Véhesse

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Billets qui ont 'Lewis, Clive Staples' comme auteur.

mercredi 8 avril 2020

Comment allons nous vivre à l'ère atomique ?

Traduction à la volée de l'extrait ci-dessous.

«Comment allons-nous vivre à l'ère atomique?» Je suis tenté de répondre: «Eh bien, de la même façon que vous auriez vécu au XVIe siècle quand la peste sévissait à Londres quasi chaque année, ou de la façon où vous auriez vécu à l'époque des Vikings quand chaque nuit des pillards scandinaves pouvaient accoster et vous trancher la gorge; ou tout simplement comme vous vivez déjà, à l'époque du cancer, de la syphillis, de la paralysie, des détournements d'avion, des accidents de chemins de fer ou d'automobiles.

En d'autres termes, ne nous exagérons pas la nouveauté de notre situation. Croyez-moi, cher monsieur ou chère madame, avant que la bombe atomique ne soit inventée vous et tous vos proches étiez déjà condamnés à mort ; et un pourcentage élevé d'entre nous va mourir de façon déplaisante. En fait, nous avions un immense avantage sur nos ancêtres — les anesthésiques, et nous l'avons encore. Il est parfaitement ridicule de gémir et d'afficher une tête de six pieds de long parce que les scientifiques ont ajouté une méthode de mort violente et prématurée à un monde qui en regorge — monde dans lequel la mort n'est pas une possibilité mais une certitude.

C'est le premier point à souligner et la première action à entreprendre est de nous ressaisir. Si nous devons tous disparaître sous une bombe atomique, faisons en sorte que cette bombe nous trouve en train de nous conduire comme des êtres humains — en train de prier, travailler, enseigner, lire, écouter de la musique, baigner les enfants, jouer au tennis, bavarder avec nos amis autour d'une pinte et d'un jeu de fléchettes — et non massés ensemble comme des moutons apeurés, obsédés par la bombe. Ils peuvent briser nos corps (un microbe peut faire cela) mais il ne doivent pas dominer nos esprits.

C.S. Lewis, Préoccupations de notre temps (1986, posthume)
"How are we to live in an atomic age?" I am tempted to reply: "Why, as you would have lived in the sixteenth century when the plague visited London almost every year, or as you would have lived in a Viking age when raiders from Scandinavia might land and cut your throat any night; or indeed, as you are already living in an age of cancer, an age of syphilis, an age of paralysis, an age of air raids, an age of railway accidents, an age of motor accidents.

"In other words, do not let us begin by exaggerating the novelty of our situation. Believe me, dear sir or madam, you and all whom you love were already sentenced to death before the atomic bomb was invented: and quite a high percentage of us are going to die in unpleasant ways. We had, indeed, one very great advantage over our ancestors—anaesthetics; but we have that still. It is perfectly ridiculous to go about whimpering and drawing long faces because the scientists have added one more chance of painful and premature death to a world which already bristled with such chances and in which death itself was not a chance at all, but a certainty.

"This is the first point to be made: and the first action to be taken is to pull ourselves together. If we are all going to be destroyed by an atomic bomb, let that bomb when it comes find us doing sensible and human things—praying, working, teaching, reading, listening to music, bathing the children, playing tennis, chatting to our friends over a pint and a game of darts—not huddled together like frightened sheep and thinking about bombs. They may break our bodies (a microbe can do that) but they need not dominate our minds."

C.S. Lewis, Present Concerns

lundi 6 novembre 2017

De Narnia à Hegel en un coup

Selon l'évidence énoncée par Platon, on ne reconnaît que ce que l'on a déjà rencontré : ainsi la dimension christique des Chroniques de Narnia ne peut-elle être perceptible qu'à un chrétien :
Le nom de Dieu y est tu. Mais le silence qui est fait sur son nom libère aussi le champ d'une reconnaissance. L'œuvre contraint ainsi l'interprétation théologique. Elle peut être lue athéologiquement par celui que nulle connaissance du monde de la foi n'habilite à reconnaître, dans le monde de la féerie, un reflet du monde de la foi. Mais ce ne sera pas une lecture plénière ; celle-ci exige en effet une fusion des horizons (comme l'exige toute lecture), et c'est bien l'horizon du monde de la foi (et non pas simplement celui du monde de la vie, ou de la conscience de l'homme contemporain, etc.) qui doit s'y fondre avec celui de l'œuvre. Le Christ pseudonyme de Lewis, et son Dieu anonyme, ne sont déchiffrables que si les noms de Dieu et du Christ ont déjà été prononcés.

Jean-Yves Lacoste, Narnia, monde théologique ?, p.27
Ce qui est vrai pour un conte de fée l'est aussi pour un texte philosophique. Entre avènement de la raison et Parousie, quel écart ? Lire Hegel quand on est chrétien c'est se trouver sur un chemin balisé de signes de reconnaissance, signes invisibles à celui qui ne les connaît pas.
Un parallèle peut être éclairant, quoiqu'un peu peu surprenant. Nul ne peut aujourd'hui douter que la théologie trinitaire et la christologie soient le secret de la Logique de Hegel. Le principe de sa dialectique de l'être, de l'essence et du concept (qui décrit la vie concrète de l'esprit) est la médiation, qui est réconciliation. Et le fond de la médiation logique, la dernière instance de la fondation, est bel et bien l'œuvre trinitaire et christologique dans laquelle l'Absolu pose dans l'être l'autre que lui, et se le (ré-)concilie. Il importe peu que la théologie d Hegel ait ses déficits. Il importe en revanche qu'une structure christologique et trinitaire puisse être déployée sans que le savoir positif de la foi ne soit explicitement convoqué au lieu de ce déploiement. Du coup, la Logique s'expose elle aussi à une lecture athéologique : un bref coup d'œil à l'histoire des études hégéliennes suffit à le monter.

Ibid., p.27

mardi 11 décembre 2012

Altruisme

« C'est le genre de femme qui vit pour les autres — et ces autres, vous les reconnaissez facilement à leur air traqué.»

C.S. Lewis, Tactique du diable, p.117

mardi 22 juillet 2008

Ecouter aux portes

Aslan a la forme d'un très grand lion, c'est le dieu de Narnia. Parfois longtemps absent, il est sévère et bon. Certains doutent de son existence.
Lucy a pour mission de chercher dans un gros livre de recettes de magie la formule qui rend visible les choses invisibles. Elle a résisté déjà une fois à la tentation d'essayer une autre incantation que celle qu'elle doit trouver.
Un peu plus tard, elle arriva à une incantation qui vous permettait de savoir ce que vos amis pensent de vous. Lucy avait eu très envie d'essayer l'autre, celle qui vous donnait une beauté inaccessible aux mortels. Pour se consoler de ne pas l'avoir prononcée, elle se sentit farouchement décidée à dire celle-ci. Et à toute vitesse, de peur de changer d'avis, elle prononça les mots (pour rien au monde, je ne vous dirai quels mots c'étaient). Puis elle attendit que quelque chose se produise.
Comme rien ne se passait, elle se mit à regarder les images. Et à l'instant même, elle vit la dernière chose qu'elle s'attendait à voir: un wagon de seconde classe dans un train, où deux écolières étaient assises. Elles les reconnut tout de suite. C'étaient Marjorie Preston et Anne Featherstone. Seulement, c'était maintenant beaucoup plus qu'une image. C'était vivant. Elle voyait les poteaux télégraphiques défiler devant la fenêtre du wagon. Puis petit à petit (comme quand on règle une station à la radio) elle entendit ce qu'elles disaient:
— Est-ce que je vais te voir un peu ce trimestre, demanda Anne, ou est-ce que tu vas être encore accaparée par Lucy Pevensie?
— Je ne comprends pas ce que tu veux dire par "accaparée", répondit Marjorie.
— Oh si, tu me comprends. Tu étais folle d'elle au dernier trimestre.
— Non, pas du tout, rétorqua-t-elle. Je ne suis pas si bête. Dans son genre, ce n'est pas une mauvaise copine. Mais le trimestre n'était pas encore fini que je commençais déjà à en avoir assez.
— Eh bien, il n'y a pas de risque pour un autre trimestre! s'écria Lucy. Petite peste hypocrite!
Mais le son de sa propre voix lui rappela tout aussitôt qu'elle parlait à une image et que la vraie Marjorie était très loin, dans un autre monde.
«Quand même, se dit Lucy, je la croyais vraiment mieux que ça. Et j'ai fait toutes sortes de choses pour elle au dernier trimestre, je l'ai soutenue quand il n'y avait pas beaucoup d'autres filles pour le faire. Et elle le sait bien. Et aller dire ça à Anne Featherstone, celle-là précisément! Je me demande si toutes mes amies sont comme ça. Il y a plein d'autres images . Non. Je ne veux plus regarder. Je ne veux pas. Je ne veux pas…»
Et, au prix d'un grand effort, elle tourna la page, mais pas avant qu'une grosse larme de colère ne s'y soit écrasée.
[…]

— Oh, Aslan, dit-elle, c'est si gentil de votre part d'être venu.
— J'étais là pendant tout le temps, répondit-il, mais tu viens juste de me rendre visible.
— Aslan! s'exclama Lucy presque sur un ton de léger reproche. Ne vous moquez pas de moi. Comme si je pouvais, moi, faire quelque chose qui vous rendrait visible!
— Ce fut le cas, dit-il. Penses-tu que je désobéirais à mes propres règles?
Après un bref silence, il reprit la parole:
— Mon enfant, dit-il je crois que tu as écouté aux portes.
— Écouté aux portes?
— Tu as écouté ce que tes deux camarades de classe disaient de toi.
— Ah, ça? Je n'aurais jamais pensé que c'était écouter aux portes, Aslan. N'était-ce pas de la magie?
— Espionner les gens grâce à la magie, c'est la même chose que les espionner par n'importe quel autre moyen. Et tu as mal jugé ton amie. Elle est faible, mais elle t'aime. Elle avait peur de la fille plus âgée et elle n'a pas dit ce qu'elle pensait.
— Je ne crois pas que je pourrai jamais oublier ce que je l'ai entendue dire.
—Non, tu ne l'oublieras pas.
— Oh mon Dieu, soupira-t-elle. Aurais-je gâché quelque chose? Vous voulez dire que nous aurions pu continuer à être amies se cela ne s'était pas passé… et à être vraiment de très grandes amies, toute notre vie, peut-être… et que maintenant nous ne le serons jamais?
— Mon enfant, dit le Lion, ne t'ai-je pas expliqué une fois déjà que personne ne s'entend jamais raconter ce qui ce serait passé?

— Si, Aslan, vous me l'avez dit, admit-elle. Je suis désolée.

C.S. Lewis, L’odyssée du Passeur d’aurore, folio junior, p.169

lundi 30 juillet 2007

Le courage et les rêves

Jeudi 26 juillet, vers 14 heures.
Je viens de finir Harry Potter and the Deathly Hallows, je vais enfin pouvoir retourner lire les blogs et les journaux, j'avais si peur, après les rumeurs qui couraient avant la sortie du livre (un, ou peut-être deux, héros principaux devaient mourir) de lire par hasard un spoiler que je ne lisais plus rien depuis samedi, évitant le twitt effréné de Maître Eolas.

C'est bizarre de se dire que c'est fini.
La première fois que j'ai entendu parler d'Harry Potter, c'était à la radio en juillet 2000, lors de la parution de Harry Potter and the Goblet of Fire. J'étais un peu vexée de ne jamais en avoir entendu parler alors que le journaliste assurait que c'était un phénomène de société et que la New York Review of Book avait ouvert un classement "enfants" devant la grogne des auteurs et des éditeurs excédés de voir les livres de J.K. Rowling en tête des meilleures ventes depuis deux ans.
Nous étions en 2000, depuis une dizaine d'années je ne lisais pratiquement plus que des livres pour enfants et des romans policiers, un peu de philosophie, aussi.

Le 8 septembre 2000 (la date figure dans le livre), je trouvai chez Tea & tattered pages, une librairie/salon de thé de livres anglais d'occasion rue Mayet très particulière, sans doute un peu magique elle-même puisque chaque fois qu'on veut y manger une bonne raison s'interpose pour que cela ne soit pas possible, un exemplaire de Harry Potter and the Goblet of Fire. Je l'achetai, un peu choquée de trouver à l'intérieur une dédicace à la fille de la libraire: cette petite fille faisait peu de cas des cadeaux reçus. Vendre ses livres était-il une déformation familiale, le livre était-il donc si mauvais?

Je lus ce tome IV. Il me plut immédiatement: ce n'était ni niais ni pompeux, (les deux écueils de la littérature pour enfants), c'était moral sans être moralisateur, et l'idée de génie, me semblait-il, était d'avoir imaginé un univers magique possédant ses propres règles et contrainte: magie ne signifiait pas anarchique liberté, il y avait des cours, des examens, des professeurs, des vacances...
Le héros était parfait: ce n'était ni le plus intelligent ni le plus beau, il était un peu naïf, dans la plupart des situations il ne comprenait pas ce qui se passait ni pourquoi cela lui arrivait, à lui, sa principale caractéristique était le courage, ou plus exactement l'incapacité à céder ou à abandonner.
J'ai acheté et lu, je ne sais plus pourquoi, les livres dans l'ordre anté-chronologique : le III (le meilleur (avec le sept, désormais)), le II puis le I.

En novembre 2001, par pure mauvais tête, je présentais Harry Potter et la coupe de feu à un "dîner littéraire" d'anciens Sciences-Po. Le thème de la soirée était "la rentrée littéraire", et je trouve ce concept si stupide et si snob (que faut-il avoir lu pour être dans l'air du temps?) que cela me plaisait de provoquer quelques moues dégoûtées et quelques airs pincés (c’est mon snobisme personnel: provoquer l’air pincé des bien-pensants et des mieux-lisants).
J'adore l'air surpris et/ou dégoûté des gens lorsqu'ils découvrent que je lis Harry Potter: «Tu lis Harry Potter, toi?» (ou: «Vraiment, vous lisez Harry Potter?») et vlan, je descends de sept ou huit marches dans leur estime. Ce dont ils ne semblent pas se rendre compte, c'est que leur réaction me permet à moi aussi de les cataloguer.

J'ai acheté le tome V le jour de ma première rencontre avec Renaud Camus, lors d'une séance de signature chez Sophie Barrouyer (le 25 juin 2003, cf p.330 de Rannoch Moor), le tome VI est sorti le 16 juillet 2005, je l'avais dès le matin dans ma boîte à lettres et le tome VII, enfin, samedi dernier.
C'est toujours un peu mélancolique, le dernier tome d'une saga. Je ne souhaite qu'une chose, c'est qu'il n'y ait pas de suite, ce serait vraiment dénaturer l'esprit de l'ensemble pour n'en faire plus qu'un objet commercial. (A ceux qui diront que c'est déjà cela, je répondrai que ce l'est devenu ensuite, par récupération, mais cela n'a pas été écrit dans cet esprit. Le dernier tome en est la preuve éclatante, il n'y a pas de baisse dans la tenue du récit).


Il rejoint dans mon panthéon des livres pour enfants les Chroniques de Narnia et Le Seigneur des Anneaux.
J’ai découvert récemment que ces sagas étaient parmi les plus vendues au monde (cf Le Monde du 12 juillet 2007) : 100 millions d’exemplaires vendus pour C.S Lewis et traduction en trente langues, 100 millions également pour J.R.R. Tolkien et traduction en 25 langues, 325 millions pour J.K. Rowling et traduction en 60 langues.

J’ai lu Le lion et la sorcière blanche et Prince Caspian à sept ans, dans la bibliothèque rose. C’était comme d’habitude des livres empruntés à Ivan.
Je me les suis fait offrir au premier Noël passé en France. À dix-huit ans, j’ai découvert qu’il s’agissait en fait d’une série de sept livres, dont deux seulement étaient traduits en français, alors que ces Chroniques étaient même traduits en polonais (le livre trônait en vitrine de la librairie polonaise boulevard Saint-Germain). J’ai passé un été à traduire le premier de la série, Le Neveu du magicien, sur Rédacteur. Je ne l’ai jamais envoyé à un éditeur, qui aurait bien pu s’intéresser à un conte des années 50 dans la années 1990? C'était une traduction pour moi seule, qui dort dans une chemise bleue. Le lampadaire du jardin a été choisi en hommage à Narnia. (Et puis, sait-on jamais?)
Après le succès d’Harry Potter, la série a enfin été traduite au complet. L’article du Monde m’apprend que les Chroniques de Narnia sont meilleure vente de livres de jeunesse en France en 2006 (424900 exemplaires). Chère J.K. Rowlings, elle aura vraiment réussi un tour de magie.


Je ressens dans le dernier tome des Harry Potter une forte influence de Narnia.
Le tome V m’évoque la montée de l’hitlérisme, la résistance anglaise lors de la seconde guerre mondiale, il démonte les mécanismes qui permettent l’instauration d’une dictature : lâcheté du pouvoir en place devant les agitateurs, peur des individus qui craignent les dénonciations, le tome VI est un tome en demi-teintes, plus introspectif que les autres, qui en donnant les clés de l’enfance de Voldemort enseigne la pitié plutôt que la haine. Le tome VII, entre l’errance de la pemière partie, rappelant la marche des Hobbits à travers la Comté, la fuite de la banque évoquant Bilbo le Hobbit, la bataille de la fin et le sacrifice évoquant à la fois Le lion et la sorcière blanche et "La dernière bataille", inscrit définitivement la saga Harry Potter dans la lignée des récits anglais fantastiques pour enfants.
C.S. Lewis et J.R.R. Tolkien étaient profondément catholiques ; cela transpire à la lecture des livres cités ici : la mort d’Aslan dans les Chroniques de Narnia est une sorte de sacrifice christique, la quête dans Le Seigneur des Anneaux est une quête non pas vers la victoire, mais vers le renoncement : il s’agit de se dessaisir d’un objet de pouvoir, le pouvoir et le désir du pouvoir étant toujours ce qui corrompt absolument. Les sacrifices ne sont pas consentis au nom d’une vie meilleure, mais plus simplement pour qu’une vie, la vie, soit possible.
On retrouve ce même mouvement dans le dernier tome des Harry Potter, même si je pense qu’il s’agit davantage de la part de Rowling d’une assimilation profonde des leçons de ces grandes œuvres pour enfants — et sans doute d’un hommage — que d’un quelconque sentiment religieux.

Enfin, osons dire que J.K. Rowling écrit bien. Ses phrases sont claires, les sentiments développés ne sont pas pesants, les situations fourmillent de détails qui rendent le récit extrêmement vivant et vraissemblable (cf. par exemple dans le dernier tome l’accent français de Fleur, ou dans le tome VI les jumeaux qui rendent en plaisantant hommage à leur mère dont ils apprécient enfin le travail depuis qu’ils ont quitté la maison et lavent eux-mêmes leurs chaussettes), d’autant plus que ces détails ne sont pas oubliés et peuvent ressurgir à tout moment (comme la question de Harry à Dumbledore dans le tome I: «Que voyez-vous lans le miroir du Rised?», à laquelle nous n’auront un semblant de réponse qu’ à la fin du tome VII): comme dans tout bon roman classique (et un livre pour enfant doit être formellement classique), tous les questions obtiennent une réponse, rien ne reste pendant.
Ces livres ont tous à peu près la même structure, un événement étrange ou dangereux survient dans les soixante ou cent premières pages, puis se développent des interrogations et une recherche de réponses dans le milieu du récit, plus calme, enfin survient la crise finale, qui donne un certain nombre de réponses d’où naissent d’autres mystères. Le tome IV, central, est également le pivot de la série : il est le premier à faire plus de cinq cents pages et le premier se terminant par une mort, le premier d’une série d’échecs qui iront croissants : mort de Sirius dans le cinquième tome et de Dumbledore dans le sixième. Tous les bruits alarmants ayant précédé la sortie du dernier tome étaient donc structurellement logiques, ce qui était encore plus alarmant…

J'ai relu la dernière phrase du dernier livre avant de le fermer, car la rumeur voulait il y a quelques années que J.K. Rowling l'ait écrite dès le début des aventures de Harry.



Post-scriptum: un très bon article de Béatrice Bomel-Rainelli, très agréable à lire: Utilisation et déconstruction des stéréotypes dans le cycle Harry Potter.

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