Billets pour la catégorie Renaud Camus hors textes :

Idéation suicidaire et apparence

Et puis, surprenant, cette évocation d' Eloge du paraître dans un contexte médical :

Puisque l’adolescence aime bien se montrer par son apparence, il est curieux que celle-ci soit négligée par la culture éducatrice ambiante au profit d’un soit-disant « être » qui serait tapi sous chaque identité. Or le paraître, comme le langage, participe du code, et une attention faite au langage ne saurait se passer de la manière dont l’individu se donne à voir dans le paraître. Nous voulons souligner, comme l’indique Renaud Camus (7), que « le paraître est du côté de la civilisation. C’est le moins qu’il puisse faire, puisque c’est lui qui l’a créée ». Si nous acceptons cette hypothèse sur laquelle nous pourrions disserter infiniment, un adolescent, comme tout homme, sort de la barbarie le jour où il se voit, comme le dit encore Renaud Camus, « dans un miroir ou dans le cours, Narcisse, d’une onde claire ». L’éducation par la parole, et celle par les formes symboliques diverses, comme mesure préventive, se double de la nécessaire prise en compte des modalités de paraître, non celles du consumérisme marchand des marques commerciales et des modes adolescentes, mais celles du souci de la forme ou des formes travaillées dans le rapport à soi et aux autres. Symbolisation, expression langagière, nomination des émotions, souci travaillé du bien paraître, comme moyens de faire entendre ce qui se vit mal, nous semblent des viatiques incontournables de prévention de l’idéation suicidaire chez l’adolescent.


source
le 16/04/2008

Renaud Camus au théâtre

Message de Renaud Camus.
(J'avais évoqué Anouilh, il avait ri de mes références exotiques, je m'étais étonnée.)

Oh, par Anouilh "exotique", je voulais dire seulement qu'il est assez rarement convoqué dans le débat, me semble-t-il, ces temps-ci. Mais il n'est pas complètement exotique pour moi, il tenait même une grande place, nous avions quatorze ou quinze ans, dans mes relations avec une amie de Clermont-Ferrand, Dominique Gladel — mais si, vous savez bien, la fille de la grande quincaillerie de la place Gaillard. Et la seule fois que je sois monté sur les planches ce fut, quelques années plus tard, à Oxford, pour jouer le rôle du père (c'est doublement un "rôle", puisqu'il s'agit d'un acteur loué pour la circonstance), dans Le Rendez-Vous de Senlis.

Vous avez bien tort de vous moquer de Brad Pitt qui, en plus de ses autres mérites, est un excellent acteur. Je l'ai revu récemment dans The Snatch, petit film anglo-américain que toute la presse s'accorde pour descendre en flammes, et que pour ma part je trouve très drôle, une espèce de Les Tontons flingueurs londonien. Brad y joue le rôle d'un gitan totalement inintelligible, c'est irrésistible. Accessoirement, il boxe, et présente la particularité d'étendre son adversaire, même trois fois plus gros que lui, au premier coup de poing - ça aussi c'est assez comique (un rien, ma muse).

Merci d'Edward Bloom. Mais vous conviendrez qu'Edward est plus difficile à digérer qu'Orlando (embarquement immédiat pour Virginia Woolf, Le Tasse, Vivaldi, la fausse folie, les arbres gravés, Angélique, Roland Barthes, le traité de Versailles, Walter Savage Landor, The Cottage Landor, Knole, Sissinghurst, etc.)
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