Le pire est que la question éthique du journal, et de ce que l'on peut y dire et n'y pas dire, est tout à fait présente dans les préoccupations de Finkielkraut lui-même. Nous l'avons souvent évoquée ensemble. Il trouve qu'on n'a pas le droit de rapporter ce que disent les uns et les autres – et Dieu sait que j'ai considérablement retranché pour l'édition de ce qu'il dit lui, ou Sylvie Topaloff qui n'a pas la langue dans sa poche. Mais si un journal ne peut rapporter ce que disent les personnes les plus intéressantes que rencontre l'auteur, il perd infiniment de son intérêt...
Renaud Camus, Rannoch Moor p.336

Moi je ne vois pas l'intérêt de savoir parler si je ne peux pas répéter les secrets.
L'Âne dans Schreck I


Répéter ce que dit X, passe encore, puisque X sait que Renaud Camus tient un journal. Mais écrire que X a rapporté que "Y avait dit que" est dangereux, quand on sait combien nous déformons naturellement les paroles d'autrui (Renaud Camus le vérifie lui-même quand il s'étonne des paroles que lui prête Pascal Sevran).