Billets qui ont 'Mark' comme personnage.

Travers III, chapitre 3, pages 152-153

Vos trouvailles et corrections sont bienvenus en commentaires, je les intégrerai dans le texte. J'essaie de mettre un maximum de lien vers les photos illustrant le livre.



donc été atteint hier, juste avant Tristan. Il a caché dans ses pièces son propre nom, un beau nom, William. Le coup partit. Le coup partit. Un revolver à la


rouge située immédiatement au-dessous de la nôtre, directement sur l'avenue de Royat, on disait qu'elle était amoureuse du conducteur du tramway,


en français le texte d'un artiste conceptuel, dont il a besoin pour une exposition à Paris. Après quoi nous sommes ressortis pour aller à une soirée


années durant l'"homme d'affaires" de Warhol ou son social secretary, si vous voulez, son conseiller en matière de relations publiques et de rela-


Clever boy ! And so sweet, really. Qu'est-ce qu'il a bien pu devenir? C'était un ami de Mark. J'aurais très bien pu tomber amoureux de lui,


se montre plus résignée, plus diplomate peut-être, et sans doute mieux au fait, surtout, du caractère inéluctable de la présence de pareil objet; en plus elle doit ménager les sentiments contradictoires de sa fille Cam ******, qui refuse absolument d'essayer de dormir si ce morceau de carcasse lui est visible, et de son fils, qui, lui, refuse non moins véhémentement de fermer



****** Lui s'était mis dans la tête, je ne sais comment ni pourquoi, que Cam, de tous les enfants de la maison, était le favori du vieux poète, Augustus Carmichael - ce qui était un peu inattendu, et s'accordait mal avec les autres données, parce que Carmichael est considéré par plusieurs commentateurs (à vrai dire sans arguments tout à fait convaincants : on ne sait pas très bien d'où leur vient cette quasi-unanimité, sinon d'une certaine propension qu'ils ont à se copier les uns les autres) comme homosexuel ou "achrien", pour reprendre le terme proposé par Camus & Duparc); or c'est en fait un autre des invités, William Bankes, qui a une prédilection pour la petite fille (que son nom un peu ambigu m'avait fait prendre d'abord, en ce qui me concerne, pour un garçon) ; mais cet autre invité, dans un des nombreux ouvrages qui se chargent d'explorer le roman et d'en faciliter ou d'en éclairer la lecture pour les amateurs, les passionnés ou les débutants, est confondu précisément, avec le vieux poète (dont le recueil, paru pendant la guerre, rencontre un succès inattendu: «The war, people said, had revived their interest in poetry»); de sorte qu'après tout il y a peut-être bien une explication à cette erreur, qui ne ferait que s'appuyer, comme il arrive bien souvent, sur une erreur antérieure — le réseau gigantesque de l'erreur doublant et multipliant, multipliant infiniment, car ses embranchements sont multiples, celui de la vérité, si tant est que tel soit le mot qui convienne en l'occurrence, puisque c'est tout de même d'un ouvrage de fiction, officiellement, que nous parlons ici; la distinction n'étant pas nécessairement pertinente, néanmoins (du moins du point de vue qui nous intéresse pour le moment), fiction, erreur et vérité étant le théâtre (ou vaudrait-il mieux dire la carte, le territoire, l'espace) d'enchaînements, de liaisons et d'embranchements dont la solidité, la pertinence et pour tout dire le caractère "performatif " n'ont rien à s'envier réciproquement.

Quel nom étrange, toute de même - pour une fille comme pour un garçon. Était-il courant au temps de la reine Victoria? S'agit-il d'une abréviation?

Cam sera de la promenade au phare, en tout cas, lorsque celle-ci s'accomplira enfin, des années plus tard, tout ayant changé entre-temps. Un bras dépassant de la barque, elle s'amusera à laisser les vagues lui filer entre les doigts. C'est la première fois qu'elle voit l'île de loin, un peu comme on contemple une image dans un livre. Elle trouve qu'elle ressemble à une feuille : une feuille posée sur les flots. Et ce serait là, s'il en était besoin, un autre élément d'identification, car la comparaison avec une feuille est l'un des ponts aux ânes de toute description de Skye. Elle est d'ailleurs assez juste, surtout si l'on songe à une carte, ou bien au spectacle qu'on peut avoir du ciel, dans un avion en route vers les confins de l'archipel.



  • premier fil

Déjà vu.

  • deuxième fil

Idem.

  • troisième fil

en français le texte d'un artiste conceptuel, dont il a besoin pour une exposition à Paris. Après quoi nous sommes ressortis pour aller à une soirée donnée pour Victor Hugo, un des collaborateur d' Interview, qui est connu surtout pour ses inventives vitrines (page152 à 154, je déborde pour respecter le sens).

Journal de Travers, p.64
Victor Hugo: encore en activité aujourd'hui. Connu pour sa queue (autant que pour ses vitrines?))

  • quatrième fil

années durant l'"homme d’affaires" de Warhol ou son social secretary, si vous voulez, son conseiller en matière de relations publiques et de relations tout court, en somme, son introducteur dans les milieux de la très grande fortune et de l’aristocratie, son principal rabatteur de clients pour des portraits parmi les gens illustres ou richissimes. (là encore, pp 152 à 156 pour le sens.)

Je rappelle qu'il s'agit de Fred Hughes.

  • cinquième fil

Clever boy ! And so sweet, really. Qu'est-ce qu'il a bien pu devenir? C'était un ami de Mark. J'aurais très bien pu tomber amoureux de lui,

Sans doute un certain Dimitri. Voir l'explication ici.
Les deux fils sont suffisamment intriqués pour que j'ai cru longtemps que c'était Hughes qui avait envoyé la carte postale (importance de la syntaxe dans la compréhension).
C'était un ami de Mark : sans presque aucun doute William Burke. Renaud Camus nous a conseillé de chercher du côté de Green. Mark est le héros de Terre lointaine, surnom de William Burke avant que RC ne connaisse son nom. On trouve dans Terre lointaine: «C'était un ami de Nick».

  • sixième fil

se montre plus résignée, plus diplomate peut-être, [...] non moins véhémentement de fermer

Résumé d'un passage de Promenade au phare. Intérêt stylistique (changement de point de vue: nous voyons du point de vue de Mme Ramsay le dilemme à dénouer). Porte un jugement sur Mme Ramsay, l'héroïne, suppose les motivations vraisemblables de ses actes. Analogie (clin d'œil à?) avec «ils parlent du roman qu'ils viennent de lire tout à fait comme si les personnages appartenaient à la» (L'Inauguration de la salle des vents p.229 à propos des personnages de La Jalousie de Robbe-Grillet)

  • septième fil

Note au précédent fil: il s'agit toujours de Promenade au phare

****** Lui s'était mis dans la tête, je ne sais comment ni pourquoi, que Cam, de tous les enfants de la maison, était le favori du vieux poète, Augustus Carmichael - ce qui était un peu inattendu, et s'accordait mal avec les autres données,

Lui : Renaud Camus, l'auteur, le narrateur.
s'était mis dans la tête (...) ce qui était un peu inattendu, et s'accordait mal avec les autres données : décrit un phénomène que nous connaissons bien, ces faux sens ou contresens de lecture qui viennent d'on ne sait d'où et persistent dans la mémoire et résistent aux preuves (ce qui me fait penser à l'une des phrases de Proust que j'utilise le plus fréquemment: «Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances» (Du côté de chez Swann)
Augustus Carmichael: Augustus («Augustus Carp m'a conduit à Augustus de Morgan, et Augustus de Morgan (né en Inde en 1806), à Ada Augusta Byron, Lady Lovelace, ...» (Rannoch Moor p.742); Agostino de Prima della Rivoluzione, Augustin (du liebe Augustin, Mahler), Augustin ou le maître est là
Carmichael: Car, arc, etc et assonnance avec Cam (par la grâce de V Woolf, pas de RC!)

parce que Carmichael est considéré par plusieurs commentateurs (à vrai dire sans arguments tout à fait convaincants : on ne sait pas très bien d'où leur vient cette quasi-unanimité, sinon d'une certaine propension qu'ils ont à se copier les uns les autres) comme homosexuel ou "achrien", pour reprendre le terme proposé par Camus & Duparc);

Petite pique envers les commentateurs. On remarque que RC n'a pas lu que Woolf, mais aussi des études sur Woolf. Problème de la critique "hors texte" (comme la culture hors sol), quand elle ne fait plus que s'entre-lire sans revenir aux textes.
Via achrien, une référence à Travers et à deux autres hétéronymes.

or c'est en fait un autre des invités, William Bankes, qui a une prédilection pour la petite fille (que son nom un peu ambigu m'avait fait prendre d'abord, en ce qui me concerne, pour un garçon);

William Banks : un William, et Banks, banc, banque, banquier (Stern)
Plusieurs prénoms ambivalents : Charlie, dans L'Ombre d'un doute, Charlie, dans la journée à la plage racontée par un blog, ce qui reprend le terme de l'inversion.

mais cet autre invité, dans un des nombreux ouvrages qui se chargent d'explorer le roman et d'en faciliter ou d'en éclairer la lecture pour les amateurs, les passionnés ou les débutants, est confondu précisément, avec le vieux poète (dont le recueil, paru pendant la guerre, rencontre un succès inattendu: «The war, people said, had revived their interest in poetry»);

les amateurs, les passionnés ou les débutants: il est amusant de voir la diversité des publics concernés — et qui pourraient paraître s'exclure les uns les autres, et pourtant, à y réfléchir, non. C'est le lecteur qui fait le texte, l'amateur ou le débutant liront le même texte mais n'y liront pas la même chose...

de sorte qu'après tout il y a peut-être bien une explication à cette erreur, qui ne ferait que s'appuyer, comme il arrive bien souvent, sur une erreur antérieure — le réseau gigantesque de l'erreur doublant et multipliant, multipliant infiniment, car ses embranchements sont multiples, celui de la vérité, si tant est que tel soit le mot qui convienne en l'occurrence, puisque c'est tout de même d'un ouvrage de fiction, officiellement, que nous parlons ici;

«l'erreur laisse des traces», citation d' Échange p.143.
Retour du motif de l'embranchement et du carrefour, non plus à l'occasion de la conversation mais de l'erreur. Superposition de deux possibilités de se perdre, une dans la reconstitution des conversations, une dans la vérification des faits et le démontage des erreurs... La carte sert moins à se guider qu'à se perdre.

la distinction n'étant pas nécessairement pertinente, néanmoins (du moins du point de vue qui nous intéresse pour le moment), fiction, erreur et vérité étant le théâtre (ou vaudrait-il mieux dire la carte, le territoire, l'espace) d'enchaînements, de liaisons et d'embranchements dont la solidité, la pertinence et pour tout dire le caractère "performatif" n'ont rien à s'envier réciproquement.

Le mensonge ou l'erreur peut être prouvé tout aussi bien que la vérité. Je ne pense pas qu'il faille lire dans ce passage une profession de foi cynique ou sceptique, mais plutôt un émerveillement devant la multiplicité de la réalité qui permet des interprétations en tous sens ("la cohérence échevelée du monde").

Quel nom étrange, toute de même - pour une fille comme pour un garçon. Était-il courant au temps de la reine Victoria? S'agit-il d'une abréviation?

Retour à Cam après des digressions. Comme d'habitude, on remarque que le cerveau fait naturellement la liaison: disjoindre, c'est lier, selon une observation de Ricardou.
thématique des reines d'Angleterre.

Cam sera de la promenade au phare, en tout cas, lorsque celle-ci s'accomplira enfin, des années plus tard, tout ayant changé entre-temps. Un bras dépassant de la barque, elle s'amusera à laisser les vagues lui filer entre les doigts. C'est la première fois qu'elle voit l'île de loin, un peu comme on contemple une image dans un livre. Elle trouve qu'elle ressemble à une feuille : une feuille posée sur les flots. Et ce serait là, s'il en était besoin, un autre élément d'identification, car la comparaison avec une feuille est l'un des ponts aux ânes de toute description de Skye. Elle est d'ailleurs assez juste, surtout si l'on songe à une carte, ou bien au spectacle qu'on peut avoir du ciel, dans un avion en route vers les confins de l'archipel.

Retour au résumé du livre. Retour au problème de l'identification de l'île, question qui court depuis la p.129: «En fait d'après un autre, il n'y a dans le texte que trois indications déterminantes à ce sujet» (L'AA, p.129)
Retour au voyage en avion, qui clôt le chapitre II.

Lance, Lancelot, les romans de chevalerie

Cette nouvelle a été retenue à cause de son titre, Lance, qui jouait avec un certain nombre d'autres mots générateurs [1] et parce qu'elle était de Nabokov, l'un des écrivains récurrents des Eglogues.

Comme souvent, une lecture de la nouvelle fait apparaître plusieurs autres points de convergence: le titre et l'auteur justifiaient à eux seuls l'inscription de ce texte dans L'Amour l'Automne, le contenu fait apparaître bien d'autres raisons de le retenir.

Les noms de Lancelot et les cycles romanesques du Moyen Âge

La nouvelle Lance s'ouvre sur l'affirmation suivante: «The name of the planet, presuming it has already received one, is immaterial»[2], affirmant le caractère abstrait et arbitraire du nom, posant également l'acte fondateur de l'homme depuis la Genèse: nommer.
Cette phrase rejoint l'une des préoccupations des Eglogues: «What's in a name?», reprenant la question de Shakespeare rafraîchie par Joyce.

Le caractère arbitraire et cependant pas si arbitraire du nom est développé dans le second paragraphe de la nouvelle. Nommer, c'est choisir un nom, c'est signifier quelque chose. Les noms donnés par l'homme ne sont pas le fruit du hasard (mais ils peuvent être le fruit de la fantaisie).

My planet's maria (which are not seas) and its lacus (which are not lakes) have also, let us suppose, received names; some less jejune, perhaps, than those of garden roses; others, more pointless than the surnames of the observers (for, to take actuel cases, that an astronomer shoud have been called Lampland is as marvellous as that of enthomologist should have been called Krautwurm); but most of them of so antique a style as to vie in sonorous and corrupt enchantment with place names pertaining to romances of chivalry.
Vladimir Nabokov, Lance, 2e §

"Chevalerie" nous ramène à un passage de L'Amour l'Automne :

Quant aux considérations placées là sur "Les cycles romanesques du Moyen Âge", il s'agit sans doute de simples notes, prises lors d'un cours, ou bien en marge d'une quelconque lecture de travail, contemporaine des événements :
- Tous les romans sont liés les uns aux autres, les mêmes héros se retrouvent ici et là, la plupart sont chevaliers de la Table ronde, etc.
- Les noms ne cessent de changer (Arthur, Artus, Arthus / Tristan, Tantris, Tristram, Tritanz / Perceval, Perlevaus, Parsifal, Parzival / Lohengrin, Loherangrin, le Lorrain Gerin, etc.
- Il est impossible d'établir une chronologie cohérente des épisodes, qui d'ailleurs sont incompatibles les uns avec les autres. Les rapports entre les personnages ne sont pas constants (ainsi Lohengrin est le fils de Perceval, mais quand Perceval arrive au château il trouve Lohengrin parmi les chevaliers ses aînés). Les rapports d'âge s'inversent, etc.
Renaud Camus, L'Amour l'Automne, p.89-90

Et plus loin :

En marge de la description, d'ailleurs assez sommaire, du vernissage chez Mme Dane, une série de notes paraît se rapporter aux "Cycles romanesques du Moyen Âge". Tous les romans sont liés les uns aux autres, les héros se retrouvent ici et là, mais les noms ne cessent de changer : Perceval, Perlevaus, Parsifal, Parzival; Lohengrin, Loherangrin, Le Lorrain Gerin.
Ibid, p.96

Ces deux évocations de notes se réfèrent à un paragraphe apparaissant en colonne étroite à gauche des pages de Journal de Travers. Il s'agit donc dans L'Amour l'Automne d'une réflexion de l'auteur (Renaud Camus) à propos de la copie dactylographiée du journal 1977 qu'il est en train d'effectuer en même temps qu'il écrit L'Amour l'Automne. On remarque qu'en passant du journal de 1977 aux Eglogues écrites en 2005 et 2006, Renaud Camus a ajouté Tristan à la liste. (Je rappelle que les mots entre crochets dans Journal de Travers ne font pas vraiment partie du texte, mais sont des points de repère pour lire les Eglogues). D'autre part, notons que ce qui est souligné est repris dans L'Amour l'Automne, le paragraphe non souligné n'est pas repris (mais cette règle reste très aléatoire. Il s'agit plutôt d'une remarque ponctuelle.):

Les cycles romanesques au Moyen Âge :
* Tous les romans sont liés les uns aux autres (les mêmes héros se retrouvent ici et là, la plupart sont chevaliers de la Table ronde, etc.).
* Les noms ne cessent de changer (Arthur, Artus, Arthus / Tristan, Tantris, Tristram, Tritanz / Perceval, Perlevaus, Parsifal, Parzival / Lohengrin, Loherangrin, le Lorrain Gerin, etc.)
* Il est impossible d'établir une chronologie cohérente des épisodes, qui d'ailleurs sont incompatibles les uns avec les autres. Les rapports entre les personnages ne sont pas constants (ainsi Lohengrin est le fils de Perceval, mais quand Perceval arrive au château il trouve Lohengrin parmi les chevaliers ses aînés). Les rapports d'âge s'inversent.
* Les mêmes situations se reproduisent exactement, mais leurs protagonistes ne sont plus les mêmes: Lancelot [Lance (->Nabokov), Celan, Ceylan, Sri Lanka, etc. / Lot, Lot, Loth] séduit Guenièvre, la femme d'Arthur, Tristan Yseult, l'épouse de Marc. Certains des traits de Perceval se retrouvent jusqu'en Prince Vaillant.
* (CF. Echange: les personnages changent, et le sens éventuel de leurs actes, etc. «Ce qui subsiste, à travers les aléas de la légende...» V. aussi ce que dit Starobinski des travaux de Saussure [Sursaut, sot sûr (de lui), s'assure] sur les cycles médiévaux, Les Mots sous les mots.)
Renaud Camus, Journal de Travers, p.961-962

Les notes de Saussure sont celles-ci:

Les deux genres de modifications historiques de la légende qui peuvent passer probablement pour les plus difficiles à faire admettre sont
1° La substitution de noms.
2° Une action restant la même, le déplacement de son motif (ou but).
A chaque instant, par défaut de mémoire des précédents ou autrement, le poète qui ramasse la légende ne recueille pour telle ou telle scène que les accessoires au sens le plus propre théâtral [sic ]; quand les acteurs ont quitté la scène il reste tel ou tel objet, une fleur sur le plancher, un [ ][3] qui reste dans la mémoire, et qui dit plus ou moins ce qui s'est passé, mais qui, n'étant que partiel, laisse marge à -
Jean Starobinski, Les Mots sous les mots, p.18



Revenons à Lance.
L'inscription de la nouvelle dans une référence médiévale est également afirmée dans une lettre de Nabokov à Wilson:

« En sa courte étendue, dit une note à la Correspondance (p. 271), la narration de Lance combine trois niveaux distincts et suriniposés de réalité : exploration interplanétaire, alpinisme, histoire d'amour médiévale[4]
Renaud Camus, L'Amour l'Automne p.23

Le nom du jeune homme est important, c'est une référence délibérée aux premières quêtes du Graal, tandis que Lance part à l'assaut des étoiles:

If Boke'sources are acurate, the name 'Lancelot del Lac' occurs for the first time in Verse 3676 of the twelfth-century 'Roman de la charette'. Lance, Lancelin, Lancelotik — diminutives murmured at the brimming, salty, moist stars.
début de la partie 3 de Lance

Autres références à Lance dans L'Amour l'Automne

La première référence à Lance reprend une phrase qui apparaît dans Travers II:

We are here among friends, the Browns and the Bensons, the Whites and the Wilsons, and when somebody goes out for a smoke, he hears the crickets, and a distant farm dog (who waits, between barks, to listen to what he cannot hear).
Nabokov, Lance fin de la partie 1 - Renaud Camus, Eté, p.263

and when somebody goes out for a smoke, he hears the crickets, and a distant farm dog (who waits, between barks, to listen to what he cannot hear).
Renaud Camus, L'Amour l'Automne p.22

We are here among friends. [...] Un lointain chien de ferme, entre deux aboiements, attend pour écouter ce qu'il ne peut entendre.
L'Amour l'Automne p.28



La deuxième précède sans rupture le passage concernant les notes sur les cycles romanesques, cf. supra:

Lance has left ; the fragility of his young limbs grows in direct ratio of the distance he covers.
L'Amour l'Automne, p.89 - début de la partie 3 de Lance



La troisième tente de nous lancer sur une fausse piste.

Lance is tall and lean, with thick tendons and greenish veins on his suntanned forearms and a scar on his brow.
première phrase du chapitre 2 de Lance

Lance is tall and lean, with thick tendons and greenish veins on his suntanned forearms and a scar on his brow (retenez ce dernier détail, qui a son importance).
L'Amour l'Automne, p.97 - (et la cicatrice, scar, n'a aucune importance, autre que faire partie de la famille de arc, car, Descartes, etc, tandis que 'brow' se rapproche de 'bow', arc («Une lettre en plus en moins change tout; le nom s'en va de biais», l'Amour l'Automne, p.151)).

Notes

[1] [Celan, Ceylan, Lance (de Nabokov ->correspondance avec (Edmund) Wilson, the « Wilson») / «She wanted to lancer me» (Paul Bowles de (Gertrude) Stein) / élan, tancé, Rancé, pensée] in Journal de Travers, p.443

[2] Le nom de la planète, en supposant qu'elle en ait déjà reçu un, est immatériel.

[3] espace laissé blanc dans le texte

[4] The Nabokov-Wilson Letters, correspondence between Vladimir Nabokov and Edmund Wilson, 1940-1971, Edited, Annotated and with an Introductory Essay by Simon Karlinsky, Harper & Row,Publishers, New York, 1979.

Les billets et commentaires du blog vehesse.free.fr sont utilisables sous licence Creatives Commons : citation de la source, pas d'utilisation commerciale ni de modification.