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La Quinzaine littéraire, du 16 au 31 mai 1989

Texte retrouvé par Patrick Chartrain.

Numéro spécial : « Où va la littérature française ? »

Nous avons envoyé le questionnaire ci-dessous à un certain nombre d’écrivains que nous estimons et dont l’œuvre nous paraît significative. Il s’agit d’un choix, non d’une sélection.
La plupart sont des romanciers. Il en existe beaucoup d’autres.
Nous n’avons pas voulu, non plus, interroger des poètes uniquement poètes et des spécialistes de l’essai. Pas plus que les collaborateurs habituels de la Quinzaine romanciers ou poètes.
Nous pensons toutefois que ce choix donne la meilleure idée des préoccupations de chacun des écrivains interrogés et d’un certain état de la littérature en France aujourd’hui.

1. On entend souvent dire que l’époque serait celle de « la fin des avant-gardes », de « la libération par rapport aux théories », et du « retour au récit ». Vous sentez-vous concerné par ces débats ? La notion d’avant-garde et tout ce qui s’y rattache a-t-elle joué un rôle dans votre parcours ? De façon générale comment pourriez-vous définir en 1989 votre projet d’écrivain ?

2. Toujours un écrivain se choisit des ancêtres et élit ses contemporains. Qu’on pense aux Surréalistes, à Sartre, au Nouveau Roman ou à Tel Quel. Quels sont vos ancêtres ? Et de qui — ce sont peut-être les mêmes — vous sentez-vous contemporains ? Français ou étrangers, écrivains ou intellectuels, plasticiens ou philosophes. Autrement dit que lisez-vous, que voyez-vous, qu’écoutez-vous qui résonne avec votre travail d’écrivain ?

3. On dit partout qu’il n’y a plus de vie littéraire, ni critique digne de ce nom. Qu’elles auraient été tuées par les médias et le commerce et les réseaux intéressés de célébration mutuelle qui s’y développent. Comment percevez-vous cette crise ? Avez-vous le sentiment d’appartenir à un milieu littéraire ?

Réponse de Renaud Camus

Les Théories ? Des récits parmi d’autres

I. « La fin des avant-gardes » ? Mais depuis le temps qu’on célèbre ce deuil exquis, à grand renfort de crocodilesques sanglots se mêlant aux affreux récits des rescapés, va t-on pas voir pointer sur l’horizon millénarien, de nouveaux éclaireurs, anarchiquement réactionnaires, subversivement académiques, solitairement civilisés, qui nous éblouiront par leur absence, ne serait-ce qu’à nos rustaudes pleurnicheries et funéraires banquets louis-philippards?
« Libération par rapport aux théories », dites-vous ? Mais la vérité est qu’elles ne m’ont jamais bien fort opprimé, personnellement, d’autant que je les ai toujours envisagées, peu ou prou, comme des récits parmi d’autres, mieux balancés que plus d’un, des espaces de fiction, de pulsion, de tension dramatique ou romanesque, de passion flamboyante, même, où je ne suis pas sûr qu’atteignent couramment les mieux léchés de nos romans d’aérogare, ni même leurs rivaux d’Harlequin, malgré le formalisme outrancier dont ils sont en douce bétonnés.
Quant à la question rebattue du « retour au récit », j’ai bien peur que s’y puisse seule colleter, une fois de plus, la barthésienne « bathmologie », science à demie sérieuse (et d’autant plus efficace) des degrés de discours, qui permet de bien voir qu’entre des propos apparemment semblables, et des positions superficiellement identiques, il peut exister les plus sérieuses différences, dues par exemple aux itinéraires qu’ont suivi ceux qui les tiennent pour parvenir à cette illusoire coïncidence. Dans le cas particulier : tout le monde est à peu près d’accord, en effet, pour un « retour au récit », mais le récit n’est pas un lieu de rendez-vous sans ambiguïté pour ceux qui ne l’ont jamais quitté, d’une part, et pour ceux, dont je suis, qui en sont un peu sortis pour aller voir, du dehors, de quoi il était fait, et ce que l’on pouvait en faire encore. (…)

II. A. O. Barnabooth, Roland Barthes, Yves Bonnefoy, Jorge Luis Borges, Jacques-Bénigne Bossuet, Constant Cavafy, François-René de Chateaubriand, Frédéric Chopin, Denis Duparc, Empédocle, Denis Gaultier, Gérard Genette, André Gide, Roland de Lassus, Dinu Lipatti, Henry Jean-Marie Levet, Antonio Machado, Philippe Manoury, Jean-Paul Marcheschi, Vladimir Nabokov, Luigi Nono, Blaise Pascal, Saint-John Perse, Fernando Pessoa, Gérard Pesson, Pierre de Cortone, Ezra Pound, Marcel Proust, Robert Rauschenberg, Jean Ricardou, Rainer-Maria Rilke, Robert Ryman, Severo Sarduy, Richard Serra, Sidoine Apollinaire, Claude Simon, Antonio Tabucchi, Paul-Jean Toulet, Cy Twombly, Anton Webern, Walt Whitman, Virginia Woolf, etc.

III. Qu’il y ait ou non une « vie littéraire », je ne saurais en juger, me tenant relativement à l’écart de ce qui pourrait en tenir lieu, nullement par dédain, d’ailleurs, car après tout certaines brillantes sociétés littéraires ont coïncidé avec de hautes littératures, mais plutôt par inaptitude sociale, manque de temps, défaut d’envie, inappétence à l’égard des groupes quels qu’ils soient. Ce que je trouve curieux, et malheureusement très juste, c’est le rapprochement apparemment abrupt que vous opérez, terme à terme, pour ainsi dire, entre « vie littéraire » et « critique digne de ce nom », comme s’il n’existait plus de critique que liée à des cénacles, des camarillas, des réseaux d’amitiés et d’intérêts, des groupes de pression, des calculs et des stratégies. (…)
Stendhal, bizarrement (car ce souci paraît peu progressiste…), s’inquiétait de la disparition dans les Lettres, des dilettantes, des grands seigneurs, des hommes de condition indépendante que leur situation dans le monde dispensait d’avoir, par leurs écrits, à faire carrière ou à gagner leur vie : il voyait dans cette autonomie la garantie de la liberté de la littérature. De la critique a fortiori, pourrait-on penser… Or, aujourd’hui, il n’est pratiquement pas un seul critique en place dans les grands quotidiens ou les hebdomadaires à fort tirage qui n’ait à gagner sa vie, d’une part, ce qui est bien légitime, et qui d’autre part (c’est là que la situation se complique dangereusement) ne soit lui-même écrivain, romancier de préférence ; ou ne le devienne, tant lui sont facilitées par son état les relations avec les éditeurs, les autres critiques (romanciers comme lui et qui dépendent de lui comme il dépend deux), les jurys littéraires et donc le public. Sait-il bien, le public, qu’un homme ou une femme qui dispose d’une chronique régulière dans un journal important, ou d’un siège dans un comité de lecture, ou d’une voix dans un jury, ou de plusieurs de ces avantages, ou de tous (le fin du fin mais le B A BA de toute carrière judicieusement menée), qu’un tel homme, ou qu’une telle femme, jouit du même coup d’une véritable immunité critique, et verra chacun de ses ouvrages (s’agirait-il de l’Homme de proie ou de la Femme de peine, et présenteraient-ils donc, à l’œil nu de l’amateur non prévenu, le plus emphatique défaut du plus ténu rapport avec ce que peu être la littérature) encensé par ses pairs, qui comptent bien que leur sera renvoyée la rhubarbe, avec l’ascenseur, les exclamations au génie et le séné, quand il s’agira d’écouler flatteusement sur le marché leur production, de placer un protégé ou de décrocher quelque prix ; c’est-à-dire (très honnête espérance, après tout), de payer le loyer, la crèche ou l’université du petit, le lifting de bobonne ou l’installation de Belinda dans ses meubles, en somme de persévérer dans l’être littéraire… (…)

L'œuvre crée son public

Ce qui est cause qu’une œuvre de génie est difficilement admirée tout de suite, c’est que celui qui l’a écrite est extraordinaire, que peu de gens lui ressemblent. C’est son œuvre elle-même qui, en fécondant les rares esprits capables de le comprendre, les fera croître et multiplier.

Marcel Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs, Clarac p.529/ Tadié p.519-523

La vitesse à laquelle nous oublions est stupéfiante, de Michel Francesconi

Concours : sous quel pseudonyme cet auteur intervient-il sur les forums camusiens ?
(Evidemment, dévoiler ce pseudo serait une méthode assez simple de lui acquérir des lecteurs: curiosité garantie.)

Le titre est une citation de Comment se faire des amis, de Dale Carnegie. Titre doublement trompeur: le narrateur a perdu ses amis et ne peut oublier.

Il s'agit d'un premier roman (pour les amateurs d'œuvres complètes il existe également quelques nouvelles) dont le style et le rythme me font songer au Gide des Faux-Monnayeurs ou des Caves du Vatican. Il s'agirait d'un de ces romans qu'on dit initiatiques parce qu'ils concernent le passage à l'âge adulte s'il n'était raconté dix ans plus tard, ce qui fait que je ne sais si le terme s'applique encore. Il s'agit aussi, ou surtout, d'une interrogation sur ce qu'est l'art, ou ce qu'est devenu l'art, et sur le temps, facteur d'irréductible étrangeté tout autant que d'irréductible permanence.

Que noter? importance de la nuit, de la nuit blanche: temps hors du temps, où l'on prépare l'avenir ou revit le passé, le sien propre ou celui de l'espèce, temps de transition qui ouvre et ferme des périodes; importance du récit en tant que tel, qui va en s'accélérant au fur à mesure qu'on passe d'un narrateur omniscient à un dialogue puis à un monologue. Quelque chose de désuet dans la méfiance envers les technologies nouvelles (téléphone portable et internet, nous sommes en 1998, année de la naissance de Google dont bien sûr on ne peut imaginer ce qu'il deviendra — ni même avoir réellement conscience qu'il existe), sans que je puisse décider si ce désuet est désuet ou au contraire très moderne dans son détachement sceptique face au progrès technologique considéré comme inéluctable. Mise en scène du langage qui se perd et se délite, utilisation de l'italique pour détacher les scies et les erreurs du langage contemporain, médiation du jeu pour se donner la possibilité d'écrire un français soutenu dont l'artificiel est ainsi souligné.
Tout cela permet de décrire les travers de la société avec un détachement sans violence, sans ironie, qui provoque par sa douceur même un sourire de regret.

Livre qui commence par un coma, celui de Jean-Pierre Chevènement, et qui pourrait se lire comme un coma, celui du narrateur, dont le récit libérateur lui permettra peut-être de sortir de son long rêve éveillé.



Quelques extraits :

  • une aire de jeu (à Nice)

Il alla s'installer dans un jardin public où il savait avoir une chance de rencontrer son ami. Les jeunes gens y avaient peu à peu imposé leurs horaires aux retraités, ceux-ci ne reprenant possession des lieux qu'en leur absence, hormis sous la forme généralement masculine de solitaires rapidement soupçonnés d'intentions perverses, la plupart du temps fantasmées.
Faute d'équipement ludique et de revêtement de sol élastique, on ne rencontrait pas de mères de famille. Un jour ou l'autre, c'était à prévoir, la municipalité déciderait d'y remédier. On installerait alors une de ces structures hybrides aux couleurs criardes ou pastel, maisonnettes-toboggans en forme de coccinelle, de champignon, de bulle ou de tout ce que l'inspiration pourrait suggérer pourvu que les angles droits soient bannis. Il y aurait un tourniquet, des systèmes sécurisés pour se balancer. On délimiterait clairement les espaces. Les poussettes pourraient alors faire leur entrée et le vide autour d'elles. Les adolescents aussi bien que les vieux s'en iraient ailleurs, les uns fuir le regard des mères, les autres les cris des enfants.
Jusqu'à présent le square avait échappé aux aménageurs. Il vivotait tranquillement, complanté de pins maritimes et d'un grand magnolia. Le lieu s'offrait sans prétention à un public sans autre exigence que celle de se poser, selon l'expression en vogue parmi les lycéens.
Michel Francesconi, La vitesse à laquelle nous oublions est stupéfiante, p.52


  • L'art après Duchamp (le narrateur est en première année à l'école des Beaux-Arts).

Les manques signalés dans la culture générale de la plupart d'entre eux non seulement ne les portaient pas à l'humilité des novices, mais n'étaient pas incompatibles avec le sentiment d'en savoir long, de savoir surtout qu'ils venaient après toutes les déconstructions, les radicalités et les audaces des avant-gardes. Il ne fallait pas croire qu'ils s'en laisseraient conter facilement! Ce qu'ils ignoraient ou ne savaient qu'approximativement ne faisaient pas d'eux des innocents. Dada était passé par là, et personne, plus de quatre-vingts ans après, ne s"en était encore vraiment remis. Dans le plus clair de leur prise de position, débats et gestes, professeurs, élèves et artistes invités peinaient à ne pas figurer peu ou prou une nuée de mouches autour de l'urinoir de ce diable de Marcel Duchamp, quand ils ne restaient pas suspendus à son porte-bouteilles.
C'était curieux (et pour Gabriel, une situation sans attrait), ces procédures anciennes telles que notes, examens, jury, validation de passage dans l'année supérieure, qui subsistaient sur fond d'absence de critères à peu près définis pour étayer un jugement. On pouvait continuer à trancher après avoir montré que tout était possible. La pédagogie s'en ressentait, changeante, expérimentale, volontiers paradoxale. Tel professeur pouvait déclarer que l'art ne s'apprenait pas, qu'une école était inutile, et lancer immédiatement après les sujets qu'il faudrait traiter, «L'espace et le temps», «L'intervention du spectateur est telle qu'elle modifie la nature même de qui est observé».
Ibid, p.78


  • Le Loto

Je gravais sur la pierre la série de chiffres en imaginant qu'un jour très lointain ils échapperaient à toute analyse, un tableau de statistiques des fréquences de sorties des numéros du Loto pendant les six derniers mois, un numéro et en dessous le nombre de fois où il était sorti, sur cette page de journal qui me servait de modèle s'étaient penchés des parieurs pour préparer leur grille à la recherche de la bonne martingale et personne sur cette terre, absolument personne n'était capable de dire pourquoi le 12 étaient sorti vingt-cinq fois plus souvent que le 34, obstinément absent de tous les tirages depuis des semaines, rien, pas un début de compréhension de ce phénomène tranquillement irréductible, naturel, et qui renvoyait Homo sapiens dans sa caverne, pas plus avancé face à la manifestation de ce noyau dur du hasard, capable de modifier radicalement la vie de n'importe quel quidam, je les voyais, les familles ou les solitaires, devant leur télé, en train de regarder les boules tourner dans leur sphère en plastique transparent et l'une d'entre elles soudain libérée glisser sur un rail, s'extraire du groupe, je l'ai, celui-là aussi, et cet autre encore, et pour finir la combinaison complète, un choc, un choc totalement absurde, leur destin basculant d'un coup, ils allaient remonter à la surface de la vraie vie, définitivement mis à l'abri du souci matériel, c'est bien ce qu'ils espéraient, non? Remonter des profondeurs de leur condition sociale comme des plongeurs en apnée, ils négligeraient de suivre des paliers avant de sortir à l'air libre de l'oisiveté, de la fin du gagne-pain, non, ils remonteraient d'un coup, trop vite, et les poumons leur pèreraient à la figure tout l'oxygène du luxe, la plupart n'en profiteraient que quelques années, les boules sorties se seraient bien moquées d'eux, on le savait, on connaissait le risque, mais chacun pour soi serait plus malin, on saurait s'y prendre, on deviendrait milliardaire à vie sans se faire avoir. J'étais fasciné par les interviews des gagnants, quands ils parlaient, cette modestie à laquelle ils s'efforçaient et qui était faite pour montrer à tous qu'ils maîtrisaient la situation, que tout ça ne leur montait pas à la tête, certains affirmaient qu'ils allaient continuer à travailler quelque temps, tu parles! Bonnes résolutions de micro, instinct immédiat à dissimuler l'aisance matérielle, on savait que le soir même ils iraient passer la nuit dans un palace, juste pour voir, après quoi suivraient toutes les autres occasions, justes pour voir, et à force de juste pour voir la vague des boules sorties les emporterait quelques années et les recracheraient dans un appartement à factures, estourbis, contraints à nouveau de compter parce que la richesse ne changeait pas les proportions habituelles, les malins, les prudents, les sages restaient logiquement dans la même proportion chez les parieurs gagnants que parmi tous le tout-venant de la population: une minorité, ils auraient fixé les yeux sur un tas de boules en suspension agitée et livré à une combinaison quelconque le pouvoir de régler leur sort.
Ibid, p.247

Les Anciens et les Modernes

Claude Mauriac cite Le Paysan parvenu de Marivaux :
Quoi qu'il en soit, la conversation entre un vieil officier cultivé et un jeune auteur, telle que nous la fait entendre Marivaux dans cette voiture qui va à Versailles, pourrait se produire, aujourd'hui, encore, entre deux intellectuels d'âges et de formations différents, l'un tenant pour les auteurs rassurants dont il a l'habitude, l'autre pour les recherches nouvelles:

— En vérité, Monsieur, reprit le militaire, je ne sais que vous en dire, je ne suis guère en état d'en juger, ce n'est pas un livre fait pour moi, je suis trop vieux.
— Comment, trop vieux ! reprit le jeune homme.
— Oui, dit l'autre, je crois que dans une grande jeunesse on peut avoir du plaisir à le lire. (…) D'ailleurs je n'ai point vu le dessein de votre livre, je ne sais à quoi il tend, ni quel en est le but. On dirait que vous ne vous êtes pas donné la peine de chercher les idées, mais que vous avez pris seulement toutes les imaginations qui vous sont venues, ce qui est différent: dans le premier cas, on travaille, on rejette, on choisit; dans le second, on prend ce qui se présente, quelque étrange qu'il soit, et il se présente toujours quelque chose; car je pense que l'esprit fournit toujours bien ou mal.


Dernière phrase où apparaît virtuellement la découverte par Diderot, par Dujardin puis par Joyce, du monologue intérieur…

Claude Mauriac, Le Temps immobile, p.184-185 (19 juin 1970)
C'est étrange, j'aurais plutôt pensé l'inverse : qu'il faut avoir beaucoup lu pour être capable de chercher et apprécier la nouveauté, et que la "grande jeunesse" préfère les récits classiques, structurés. Elle s'impatiente dès qu'elle ne comprend pas, dès qu'elle est mise en difficulté. Il lui manque la patience de la lecture confiante.
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