Véhesse

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Billets qui ont 'race juive' comme mot-clé.

lundi 26 avril 2004

Le complexe du colonel Bramble

Dans Du sens, p.541, j'avais rencontré, à mon grand plaisir et mon grand étonnement, Les discours du docteur O'Grady. Le passage de Maurois que je retiens de mon enfance est celui-ci, dans Conseils à un jeune Français partant pour l'Angleterre:
Sois modeste. Un Anglais te dira: «J'ai une petite maison à la campagne»; quand il t'invitera chez lui, tu découvriras que la petite maison est un château de trois cents chambre. Si tu es un champion du monde de tennis, dis: «Oui, je ne joue pas trop mal.» Si tu as, dans un voilier de six mètres, traversé l'Atlantique, dis «Je fais un peu de canotage». Si tu as écrit des livres, ne dis rien. Ils découvriront eux-mêmes avec le temps, cette regrettable mais inoffensive faiblesse; ils te diront en riant: «J'ai appris quelque chose sur vous», et ils seront contents de toi.

André Maurois, Conseils à un jeune Français partant pour l'Angleterre
J'ai l'impression de retrouver régulièrement dans Camus cette façon d'en dire moins, ou de se taire, lorsqu'on pourrait dire quelque chose à son avantage. Par exemple cette scène, à ma connaissance, n'est évoquée qu'ici, de cette façon cryptée:
si bon je ne suis tu n'es pas personne n'est tout à fait certain que le meilleur moyen de les comment dites-vous de les aider à s'in soit bien de leur faire écouter du Chopin ou les mouvements lents des concertos pour violoncelle de Vivaldi dans la bibliothèque suspendue au-dessus de la campagne au dernier étage d'un perdu et de bavarder avec eux plus ou moins à bâtons tout en buvant du au-dessus des arbres mais elle la comment dire la moni la guide la responsable oui hélas il craint que ce soit bien là le elle disait que elle lui avait même écrit pour lui dire que elle ne manquait jamais une occasion de lui qu'ils en gardaient un que c'était pour eux quelque chose de très qu'ils n'en revenaient pas que quelqu'un qui que quelqu'un que leur prête tant d'leur donne tellement de son qu'ils lui avaient dit que plusieurs d'entre eux lui avaient dit que chaque fois c'était pour eux le meilleur mo dans le et ça l'avait beaucoup tou

Renaud Camus, L'Inauguration de la salle des Vents, p.276
Je n'ai pas trouvé trace de cela en feuilletant La salle des Pierres. Quelqu'un a-t-il lu ailleurs une recension de la scène évoquée ci-dessus? ou, dans un tout autre genre:
Je me suis abstenu de répondre, malgré la tentation, que sa remarque était peut-être vraie s'agissant de sac à main arraché ou de vol à main armée, mais qu'en matière de délit d'opinion cette injustice s'inversait; et que par exemple lui pouvait écrire impunément, à la première page de sont récits, que les feujs il les reconnaissait toujours, il avait un truc pour ça, tandis que si j'affirmais rien de pareil, moi, même en guise de plaisanterie, trente ans de Sibérie seraient jugés une peine trop douce.

Renaud Camus, Sommeil de personne, p.534
Et la question est: pourquoi s'être abstenu, pourquoi ne pas avoir cédé à la tentation, ne pas avoir fait éclaté l'incohérence et l'injustice?

Complexe du colonel Bramble, discrétion sur les faits qui seraient retenus en notre faveur, pari en cas d'injustice ou d'exagération que la discrétion et le bon droit triompheront.
André Maurois écrivait dans l'entre-deux guerres, et à propos de l'Angleterre. Il est fort probable que les catégories qu'il prône ne s'appliquent plus guère de nos jours.

vendredi 18 octobre 2002

L'obsession juive

Il y a belle et bien une obsession juive chez (dans l'œuvre de) Renaud Camus, et ce, dès les premiers ouvrages.

L'étrange, et pardonnez-moi d'écrire de telles évidences, davantage destinées aux visiteurs de passage qu'aux lecteurs fidèles, l'étrange, donc, est que cette obsession soit exactement l'inverse de celle que lui reprochent ses détracteurs : elle est un hommage à la culture juive, jointe à la douleur permanente du souvenir du Désastre.

1978 - Travers, p 67 : «Les trois grands juifs qui nous ont façonnés nous ont appris, grâce à la sûreté de leur paranoïa, que tout est relatif, jusqu'à la vérité, et qu'il n'est de discours qui n'en cache un autre (...)».

1983 - Roman Roi, p 496 : «Les os de ma mère ne sont pas enfouis dans cette terre qui ne flâtera plus nos ombres hâtives, mais dans quelques charniers d'Allemagne ou de Pologne, dont je ne sais même pas le nom. (...) Et quand une fois j'ai osé m'adresser à l'un des hommes de bure, il m'a dit : «Sarah Steiner! Mon pauvre enfant, elles s'appelaient toutes Sarah Steiner!» Pour m'éloigner de lui, j'ai prétendu que je comprenais exactement ce qu'il voulait dire, et je comprends maintenant qu'il ne voulait rien dire exactement.»

1991 - l'Elégie de Budapest, p 316 : «C'était au demeurant un garçon sympathique, pour autant qu'il soit possible d'être antisémite et sympathique, et ce doit l'être évidemment, sans quoi tout serait beaucoup trop simple, et rien si grave.»

1997 - Discours de Flaran : «Comment produire encore de l'art, quand par décence on ne veut plus rien dire, plus rien vouloir, plus rien montrer?»

2002 - Du sens, p 387 «Le XXe siècle culturel et, je crois, spirituel se ressemblerait plus à lui-même si les Juifs y figuraient seuls que s'ils n'y figuraient pas du tout.C'est à eux qu'il doit sa forme générale et ses contours, sinon toute sa chair.»

Et la question : que faire maintenant, maintenant après le Désastre?
Et cette proposition de réponse toute simple : et si l'on cessait de parler, de traiter des juifs sur un mode à part? Si l'on s'autorisait à porter sur eux les jugements que l'on n'hésiterait pas à porter sur des bretons ou des protestants? Et si l'on réinscrivait les juifs dans le discours commun?
Et ce, aussi bien en politique internationale (Buena Vista Park 1980 p 91 : «Israël - L'Occident a essayé d'expier, vingt ans durant, sa culpabilité monstrueuse à l'égard des juifs en refusant d'envisager que l'Etat d'Israël puisse être coupable de la moindre injustice à l'égard des Palestiniens (et à fortiori de sévices)») qu'en politique culturelle nationale (La Campagne de France 2000 «les collaborateurs juifs du "Panorama" de France-Culture exagèrent un peu, tout de même (...)»)

Avec les résultats que l'on sait...

NB: EB signale ensuite la p.286 de La Guerre de Transylvanie.

mercredi 21 août 2002

Les grandes questions

Qu'est-ce que vous voulez dire exactement par la race juive ?
Vous n'auriez rien de plus petit, comme question? avais-je été tenté de lui répondre.

Renaud Camus, Du sens, p.362, P.O.L, 2002

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