Message de Renaud Camus en réponse à l'extrait d'André Maurois : «le portugais sans peine».

Oh comme je vous suis reconnaissant, Véhesse, d'avoir retrouvé cette page qui fut si chère à ma prime jeunesse ! Voilà ce qui me faisait tordre de rire à quinze ans ! Je crois aussi que toute mon ardente et fidèle lusophilie est sortie de là. Comment ai-je pu être assez bête, non pas pour "jeter", n'exagérons pas, mais pour ne pas garder, Les Silences du colonel Bramble et Les Discours du docteur O'Grady ! A l'âge ingrat, si bien nommé, et qui chez moi a bien duré une trentaine d'années (je ne suis pas sûr d'en être tout à fait sorti), ces livres me paraissaient indignes d'une bibliothèque un peu exigeante. Comme on est bête quand on a dix-sept ans, vingt-sept, trente-sept, etc. (Entoukamoi). Je constate avec grand plaisir qu'André Maurois, contre toute espérance, et comme tant d'autres avant lui, opère un timide come-back, et que son "journal", récemment publié, est salué par de nombreux articles favorables.

Dernier souvenir, si vous permettez : à la suite de sa Lettre à un jeune écrivain (1960 ? 62 ?), je lui avais écrit, et il m'avait très gentiment répondu. Je suis sûr que j'ai encore sa lettre, mais où ?