En faisant quelques recherches pour retrouver une autre phrase fétiche («Je suis beaucoup trop futile pour visiter les usines de yaourts» (p.387), je trouve cela dans Sommeil de personne :

[...] Dustan, paraît-il, affirmerait, dès les premières pages de son plus récent opus, qu'il serait décidé à aller encore plus loin que moi dans la critique des Juifs et de leurs pouvoirs...

Bien entendu, explique Dustan, les motifs ne sont pas les mêmes, d'autant qu'il est juif lui-même. Renaud Camus, d'après lui, veut empêcher les Juifs de s'exprimer et de représenter la culture française; [...]
Il [Dustan] attend les questions avec une moue dégoûtée par avance, yeux froncés, nez plissé, bouche tordue, comme si tout ce qu'on lui dit ne pouvait être qu'imbécile ou répugnant. Et plutôt que de répondre il pousse de longs soupirs, la bouche toujours tordue, comme si cela était trop bête, décidément, mille fois trop bête pour qu'un homme comme lui ait la moindre chance de se faire entendre de ce journaliste importun et de tout ce public débile. Nous autres génies sommes tellement incompris... D'ailleurs c'est peut-être mieux ainsi... Et de tourner entre ses doigts la mèche de sa perruque blonde en regardant la table devant lui...

Renaud Camus, Sommeil de personne, p.189

Cependant, j'ai cru comprendre que Dustan avait été le premier à prononcer une phrase disant à peu près (ou exactement?) «Renaud Camus m'a sauvé la vie». Et j'entends si régulièrement, de personnes différentes, des variations de cette phrase, que je ne peux qu'avoir de l'indulgence pour Dustan, malgré son mauvais goût, ses outrances, sa provocation.