Billets qui ont 'politesse' comme mot-clé.

La familiarité

Il me semble que je ne déteste rien tant que la familiarité, au fond.

Renaud Camus, Vigiles, p.10

Je déteste la familiarité — sauf la familiarité acquise, apprivoisée, version renard dans Le Petit Prince. Il me semble que je ne déteste rien tant que la précipitation, au fond (puis l'affectation, quand vient le temps de la familiarité et que ce moment n'est pas saisi).

Axiome

Le pire inconvénient des gens grossiers, c'est qu'ils vous obligent, à la longue, à l'être aussi.

Renaud Camus, Notes achriennes (1982), p.37

Au temps pour moi

extrait de dialogue repris sur le forum de la SLRC.

Note de bas de page, Eloge moral du paraître p 80 : «Tautologie toujours : la bonne pratique, c'est celle qui se pratique. De même qu'elle a cessé d'être un objet d'amour, la langue cesse d'être l'objet d'un idéal : elle est simple constation de ce qui est, adhésion résignée à l'étant.»


J'ai été enchantée de découvrir cet "au temps pour moi", et justement parce que, écrit comme cela, cela ne signifie quelque chose que pour ceux qui savent ce que cela signifie. Même si finalement, il est bien entendu qu'"autant pour moi" finira par l'emporter.
«Ô temps pour moi», a exactement écrit Renaud Camus. C'est drôle, c'est joli, c'est beau, ça dépend comment vous le lisez. Cela a peut-être encore moins de sens que "au temps pour moi", aussi peu de racines que "autant pour moi". Mais lire ces quatre mots me fait rire. On dirait un prisme, ils n'ont pas le même sens selon l'endroit d'où on les regarde (on pourrait repartir dans les passages, vous savez : ô temps, Lamartine, les élégies,...)


Message de Laurent Husser déposé le 05/02/2003 à 10h42 (UTC)

bonjour vous,

cela commence à bien faire, je m'emmêle les pinceaux. Alors, cet autant pour moi, qui veut bien dire ce qu'il veut dire, que je retrouve même dans Le Robert.......C'est celui là ou pas? parce que franchement, le coup du langage spécialisé de militaire, etc.....je peux le faire aussi avec le langage botanique ou d'obscurs mots récupérés chez mes chers Décadents de la fin du XIXe.......
Et puis, appel général. J'ai un Grevisse sur mon bureau, on s'en sert comment de ce truc-chose-machin-chouette? Ici, à Luxembourg, pour le français, on repassera. En plus il est édité chez Duculot, vous parlez d'un jeu de mot à deux balles....1762 pages de linguistique et de grammaire, je veux bien. Mais là, je suis bêtement démuni. Un mode d'emploi?On y trouve autant pour...?
Bien à vous, mes Sauveurs


ma réponse

C'est très simple :

si vous êtes cratylien, vous écrivez "au temps pour moi",
si vous êtes hermogénophile, vous écrivez "autant pour moi",

si vous voulez vous distinguer, vous écrivez "au temps pour moi",
si vous voulez être discret, vous écrivez "autant pour moi",

si vous voulez affirmer votre amour de la langue, vous écrivez "au temps pour moi",
si vous trouvez que la langue doit avant tout être pratique, vous écrivez "autant pour moi"

Pour simplifier, vous pouvez également opter pour le sobre et de bon goût "excusez-moi", toujours en usage.

Les billets et commentaires du blog vehesse.free.fr sont utilisables sous licence Creatives Commons : citation de la source, pas d'utilisation commerciale ni de modification.