale - Jeanne Bresciani

Vie du chien Horla : la sœur de RC trouve ça sympa

vieillesse - l'immobilité gagne Hapax

Vigiles - critique d'un livre d'Angelo Rinaldi, la familiarité, critiqué par Michel Braudeau, Renaud Camus feuillette Barthes aux cabinets

Alfred de Vigny - son château de Maine-Giraud, sa réception à l'Académie française

Villa Médicis - par François Canovas

Vivre à découvert - tout exposer pour s'épargner la honte

  • W

What's in a name ? - Camus

les frères Wright

  • Z

Zembla - Zenda

mardi 6 octobre 2009

Demeures : Bertran de Born, Fénelon, Bernart de Ventadour, Champollion

Je reprends ma tentative d'épuisement bibliographique.

Bertran de Born

- Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires
- Eugène le Roy, Jacquou le Croquant
- Dante, La Divine Comédie (traduction Jacqueline Risset, 1985)
- Augustin Thierry, Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands, de ses causes et de ses suites jusqu'à nos jours en Angleterre, en Ecosse, en Irlande et sur le continent, tome X
- Dante, De vulgari eloquentia
- Dante, Convivio
- Jacques Roubaud, Les Troubadours
- Richard Sieburth (notes et édition), Walking Tour in Southern France, Ezra Pound among the Troubadours (1922. Paru aux éditions du Rocher en 2005: Ezra Pound, Sur les pas des troubadours en pays d'oc)
- Ezra Pound, Near Perigord
- Le Seigneur-Troubadour d'Hautefort, l'œuvre de Bertran de Born, traduit par Gérard Gouiran, Université de provence, Aix-en-Provence, 1987
- Ezra Pound, Cantos pisans

Magnifique château, nous dit Renaud Camus, tout sauf une demeure de l'esprit («En tant que maison d'écrivain, c'est une assez mauvaise plaisanterie.» (p.145))

Il n'importe, ce qui me plaît ici, ce sont les pages sur Ezra Pound; tout ce chapitre donne une furieuse envie de lire Pound:

Dans cette chanson [Sestina], on le sait peut-être, Bertran de Born, écarté de l'amour de sa dame, Maheut de Montagnac, recompose une femme imaginaire à partir de tout ce qu'ont de plus beau, chacune, des femmes réelles du voisinage; mais même en procédant de la sorte il ne parvient pas à créer une femme qui soit comparable à Maheut. Pound est persuadé que sous le poème d'amour peut se lire une précise et secrète signification politique; laquelle, curieusement, et c'est ce qui nous intéresse ici, aurait son répondant topologique dans le paysage des environs de Hautefort: les dames nommées dans le poème, en effet, ont toutes de puissants maris ou amants qui sont châtelains et seigneurs sur ces confins du Périgord et du Limousin où Bertran a tant guerroyé. Et le jeune Pound (nous sommes à l'été de 1912, il n'a pas encore vingt-sept ans) de prendre un train pour Angoulême et de marcher, marcher, marcher, de Châlus en Chalais et de Mareuil en Excideuil, convaincu de débusquer et de mettre en œuvre, ce faisant, les principes scientifiques de la philologie romane: c'est presque aussi fou, bien sûr, que la conviction de Saussure (dans les mêmes années) que tout la poésie latine n'est qu'anagramme, mais c'est nettement plus sportif. (...) Jamais la poésie ne fut plus érudite. Mais jamais l'érudition, non plus, ne fut plus poétique et poétiquement productive, car l'écho de ces courses folles, texte en main, se retrouve jusqu'en les Cantos pisans, écrit dans une cage de fer du camp-prison américain de Pise, en 1945. Or l'expérience était déjà évoquée en 1915 dans le poème Provincia deserta, qui fit découvrir Pound à Montale:
Depuis Hautefort, j'ai regardé vers le sud
J'ai pensé à Montaignac, là-bas, au sud.
Les mêmes thèmes sont repris et réorchestrés la même année dans Near perigord. On apprend cette fois que Bertan, après son détour par toutes les autres femmes et tous les autres châteaux du pays, est finalement persuadé que Maheut, sans lui, n'est rien d'autre que a broken bundle of mirrors[1]. C'est là le dernier vers du poème. Plus que la dame de Montagnac, il semble décrire ce que va être désormais la poésie de Pound lui-même. 1915, c'est l'année où pour la première fois, dans une lettre à son père (Glad you like the Perigord poem), apparaît le mot cantos. (p.150 à 154)

Fénelon

- Antoine Blondin, Les Enfants du Bon Dieu
- Emmanuel Carrère, Le Détroit de Behring
- Fénelon, Dialogues des morts pour l'éducation d'un prince
- Fénelon, Les Tables de Chaulnes
- Mallarmé, Un coup de dé n'abolira jamais le hasard, Le Tombeau d'Anatole
- Fénelon, Lettre à Louis XIV
- Fénelon, Explication des maximes des saints sur la vie intérieure
- Fénelon, Les aventures de Télémaque
- Fénelon, Correspondance

Evidemment, au passage, il faudrait lire Antoine Blondin:

Le royaume s'étendait de Gibraltar aux Carpathes, le roi distribuait des électorats et des grands-duchés comme des légions d'honneur, les Kirghizes lisaient Fénelon en sanglotant. (p.159)

(Diable d'auteur, comment ne pas aimer quelqu'un qui aime Les Kirghizes en sanglotant?)

Ici mon plaisir va aux phrases, aux fragments de phrases, dans la description stylistique ou biographique de Fénelon:
«[...] Lettre à Loui XIV : Racine écrivant sous la dictée de Vauban» (p.161); «Cet idiot de Grand Dauphin» (p.160); «les Tables peuvent aller rejoindre l'immense cimetière des plans sur la comète» (p.161), «le nom d'Ithaque, capitale de tous les retours» (p.164)

Et toujours la question du goût, et des états culturels:

L'admirable tympan roman, l'un des plus beau du Quercy, avec celui de Beaulieu-sur-Dordogne, ne paraît pas l'avoir frappé, ce dont nous ne saurions nous étonner — l'art roman n'a été inventé qu'un siècle et demi plus tard. Comme c'est troublant, tout de même, et instructif, et humiliant! Voilà une intelligence de premier ordre, incontestablement, et elle n'aperçois même pas, alors qu'elle a le nez collé sur elle, une œuvre d'art qui nous met en extase... Est-ce que nous ne pouvons voir que ce que distingue notre temps? Aimer, ou détester, que ce qu'il remarque? Penser, ou concevoir, que ce qu'il conçoit et pense? Mais que valent alors nos admirations et nos dégoûts, nos indignations et nos engouements? Les idées ne sont-elles que des modes, comme paraît l'insinuer le psittacisme de l'heure (de toute heure), et la réflexion la plus profonde (croyons-nous) est-elle soumise aux mêmes aléas que l'esthétique? L'histoire de la philosophie n'est-elle qu'une sous-section de l'histoire de l'art, ou plus simplement de l'histoire du regard? Et faut-il toujours en revenir à la question de Berenson, informé que Pie XII avait eu une apparition de la Vierge:
«Ah oui? Dans quel style?» (p.165 à 168)

Bernart de Ventadour

- Urc de Saint-Circ, Vida
- Jacques Roubaud, Les Troubadours

Ici, le brouillard est maximal. La noblesse et la poésie se fondent. Le temps a passé, et rien n'est bien certain, même le château s'effondre. Langue d'oc et trobar leu.
C'est autant de gagné pour la rêverie et les légendes.

Champollion

Le pire des chapitres, peut-être, avec celui concernant Maillol (le pire signifiant : donnant le moins le désir de se déplacer, donnant le désir de ne pas se déplacer).

Je n'ai pas trouvé de référence bibliographique, même allusive, dans ce chapitre. Il faut dire aussi que je ne le relis pas de très près, découragée par ce que je sais s'y touver: la vérité, hélas.
Ce n'est plus Champollion le sujet du chapitre, mais Figeac, et plus largement, la manie de muséifier la France en montant en épingle tout et n'importe quoi.
En l'occurence, Champollion n'étant pas n'importe qui mais un immense savant, les fonds disponibles ont été importants, et les dégâts en proportion.

Je cite un passage nostalgique; j'oublie, volontairement, le musée stupide et la ville transformée en Disneyland:

Il semblerait qu'il n'y ait que la gêne, la fatigue, l'indifférence, le grand âge, qui sait, autant et plus que la sagesse ou que le goût, pour protéger du massacre et de l'interventionnisme à tout prix, souvent inutile, presque toujours dommageable. Il y a dans la ville des jardins merveilleux qui se donnent l'air et les gants de paraître abandonnés, qui le sont parfois — ce ne sont pas les moins séduisants — et que de vieilles ruelles tortueuses contournent avec délicatesse, pour ne pas les déranger dans leur retrait. A travers eux, sur la pointe des pieds, par-dessus de vieux murs oubliés des aménageurs, on aperçoit quelques façades épargnées, qui ne savent même pas le danger qui les guette, et auxquelles il est laissé loisir, exceptionnellement, de paraître leur âge, tout leur âge, rien que leur âge: d'habiter à l'écart l'intimité du temps. (p.189-190)

Et le chapitre est si désolé qu'il se termine sur l'évocation d'une autre maison, en Isère.

Notes

[1] Un miroir, un interprète qui donne vie: et je vois se dresser Pale Fire.

samedi 3 octobre 2009

Les Garnaudes

Échange est le livre le plus biographique de Camus, peut-être, avec sa chronologie (auxquels il faudrait ajouter quelques pages du Journal d'un voyage en France, celles où il raconte son passage dans le Massif central, qu'il parcourt en partie avec sa mère[1]).

J'avais cru que les Garnaudes étaient détruites, je ne sais plus pourquoi, peut-être à cause de certaines pages de L'Élégie de Chamalières...
Non, finalement (je fais mes recherches en même temps que j'écris...), finalement mon erreur provient de ce message, et non, la maison ne devait pas être détruite, j'avais oublié la conclusion du fil de discussion...

Quoi qu'il en soit, j'ai découvert en préparant la lecture des Églogues d'hier une série de photographies concernant cette maison et son quartier, mises en ligne au printemps dernier.



Rappel: Échange est disponible, il suffit de le commander, mais il faut penser que le nom de l'auteur est "Denis Duparc".

Notes

[1] Complémnet le 8 mai 2012: et Roman Furieux, puis les précisions familiales parues dans les journaux après la mort de sa mère en 2009.

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