Billets qui ont 'livres' comme mot-clé.

Les livres sont des bouteilles à la mer

Il me semble, si vous permettez, que la littérature, qui est toute pétrie de perte, dont la perte est la matière même, doit s'accommoder de ces pertes postales, ou du moins de leur possibilité. Les livres sont des bouteilles à la mer. Qu'ils se perdent, dans un monde où tout est fait pour qu'ils n'atteignent jamais la moindre plage ni ne trouvent leur chemin, c'est de très loin le plus prévisible de leurs sorts envisageables. Le miracle est qu'ils atteignent un jour quelque lecteur.

Renaud Camus, Le Royaume de Sobrarbe, p.321

Classification des livres

Dans la vitrine de la librairie, tu as aussitôt repéré la couverture et le titre que tu cherchais. Sur la trace de ce repère visuel, tu t'es aussitôt frayé chemin dans la boutique, sous le tir de barrage nourri des livres-que-tu-n'as-pas-lus, qui, sur les tables et les rayons, te jetaient des regards noirs pour t'intimider. Mais tu sais que tu ne dois pas te laisser impressionner. Que sur des hectares et des hectares s'étendent les livres-que-tu-peux-te-passer-de-lire, les livres-faits-pour-d'autres-usages-que-la-lecture, les livres-qu'on-a-déjà-lus-sans-avoir-besoin-de-les-ouvrir-parce-qu'ils-appartiennent-à-la-catégorie-du-déjà-lus-avant-d'avoir-été-écrits. Tu franchis donc la première rangée de murailles : mais voilà que te tombe dessus l'infanterie des livres-que-tu-lirais-volontiers-si-tu-avais-plusieurs-vies-à-vivre-mais-malheureusement-les-jours-qui-te-restent-à-vivre-sont-ce-qu'ils-sont. Tu les escalades rapidement, et tu fends la phalange des livres-que-tu-as-l'intention-de-lire-mais-il-faudrait-d'abord-en-lire-d'autres, des livres-trop-chers-que-tu-achèteras-quand-ils-seront-revendus-à-moitié-prix, des livres-idem-voir-ci-dessus-quand-ils-seront-repris-en-poche, des livres-que-tu-pourrais-demander-à-quelqu'un-de-te-prêter, des livres-que-tout-le-monde-a-lus-et-c'est-comme-si-tu-les-avais-lus-toi-même. Esquivant leurs assauts, tu te retrouves sous les tours du fortin, face aux efforts d'interception des livres-que-depuis-longtemps-tu-as-l'intention-de-lire, des livres-que-tu-as-cherchés-des-années-sans-les-trouver, des livres-qui-concernent-justement-un-sujet-qui-t'intéresse-en-ce-moment, des livres-que-tu-veux-avoir-à-ta-portée-en-toute-circonstance, des livres-que-tu-pourrais-mettre-de-côté-pour-les-lire-peut-être-cet-été, des livres-dont-tu-as-besoin-pour-les-aligner-avec-d'autres-sur-un-rayonnage, des livres-qui-t'inspirent-une-curiosité-soudaine-frénétique-et-peu-justifiable.
Bon. Tu as au moins réussi à réduire l'effectif illimité des forces adverses à un ensemble considérable, certes, mais cependant calculable, d'éléments en nombre fini, même si ce relatif soulagement est mis en péril par les embuscades des livres-que-tu-as-lus-il-y-a-si-longtemps-qu'il-serait-temps-de-les-relire et des livres-que-tu-as-toujours-fait-semblant-d'avoir-lus-et-qu'il-faudrait-aujourd'hui-te-décider-à-lire-pour-de-bon.

Italo Calvino, Si par une nuit un voyageur, Points seuil, (impression 2005), p.11 et 12


Note à moi-même :

  • livres-que-tu-lirais-volontiers-si-tu-avais-plusieurs-vies-à-vivre-mais-malheureusement-les-jours-qui-te-restent-à-vivre-sont-ce-qu'ils-sont
  • livres-que-tu-as-l'intention-de-lire-mais-il-faudrait-d'abord-en-lire-d'autres
  • livres-que-depuis-longtemps-tu-as-l'intention-de-lire
  • livres-que-tu-as-cherchés-des-années-sans-les-trouver
  • livres-que-tu-veux-avoir-à-ta-portée-en-toute-circonstance


(C'est bon, il y en a déjà moins.)

Le marché de l'édition

Une étude sur le marché du livre réalisée par TNS-Sofres révèle que près d'un Français sur deux n'a acheté aucun livre en 2003. Toujours dominé par les petits acheteurs —ceux qui achètent moins de quatre ouvrages par an, soit 53%— le marché se recentre vers les «moyens acheteurs» (entre 5 et 11 livres). 18% des acheteurs de livres concentrent à eux seuls plus de la moitié des volumes achetés et la moitité des sommes dépensées. Ce qui signifie en résumé qu'un Français sur dix achètent plus de la moitié des livres vendus.

Agefi, 22 mars 2003



18 % de 50 % font 9 %, aux arrondis près 10 %.

méthode de lecture, méthode de non-lecture, non-méthode de non-lecture,...

à se résigner si c'est bien le mot à ce désordre (tous les livres ouverts en même temps, sur la table, posés devant, comment dit-il, étendus-ensemble-devant writzrumenzeitsteinshcleimdunkenacht ou quelque chose comme ça à l'aimer parce qu'il est fidèle au moins à cette simultanéi
Renaud Camus, Vaisseaux brûlés

Je pratique des lectures un peu folles, désespérées en un sens. Des lectures frénétiques de livres pris presque au hasard, et ouverts n'importe où. Ce sont des lectures très capricieuses, intellectuellement très insatisfaisantes bien entendu. On ne suit pas la totalité du cours d'une pensée, d'un récit. On ne remonte pas à leur origine. Et bien sûr on ne peut pas non plus appréhender l'ensemble de leurs conséquences, de leurs suites possibles. Mais quand bien même on commencerait un livre à la première ligne, ce qui m'arrive aussi, malgré tout, est-ce qu'il en irait très différemment ?
Vaisseaux brûlés

Les expériences que j'ai sont, me semble-t-il, communes à toute personne qui possède beaucoup de livres, et qui considère une bibliothèque non seulement comme un lieu où conserver les livres déjà lus, mais surtout comme un entrepôt de livres à lire un jour ou l'autre, quand le besoin s'en fait sentir. Or chaque fois que l'oeil tombe sur un livre non encore lu, il se peut qu'on soit saisi d'un remords.
Puis vient le jour où, pour apprendre quelque chose sur un sujet donné, on se décide à ouvrir un de ses livres non lus, on se met à le lire et on s'aperçoit qu'on le connaissait déjà. Que s'est-il passé? Il ya l'explication mystico-biologique : à force de déplacer les livres, de les dépoussiérer et de les remettre à leur place, à la longue, l'essence du livre a pénétré peu à peu par le bout des doigts dans notre esprit. Il y a l'explication du scanning fortuit et continu: à force de prendre et de réordonner les divers volumes, il est impossible que, à la longue, ce livre n'ait pas été parcouru du regard; en le déplaçant, on regardait quelques pages, une aujourd'hui, une le mois suivant, et petit à petit, on a fini par le lire en grande partie, fût-ce de manière non linéaire. Mais la véritable explication est que, entre le moment où on a eu ce livre et le moment où on l'a ouvert, on a lu d'autres livres, dans lesquels il y avait quelque chose qui parlait du premier livre, et donc, à la fin de ce long parcours intertextuel, on découvre que ce livre qu'on n'avait pas lu faisait quand même partie de notre patrimoine mental, et que peut-être, il nous avait profondément influencé.
Umberto Eco, De la littérature p169

139. Sauf que je n'ai jamais lu La Montagne magique, mais enfin... La culture, c'est peut-être ce qui permet de se faire une idée assez précise, assez floue, assez précisément floue, des livres que l'on n'a pas lus et de tout ce qu'on ne connaît pas vraiment, ce qui permet de faire illusion (et de mesurer son ignorance).
Vaisseaux brûlés

La visite à Plieux

Lors de l'assemblée générale au mois d'avril, j'avais pris conscience que la SLRC, ce n'était pas le site, ce n'était pas que le site, c'était finalement de nombreux lecteurs n'intervenant pas sur le site, et donc des "inconnus".

J'ai donc fait la même constation lors de cette rencontre à Plieux. Un lecteur nous a fait part de sa surprise concernant l'âge des participants. «Je ne pensais pas trouver des gens si jeunes» (sic).

La bibliothèque est la dernière pièce du château, celle à laquelle on accède en dernier (Attention à la marche). Les rayonnages courent le long des murs, s'arrêtant à peine à l'embrasure des fenêtres. Lorsqu'on entre, on se trouve face à une collection de guides Michelin, les guides rouges les guides verts les guides bleus. Les livres sont regroupés par grands thèmes, à gauche en entrant les livres en langue étrangère, anglais, italien, des livres d'art et des catalogues sur les rayons du bas, et tout ce mur contient plutôt des ouvrages de littérature, sans compter l'imposante discothèque. Je regarde les Pléiades, Valery Larbaud est usé, je ne m'attendais pas à ce que ce fût également le cas de l'anthologie de poésie d'André Gide. En face, les biographies, les analyses sociologiques ou politiques. La philosophie et la poésie? je ne me rappelle plus, il me semble qu'elles se trouvent sur ce même mur, en se rapprochant du bureau. J'ai également repéré des ouvrages en hongrois (du moins je suppose que c'est du hongrois).

Les étagères les plus proches du bureau contiennent les ouvrages que je qualifierais de "technique de l'écriture", des ouvrages sur le style, la ponctuation, des dictionnaires. Ici se trouve également un exemplaire de chaque titre de RC, exemplaires, au moins pour certains (les Eglogues, en particulier), très consultés, au dos brisé et blanchi. Sur la page de garde de l'exemplaire des Onze sites mineurs que j'ai porté un instant en revenant de la tour de Homps se trouve un lion à l'encre rouge et la mention "exemplaire de travail". Y a-t-il également une mention "bibliothèque du château"? Je ne sais plus si j'invente ou me souviens.

Le bureau est un vaste plateau, envahi mais en ordre, avec entre autres des piles de cartes postales rapportées de voyage. L'ordinateur est placé en hauteur, sur un tabouret sur le bureau, l'écrivain interrogé nous apprend qu'il écrit debout.

Mais est-ce que tout cela n'a pas déjà été décrit dans un Journal que je n'ai pas lu? Cela a-t-il un sens de le décrire ici, avec le flou du souvenir?


Les amandes salées servies le premier soir avec le champagne avaient la particularité de provenir directement, ai-je entendu (mais toujours cette question de l'exactitude, objection votre honneur, ce n'est que du ouï-dire, il fallait arrêter de lire Perry Mason), de l'amandier du château.

L'amandier du château. Cela évoquait une couleur, le velouté d'une coque, la douceur d'un climat, des fleurs et un parfum. Et une question bien plus brutale, à qui était revenue la tâche ingrate de casser la coque des amandes? Elles étaient délicieuses.

Premier contact embarrassé, nous n'étions pas très nombreux le premier soir et nous ne nous connaissions pas, timides et confus comme tous bons camusiens. Les questions se murmuraient, où est Pierre, avez-vous des nouvelles de la santé de la mère de Renaud Camus, mais qui est le mari de VS? (Cette dernière question, bien sûr, n'intéressant que très peu de personnes. Mais bon. Private joke.) Circuler parmi les personnes présentes avec les très lourds plats chargés de biscuits apéritifs était un moyen de se donner une contenance. Boire du champagne était un moyen de lutter contre l'embarras.


Au retour de la fontaine de Magnas, nous attendons près d'une église la voiture de Renaud Camus qui a pris un autre chemin. Flânerie dans le cimetière, tombeau des (je ne me souviens plus), des lions, une devise en latin, ciel clair, il fait froid, il y a un peu de vent, certains remontent dans leurs voitures, je reste avec Yves, Denis, Didier, Jean-Luc, sous les grands arbres de l'allée, comment dire cette intimité entre eux qui ne se connaissent pas, ils ont les lus les mêmes livres, évoquent La méthode à Mimile (chic, je peux parler de San Antonio, ce qui les surprend un peu), Montherlant, un écrivain que je ne connais pas et dont je ne me rappelle pas le nom, les maisons closes, l'adresse du Chabanais,... Ils ont une connaissance étonnante de l'édition française de la première moitié du siècle, discussion tranquille et amusante dans l'après-midi paresseuse.


Les souvenirs s'estompent et se mélangent. Si j'avais su que je raconterais tout cela, j'aurais pris des notes... Ce qui suit est donc plus ou moins exact, plus ou moins inexact.

Nous fûmes plus nombreux que prévu, créant la confusion au restaurant dans un joyeux brouhaha, à la consternation des serveurs (qui nous en voulurent de les faire veiller si tard (ah, ces parisiens, ces toulousains, ces etc.)).

Je me suis bien amusée lors des repas, la littérature nous menant sur d'étranges chemins (les biscuits préférés de Marguerite Yourcenar (qu'on ne peut pas trouver en France), le fétichisme des bottes en caoutchouc, le fibrome et les pantoufles de Marie-Laure de Noailles (et j'ai appris que le méchant de La Belle et la bête de Walt Disney avait les pectoraux poilus, ce qui serait rarissime dans un dessin animé)), au grand désespoir de ceux qui espéraient des sujets plus relevés.


Dimanche matin, Hélène et Marie dans ma voiture. Elles travaillent toutes deux dans le monde de l'édition. Elles se sont découvert un ami commun, elles parlent, j'écoute, c'est sans doute indiscret, mais après tout il s'agit de quelqu'un que je ne connais pas, cela ne porte pas à conséquence. Elles parlent de leurs lectures récentes, quel dommage, j'aurais dû noter aussitôt, je ne me souviens plus, il s'agit entre autre d'un auteur qui aurait écrit sur les camps d'une façon tout à fait différente, et d'un autre qui aurait tenu un journal étonnant (où serait-ce le même? non, je ne crois pas), tant pis, je recroiserai sans doute ces noms, je les reconnaîtrai. Combien de livres de Renaud Camus ont-elles lus, quels sont ceux qu'elles n'ont pas lus,... Toujours les livres au centre des conversations, non pas un monde à côté, mais un monde dans lequel habiter.


L'après-midi, ce fut une débauche de porcelaine blanche à l'heure du thé d'adieu. Comme je m'étonnais que le château, bien que château, possédât tant de vaisselle, Sophie Barrouyer nous confia qu'il s'agissait d'achats réalisés avec la subvention obtenue dans le cadre de la manifestation "Lire en fête", et qu'elle avait maltraité le malheureux personnel d'Habitat afin qu'il établît une facture neutre, du type "fourniture de matériel", car elle ne voulait pas de la facture standard qui détaillait les achats de vaisselle (cela au cas où on lui demanderait de justifier de l'utilisation de la subvention).
C'est également à ce moment-là que je compris le trafic de thés Mariage que j'avais surpris à l'hôtel du Bastard.


Nous avons appris que le chantier des Eglogues était rouvert, avec l'ambition de rééditer l'ensemble en coffret, mais qu'il restait des questions de droits à régler, et nous avons pu feuilleter les cahiers manuscrits de ce qui deviendra le Journal de Travers (je ne me souviens pas de la date avec certitude, 1976, peut-être?) : cahiers grand format à petits carreaux, dont seules les pages de droite sont utilisées, celles de gauche restant blanches ou comportant quelques notes (des précisions, des modifications?). Le texte se présente d'un seul jet, les ratures sont très rares.

Nous fûmes ravis d'apprendre la reprise ("mais elles n'ont jamais été interrompues" objectera MachinTruc?) des Eglogues. J'ai glané au passage cette information : les quatre Travers correspondent aux quatre saisons. Le saviez-vous, est-ce écrit quelque part, dans un journal ou ailleurs?

Comme nous avions évoqué l'instant d'avant les problème de droits pour la réédition des Eglogues, un lecteur a demandé: «Et les autres auteurs sont-ils prêts à reprendre leur collaboration?»
Le silence, déjà religieux, (nous étions assis en rang sur des chaises placées devant le bureau du Maître, quelques-uns osaient parfois une question) s'est chargé d'attente, (un autre lecteur m'a dit plus tard: «Je regardais votre dos, vous riiez, vous n'êtes pas charitable, rappelez-vous qu'à une époque vous ne saviez pas non plus certaines choses.»), nous regardions Renaud Camus qui a répondu très sérieusement, pensivement :«Oui, tout à fait, les autres auteurs et moi-même sommes tout à fait d'accord pour travailler à nouveau ensemble.»

Et cet instant était étrange, le rêve planait dans la bibliothèque, viens, partons à la chasse au Snark, ai-je pensé.


Les disques sont classés en fonction de la date de naissance des musiciens. C'est curieux, le nombre de musiciens nés entre 1880 et 1883. Le désir de musique varie selon les heures, à chaque heure correspond sa musique. RC nous confirme son amour de la musique en voiture, il nous raconte l'intransigeance d'une amie qui n'admet la musique qu'en concert, ou à l'extrême limite en retransmission en direct.

Quelqu'un pose une question sur Mozart, est-ce que cela concernait Cosi fan tutte? La réponse dévie, il y a toujours une part de folie dans toute œuvre géniale, on ne peut expliquer à 100% une œuvre de génie. Par exemple, lorsqu'on a lu Jean Jaurès (que RC a lu à vingt ans), eh bien, on a lu Jean Jaurès. C'est clair, simple, bien écrit. Mais il ne viendrait à l'idée de personne de relire Jean Jaurès, à moins de faire une thèse sur Jean Jaurès. Tandis que Marx... il y a de la folie dans Marx. Si l'on prend La Tempête, par exemple : on peut expliquer quatre-vingt pour cent de La Tempête, mais les vingt pour cent restants échapperont toujours.

RC nous apprend qu'il essaie désormais de consacrer ses matins à la lecture. Il expose ses classiques dilemmes concernant l'emploi du temps. Vaisseaux brûlés est arrêté, il avait un moment essayé d'y travailler tous les jours, d'ajouter chaque jour une ou deux phrases à VB. Cela s'est avéré impossible, chaque fois cela prenait deux heures... RC a donc arrêté. Le temps est toujours trop court, toujours trop rare. Il nous parle d'une phrase de (sa sœur? était-ce sa sœur?), «cela fera toujours une heure de passée» qui le plonge dans la stupéfaction. Il nous parle du nombre de manuscrits qu'il reçoit, de l'impossibilité dans laquelle il est de les lire, «J'aimerais bien, pourtant, qu'on dise de moi comme de certains, ah, il était formidable, il a aidé tant de jeunes écrivains», mais il n'a pas le temps. Il a la hantise des manuscrits, il est poursuivi par les manuscrits, «je ne peux même plus aller à la poste, même le facteur de Saint-Clar écrit!»

Quelqu'un demande, «vous avez écrit quelque part que le théâtre est un genre si dévalué que vous alliez sans doute écrire une pièce un jour. Est-ce encore d'actualité?» Oui et non, c'est une idée, un rêve flou que RC caresse, il a trouvé le titre, Au théâtre ce soir (est-ce une marque déposée?), et le principe, pièce bourgeoise où chaque personnage représente une façon de parler, la bonne étant la garante de la grammaire, intervenant pour corriger chacun à tout propos.

«Il reste des questions?» Silence dans l'auditoire. Renaud Camus sourit dans sa moustache : «Et ensuite, chacun va venir me voir pour me dire en confidence : "j'aurais aimé vous demander..."».
J'admire le procédé utilisé pour ainsi éviter les questions importunes et renvoyer chacun à ses contradictions.

Nous nous levons. Thé, dédicaces, derniers échanges, il pleut.

Les billets et commentaires du blog vehesse.free.fr sont utilisables sous licence Creatives Commons : citation de la source, pas d'utilisation commerciale ni de modification.