C'est un véritable plaisir de découvrire la visite guidée dans les livres que propose Rannoch Moor, avec commentaire des traductions. Je ne savais pas que l'origine des mots était tabou(e?) en linguistique.

Est-ce la Revue internationale de linguistique qui par statut refusait tout article traitant de l'origine des mots? (Mais où diable ai-je bien pu lire cela?)
Renaud Camus, Rannoch Moor, p.668



Cela m'a fait penser à ce passage que j'aime bien, même s'il rend moins bien en français :

C'est un fait curieux (et auquelle nul ne sait au juste quelle importance attacher) mais quelque 85% de tous les mondes connus de la Galaxie, qu'ils soient primitifs ou hautement avancés, ont un jour ou l'autre inventé une boisson dénommée le Djinnain Tonnyx — ou Gee-N'N-T'N-Hic, ou Djinn-nain-tôt-nique, ou l'une ou l'autre des mille variations et plus sur le même thème phonétique. Les boissons proprement dites ne sont jamais les mêmes et varient entre le «ChinantoNick» silvouplais, qui est de l'eau ordinaire servie légèrement chambrée au-dessus de la température ambiante, et le «jean en tunique» trékrasseux, capable d'occire une vache à cent pas; et à vrai dire, le seul trait commun entre tous ces breuvages, outre que leur nom sonne de manière identique, c'est que tous sans exception furent inventés et baptisés avant que les mondes concernés n'entrent mutuellement en contact.
Que peut-on déduire d'un tel fait? Il demeure totalement isolé. Quelle que soit la théorie de la linguistique structurale qu'on veuille envisager, il demeure en dehors de l'épure, et il y reste. Les vieux structuralistes s'irritent au plus haut point dès lors que leurs jeunes collègues abordent le sujet. Quant aux jeunes structuralistes, ils se passionnent pour la question et passent des nuits blanches dessus, convaincus d'être à deux doigts de quelque découverte primordiale et finissent par devenir avant l'heure de vieux structuralistes que leurs jeunes collègues irritent au plus haut point. La linguistique structurale est une malheureuse discipline amèrement divisée et nombre de ses pratiquants passent encore trop de nuits à noyer leurs problèmes dans les Ouizgui-Zodahs.
Douglas Adams, Le Dernier Restaurant avant la fin du monde, chapitre 24

Et c'est ainsi que j'ai bu des gin tonics pendant des années.