Véhesse

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Billets qui ont 'Todorov, Tzvetan' comme auteur.

mercredi 15 avril 2009

Antoine Compagnon au Collège de France en 2009

Les titres des séminaires ont été choisis par les intervenants, les titres des cours ont été donnés par moi.

Je rappelle qu'il s'agit de notes de cours, éventuellement renarrativisées, à ce titre comportant des approximations, peut-être même des erreurs : il serait dangereux de juger les intervenants d'après ces notes.
  • mardi 6 janvier 2009 - cours n°1 : faire de sa vie une œuvre
  • mardi 13 janvier 2009 - cours n°2 : La littérature doit être impersonnelle
  • mardi 20 janvier 2009 - cours n°3 : Trois tentatives d'écritures personnelles contemporaines
  • mardi 27 janvier 2009 - cours n°4 : L'importance de la photographie
  • mardi 3 février 2009 - cours n°5 : Soudain, un contrepied
  • mardi 10 février 2009 - cours n°6 : Moi continu, moi discontinu
  • mardi 17 février 2009 - cours n°7 : La honte, la mort, l'amour
  • mardi 24 février 2009 - cours n°8 : Le lecteur comme chasseur
  • mardi 3 mars 2009 - cours n°9 : Parlons de Barthes
  • mardi 10 mars 2009 - cours n°10 : Le chagrin et le deuil
  • mardi 17 mars 2009 - cours n°11 : Du Journal de deuil à La Chambre claire
  • mardi 24 mars 2009 - cours n°12 : L'émergence du concept de biographie
  • mardi 31 mars 2009 - cours n°13 : Histoire des histoires de vie(s)



  • mardi 6 janvier 2009 - séminaire n°1 (professé par A. Compagnon) - Introduction au thème des séminaires : le témoignage
  • mardi 13 janvier 2009 - séminaire n°2 par Franck Lestringant - Témoigner au siècle des Réformes - Le témoin et le martyr
  • mardi 20 janvier 2009 - séminaire n°3 par Bernard Sève - Témoin de soi-même? Modalités du rapport à soi dans les Essais de Montaigne.
  • mardi 27 janvier 2009 - voir chez sejan
  • mardi 3 février 2009 - séminaire n°5 par Jean-Louis Jeannelle – Les mémorialistes sont-ils de bons témoins de notre temps ?
  • mardi 10 février 2009 - séminaire n°6 par Tzvetan Todorov – Les Mémoires inachevés de Germaine Tillion
  • mardi 17 février 2009 - séminaire n°7 par Henri Raczymow
  • mardi 24 février 2009 - séminaire n°8 - Jean Clair et les géants
  • mardi 3 mars 2009 - séminaire n°9 - Le projet et la méthode d'Annie Ernaux
  • mardi 10 mars 2009 - séminaire n°10 par Jacques Rancière - L'indicible comme preuve du témoignage
  • mardi 17 mars 2009 - séminaire n°11 par Jean Rouaud - invention du réel, invention de la souffrance
  • mardi 24 mars 2009 - séminaire n°12 par Claude Lanzmann et Eric Marty
  • mardi 31 mars 2009 - dernier séminaire - dernier séminaire

dimanche 15 février 2009

Séminaire n°6 : Tzvetan Todorov – Les Mémoires inachevés de Germaine Tillion

Je suis heureuse de voir enfin Todorov, dont le livre Face à l'extrême est une référence personnelle importante. Il a un accent léger et un atout incomparable: il ne lit pas ses notes! Vive la vieille école!

Sejan fournit une bibliographie et un résumé de ce séminaire.

Les Fragments de vie de Germaine Tillion seront bientôt édités. Ce sont des papiers trouvés dans un tiroir. Durant cette heure de séminaire, Todorov va nous raconter pourquoi ces papiers sont restés impubliés.

La question est à peu près: comment l'histoire peut-elle rendre compte de l'expérience individuelle, et inversement? Et doit-elle le faire?


En quittant Ravensbrück, Germaine Tillion a passé quelques mois en Suède, d'avril à juillet 1945. Elle publiera alors un texte sur Ravensbrück à la demande d'Albert Béguin qui dirige les Cahiers du Rhône: A la recherche de la vérité. Dans ce texte, elle refuse le récit. Elle veut montrer l'expérience collective, et conformément à ce que sa formation universitaire lui a appris (la méthode de l'ethnologie selon Mauss), elle se dépouille de son expérience.

A quelques exceptions près, d'ailleurs, on remarque que les ethnologues et sociologues n'écrivent pas sur leurs expériences: Norbert Elias ne parlera pas des tranchées, ni Marcel Mauss de la guerre, ni l'assistant de Marcel Mauss1...
Les exceptions seront Marc Bloch et Germaine Tillion.

E lle assistera au procès des gardiens des camps en 1946 et prendra conscience de l'impuissance de la justice devant l'étendue du crime.
Les morts sont innombrables mais chaque agonie est individuelle. D'autre part, il n'y a à la barre que dix à cinquante témoins: or il est faux qu'on puisse comprendre toutes les agonies à partir de quelques témoignages. (aporie de Germaine Tillion).

L'histoire est un processus de généralisation. Le phénomène de "réfraction historique" fait perdre l'expérience individuelle.

En 1947, l'International African Institute de Londres lui demande les résultats de son travail effectué entre les deux guerres (travail interrompu par la guerre et l'entrée dans la Résistance. Germaine Tillion découvre alors qu'elle ne peut plus écrire comme avant, elle ne peut écrire un rapport purement objectif. Elle doit composer entre son ressenti et les données objectives de son expérience.
L'International African Institute refusera ce travail: travail impubliable, Germaine Tillion "raconte trop sa vie".

En 1956-57, elle retourne en Algérie. Là, elle pensait pouvoir séparer l'étude de la vie, mais elle découvre que les deux sont inséparables. Dilemme: beaucoup de ses anciens amis de la Résistance sont militaires tandis qu'elle se reconnaît dans la cause algérienne. Elle disait drôlement qu'elle avait pris en cinq ans (1940-1945) l'habitude d'être du côté des "terroristes".

Elle est élue à l'Ecole des Hautes Etudes. Elle rédige un livre dans lequel elle tente d'expliquer qu'il n'est pas possible de continuer à faire des études ethnologiques de la façon détachée qu'elle a apprise. Car si d'une part il y a bien accumulation de données et de faits, d'autre part il y a transformation de celui qui accumule ces données, transformation par ces données ou le fait de les accumuler.
Elle décide alors de systématiser sa démarche de 1947 et de démontrer qu'il est vain d'aspirer à la pure objectivité. Pour connaître les autres, il faut que ceux qui vivent apprennent à regarder, ceux qui regardent apprennent à vivre.

L'information n'est pas la connaissance. La connaissance est le résultat d'une interaction entre le sujet (qui devient autre) et l'information (qui devient sens).
Les faits seraient à la partition musicale ce que l'expérience humaine est à la gamme. Les deux sont nécessaires.

Germaine Tillion ne publiera pas ce livre, peut-être parce que c'était l'époque du règne progressant du structuralisme. Ce sont ces notes qui vont être publiées (si j'ai bien compris).

Vers la fin de sa vie elle publiera un autre livre sur Ravensbrück en mélangeant son témoignage à celui d'autres personnes. L'absence de parti pris est impossible.

Vers la fin de sa vie, plusieurs livres d'entretiens sont publiés. Elle dira dans le dernier que ce qu'elle préfère dans les livres des autres, ce sont les moments où ils parlent d'eux-mêmes, et qu'elle l'aura fait finalement peu — peut-être par pudeur.



1 : Dans la discussion de la fin, Compagnon fera remarquer qu'ils ont peut-être été échaudés par le précédent constitué par Jean-Norton Cru.

dimanche 27 février 2005

Discussion sur l'honneur

Ce billet reprend et répond à la réponse de Renaud Camus.

Une sommaire tentative de récapitulation, de ma part, donnerait ceci : tragédie / drame (voire "souci"), aristocratie / petite bourgeoisie, virginité des femmes / liberté sexuelle ("innocence du sexe")…

Couples non-antithétiques : virginité des femmes / honneur, honneur / parole, parole / tragédie (suicide "d'honneur" - objection : est-ce que le suicide d'honneur n'est pas un cliché du "drame" ?)


Je remplacerais virginité par vertu, c'est-à-dire fidélité exclusive, seule garante de la lignée, du sang et du nom. Ce n'est pas, je pense, tant la fidélité des femmes qui importait (à la jalousie et autres sentiments de propriété près) que la certitude de l'origine de la descendance. Tout ici repose sur la parole des femmes, constatation étrange dans ce monde où elles avaient si peu accès à une parole publique (à moins que ce ne soit une contradiction qu'en apparence).

Quel rapport avec l'honneur? Qu'est-ce que l'honneur, sinon une certaine idée que l'on se fait de soi? Peut-on avoir de l'honneur si on doute de ses origines (entre autres, thème de ''L'Alouette'' d'Anouilh, légitimité du Charles VII douteuse)? Ne faut-il pas également, pour qu'il y ait sens de l'honneur, que l'individu considère qu'il y a des valeurs ou des principes supérieurs à sa vie, et n'est-ce pas finalement tout simplement cela qui a été perdu au XXième siècle: la vie posée comme valeur ultime de la vie, sans autre absolu?

Peut-on avoir de l'honneur si on doute de ses origines ? Il n’est pas évident que cette question soit pertinente par rapport au sujet.
Qu’est-ce que l’honneur, à quoi fait-il appel ou sur quoi s’appuie-t-il ? Un moment j’ai été tentée de lui donner une référence externe, d’en faire une référence au sacré. Mais je ne crois pas que ce soit cela. Il me semble que l’honneur, en dehors des cas où il n’est que soumission à une contrainte sociale (ne pas être accusé de lâcheté), se rapporte à une fierté, à une idée de soi, peut-être à ce qu’il faudrait nommer orgueil. C’est dans un certain sens s’accorder beaucoup d‘importance.

C’est ainsi d’ailleurs qu’il s’est dévalorisé. Concernant la vertu des femmes, la petite phrase «vous placez votre honneur à un bien étrange endroit» s’est répandue (cf Travers : un viol, c’est moins grave qu’une jambe en moins) et le sens de l’honneur a pris une connotation négative. A l’époque où je lisais Anouilh, je lisais plus généralement beaucoup de théâtre du XXe siècle: Giraudoux, Claudel, Camus l’autre, Sartre… L’honneur était tourné en dérision par les existentialistes, vivre, survivre, était la grande affaire, mourir était devenu la solution de facilité. Je reviens à l’analyse de Todorov dans Face à l’extrême :
Les dirigeants de l’insurrection [de Varsovie] agissent comme s’ils obéissaient au précepte : mieux vaut être mort que rouge. […] Une telle attitude héroïque force le respect. Mais on peut se demander en même temps si l’alternative ainsi formulée correspond bien aux possibilités «réelles». «Rouge» ne s’oppose pas à «mort», mais seulement à «blanc», «brun» ou «noir»; et seuls les vivants ont une couleur. L’un des combattants qui n’était pas d’accord avec le déclenchement remarque: «Si nous ne cessons pas un jour de tous vouloir mourir pour la Pologne, il n’y aura bientôt plus un Polonais pour l’habiter». Et les héros de l’insurrection morts, Varsovie devint quand même «rouge».
En fait, dans l’héroïsme, la mort a une valeur supérieure à la vie. La mort seule —la sienne propre comme celle des autres— permet d’atteindre l’absolu: en sacrifiant sa vie, on prouve qu’on chérit son idéal plus qu’elle. […] Dans certains circonstances exceptionnelles, et l’insurrection de Varsovie en est une, la mort peut être facile, en particulier si l’on croit à la résurrection des âmes, mais même sans cela: la mort reste une inconnue et par là elle fascine; perdre la vie, c’est mettre tout son courage en un seul geste. La vie, elle, peut exiger un courage de tous les jours, de tous les instants; elle peut être, elle aussi, un sacrifice, mais qui n’a rien de flamboyant: si je dois sacrifier mon temps et mes forces, je suis bien obligé de rester en vie. En ce sens, vivre devient plus difficile que mourir. […]
Cette attitude non héroïque a cependant un inconvénient c’est qu’elle se prête mal aux récits, en tout cas aux récits de facture classique; or la fonction narrative est indispensable dans toute société. En fait, les héros s’inspirent invariablement d’un exemple livresque ou légendaire appris au cours des années de jeunesse. Et dans le feu de leur action, ils prévoient déjà l’effet qu’elle aura une fois convertie en mots: le récit à venir forme le présent. Okulicki reproche aux autres plans d’insurrection «de ne pas être assez spectaculaire», alors que le sien est tel que «le monde entier en parlerait». Le bulletin des insurgés déclare, à la date du 3 octobre 1944 : «Personne en Pologne ni à Varsovie ne peut […] dire que nous nous sommes rendus trop tôt»: le souci des récits à venir est présent au moment de l’action même.

Tzvetan Todorov, prologue de Face à l’extrême
Cette idée «Si nous ne cessons pas un jour de tous vouloir mourir pour la Pologne, il n’y aura bientôt plus un Polonais pour l’habiter» m’a profondément marquée. Pour gagner, pour faire triompher ses idées, il faut commencer d’abord par survivre. Il s’agit d’un oubli de soi, de la gloire qu’on pourrait retirer d’une action héroïque, au profit de l’obstination à vouloir faire triompher une cause, même anonymement. Nous passons de l’honneur à l’humilité.

samedi 6 mars 2004

La fleur toujours

Message de Valery Larbaud (RC) déposé le 06/03/2004 à 11h20 (UTC)

Objet : Source Saint-Yorre

Il serait surtout intéressant de savoir qui est ce véritable Renaud Camus... Il pourrait peut-être nous renseigner sur l'origine de la "fleur sur le plancher", avant qu'elle ne me fasse perdre (ou recouvrer) la raison. Rien dans Sade, Fourier, Loyola. Rien, à première vue, dans Problèmes du Nouveau Roman ni dans Pour une théorie du Nouveau Roman. Rien dans Théorie de la littérature, anthologie des formalistes russes, pourtant, avec force considérations sur le conte, le mythe, etc. Rien dans Actes relatifs à la mort de Raymond Roussel, de Sciascia. Quelqu'un saurait-il si cette maudite fleur est présente dans Passage ? Quelqu'un connaîtrait-il des variantes de la phrase «Il lit un livre sur Sade et autres logothètes» (ou : que lit-il d'autre ?) Yerrette aura ma mort sur la conscience.

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Ma réponse

Je ne me souviens pas d'avoir vu cette fleur dans Passage. Mais cela ne veux rien dire, puisqu'une première occurence n'aurait pas retenue mon attention: il faut que je retrouve un motif pour que que je m'interroge (du motif camusien comme personnage balzacien).

Les échos que j'avais construits à partir de «Il lit un livre sur Sade et autres logothètes» sont les suivants (c'est très mince, je le concède) : de Barthes remonter à L'empire des signes, puis à «Je lis un roman moderne japonais» p.78. (J'avais imaginé que c'était Eloge de l'ombre (est-ce moderne, est-ce un roman?), parce que j'ai rencontré ce livre ailleurs, peut-être dans Tricks)). Il lit beaucoup d'autre chose : Nerval et l'histoire de Cazotte, La sorcière des Trois-Islets, des récits sur les enfants dans La France lointaine (plusieurs occurences, la première p.36).

La voilette aparaît p.44, sur une photo. Il regarde souvent un album de photos. Le filet de sang apparaît lors d'une pièce de théâtre p.52. Puis p.66.

Je vous en prie, n'en perdez pas le sommeil. Nous trouverons, plus tard, par hasard. Vous avez donné des piste, et des manières de voir (la syllepse, cher à Jean-Marc, sur le mot "légende"...) (Mais cette fleur sur le plancher, j'imaginais je ne sais pourquoi, une anecdote dans la vie d'un personnage célèbre. Peut-être parce que beaucoup d'événements se déroulant sur la Côte d'Azur sont de l'ordre de l'anecdote historique (l'impératrice Eugénie, le mariage des Monaco, la maison de Jules Verne).)

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Message de Renokamu Tiramisu (RC) déposé le 06/03/2004 à 16h45 (UTC)

Objet : L'Ombre des signes

Le roman japonais est celui où apparaît une très vieille femme, originaire de l'île du Nord, peut-être, et ses voisins, que le texte décrit élégamment comme "deux jeunes pédés", et dont l'un est surnommé "Cheveux-Verts". Ils ramènent chez eux beaucoup de monde, dont un marin américain dépoitraillé. Leur mode de vie paraît fasciner la vieille femme, qui vit au rythme de leurs entrées et sorties, de leurs rires, de leurs disputes et de leurs éclats dans la salle de bain.

Pour des raisons bien excusables (une transition beaucoup trop rapide), Angelo Rinaldi, le critique, avait confondu cette vieille Japonaise avec une quelconque princesse de Galles - ce qui lui fut dûment reproché dans un volume postérieur.

                                         ***************

Ma réponse

«Elle n'était alors que princesse de Galles. A la mort de l'aîné, elle a épousé son frère, le marin. Ses voisins sont deux jeunes pédés.» Passage p.18


Je dois avouer que je suis très impressionnée: il n'y aurait donc pas une phrase qui ne renvoyât à une référence intertextuelle, voire à plusieurs, entre le début et la fin de la phrase.

Evidemment, nous étions prévenus : «Chaque passage, chaque phrase souvent, et par exemple ici, y est certes une unité en soi, qui n'entretient avec son immédiat contexte qu'un rapport diégétique très mince, lâche ou inexistant. Mais chaque passage, chaque phrase, chaque mot n'a droit de présence qu'à appartenir à des réseaux très complexes, par chaque volume tissés, resserrés, enrichis, par l'oeuvre entière élaborés, et, puisque celle-ci n'est qu'un extrait, un églogue, des églogues, par le monde chaque jour fomentés, corrigés, confirmés.»


Mais je n'avais pas réellement pris la mesure de ce que cela signifiait jusqu'à ces derniers jours.


A ce compte-là, si je passe douze semaines sur chaque livre, sans compter les livres à lire entre les livres, je ne suis pas prête, moi, d'avoir lu tous les livres. (Ne vous aurai-je jamais (bien eu)? C'est vous qui êtes en train de m'avoir.)

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Message de Rinaldo Schpountz (RC) déposé le 07/03/2004 à 15h49 (UTC)

Objet : Point de Vue & Images du monde

Magari....

(Marie de Teck, d'abord fiancée à Albert-Victor, duc de Clarence, fils du futur Édouard VII et petit-fils de la reine Victoria, épousa, à la mort de celui-ci en 1892, son frère cadet, George, duc d'York, officier de marine, plus tard prince de Galles et encore plus tard roi d'Angleterre et empereur des Indes (George V). Devenue la reine Mary, et surnommée "le Dragon" ("Georges et le Dragon"), elle est morte en 1953, peu de temps après la mort de son fils Georges VI et l'accession au trône d'Élisabeth II .)

                                         ***************

Ce message éclaire le "ce qui lui fut dûment reproché" ci-dessus

******** Ce sont sans doute ces lignes qui feront écrire à M. Angelo Rinaldi, romancier et critique littéraire, dans un article d'ailleurs très aimable de L'Express (31 mars 1975), que se distinguent, parmi les personnages discernables dans Passage, un employé de maison d'édition, un cover-boy américain, et leur voisine, une princesse de Galles dont le comportement ne fait certes pas honneur à la moralité des Windsor. Le pauvre Rinaldo, cet ange, toujours soucieux d'éviter les invraissemblances et d'observer toutes les vérités historiques, jugea certainement étonnante cette information sur son livre. Mais après tout, que le lecteur investisse et projette... *********


********* On lit bel et bien, p.18, sans la moindre transition ni solution de continuité : Elle n'était lors que princesse de Galles. A la mort de l'aîné, elle a épousé son frère, le marin. Ses voisins sont deux jeunes pédés. L'un est lecteur dans une maison d'édition... Et le malheureux critique, pour ne rien dire du lecteur, devrait comprendre, dans ces conditions, que les voisins sont ceux de la de la très vieille femme, originaire de Sapporo, mentionnée page 17? Et pourquoi pas qu'il s'agit sans doute du roman moderne japonais lu p.78 d'Echange, probablement sur la terrasse du musée, à Saint-Paul-de-Vence, et qui devient d'ailleurs, p.95, L'Empire des Signes, et même, p.119, un livre sur Sade et autres logothèques!!! Un peu de sérieux, de grâce!
Renaud Camus, Travers p.18 et 19


1) Ambiguïté de "Un peu de sérieux, de grâce!" : à la première lecture, trop rapide, j'avais pensé que c'était Rinaldi qui était ainsi apostrophé. En recopiant le texte, je m'aperçois que c'est en fait l'auteur qui l'est: il lui est reproché d'attendre de son lecteur des dons de divination.

2) J'avais donc remonté la chaîne des associations dans l'autre sens: du livre sur Sade à L'empire des signes au roman moderne japonais. (La piste était fausse, mais il n'était donc pas complètement idiot de la suivre).

3) Se confirme l'idée terrible qu'après chaque nouveau livre lu il faudrait relire tous les livres déjà lus afin de les éclairer du dernier livre lu. Il ne faut pas que j'y pense...

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