Poème pornographique de Proust

Poème pornographique de Proust proposé sur le forum de la SLRC par Renaud Camus , qui en recherche les protagonistes:

On prétend qu'un Russien, digne que Dieu le garde,
Sut éveiller encor un dernier sentiment
(En y laissant son corps glisser jusqu'à la garde)
Au cul pourtant tanné du pauvre Ferdinand


(...)
Le tout sans réveiller le moine Ferdinand.
Pourtant au sein d'un songe il crut qu'il sentait là
Le membre aimé jadis de... d'Antoine Sala
Ô souvenir exquis de la vingtième année
Il pressait d'un doigt lourd cette verge veinée
Que le sperme argentait comme un ruisseau d'avril.
«Veux-tu que je t'enfile, Antoine ? », ainsi dit-il.
Répondit en chrétien le fils de Coralie :
(...)

Cahiers de Marcel Proust, numéro 10

Un continent : organisation du tour operator

On pose souvent la question du classement des bibliothèques, mais plus rarement celle de la planification de lecture d'oeuvres complètes. Parcourir un continent après l'autre (idée tellement séduisante) ? Ou bien alterner entre eux ?

Sans doute accès de découragement, il me semble trop tard pour espérer lire plusieurs œuvres complètes. Je ne suis même pas sûre d'avoir le temps de lire tout Renaud Camus, à l'allure où je lis (et où il écrit!)

En revanche question planification, j'ai des idées assez précises. La lecture de chaque livre "ancien" (par opposition à ceux qui sortent dans l'année, qui sont bêtement lus à chaud) est précédée de la lecture des livres qui me paraissent s'y rapporter. Evidemment, cela n'est possible que parce que je dispose de Vaisseaux brûlés et d'un certain nombre d'articles qui donnent une idée de ce qu'il faut lire.

Les livres de l'année paraissent avant le journal de l'année. Il faudrait les relire après la parution du journal de l'année. (Le délai est parfait entre les deux lectures: un à deux ans.) J'ai l'impression qu'on peut souvent donner une tonalité, une lecture principale, à un journal: Nietzsche pour Retour à Canossa, Höderlin pour Sommeil de personne, ... Dans quel journal apparaît la lecture de Wittgenstein? Elle me paraît être très importante.

Roussel, Duras, Ricardou, Lolita, Billy Bud, Mazo de la Roche pour Passage (il y en a bien d'autres, évidemment, vu la liste donnée en fin du livre, mais le problème est bien là: on est obligé de choisir, à l'aveugle, et peut-être choisit-on un livre sans importance tandis que son voisin était fondamental: comment savoir? Il faut aussi parier sur la chance, sur "le nez", sur l'intuition qui guide les mains dans les rayons des librairies);
Levet (et la préface de Fargue et Larbaud), Starobinski, La Jalousie, Pierre ou les ambiguïtés pour Echange;
Bouvard et Pécuchet et le Second volume, Journal d'un fou (Maupassant et Gogol), Ada, pour Travers;
Bataille pour Tricks (qui signale Benito Cereno);
Les Pensées de Pascal et le livre de Pierre Force pour Buena Vista Park (ici, tricherie, le livre de Pierre Force étant un anachronisme).

Avant même de commencer, il faudrait disposer du socle suivant (ce qui est paru jusqu'en 1975): Ulysse, A la recherche du temps perdu, Robbe-Grillet, Simon, Butor, Duras, Bonnefoy, Barthes, Ricardou, Larbaud, Toulet, Virginia Woolf et quelques Roussel (ce qu'il faudrait idéalement avoir lu avant de découvrir l'existence de Renaud Camus).

Pessoa et Borges. Tibulle.

Ensuite, chaque livre apporte ses propres lectures et indique également quelques références de lecture concernant des livres précédents. Il n'y a plus qu'à faire des listes et à réincorporer tout cela... Dans quel ordre? (lire Chaillou tout de suite ou attendre d'avoir lu Fendre l'air? Lire L'Ecart avant Journal d'un voyage en France?) Acheter quatre fois plus de livres qu'on est capable d'en lire et choisir selon son envie du matin, puisque de toute façon, tout sera utile un jour ou l'autre (puisque de toute façon je suis incapable de respecter un plan longtemps, il y a toujours une curiosité imprévue qui fait prendre des chemins de traverse).

Ne pas se poser trop de questions: « Nous sommes déjà passés mille fois par ces chemins. Et c'est ce qui malgré tout est assez rassurant, à la longue : car à l'affolement suscité par l'extrême profusion des sentiers de traverse (qu'on se décide à les suivre ou pas, peu importe) s'oppose leur propension à tous à ramener indéfiniment vers les mêmes carrefours.»

Il y a un autre projet que celui de Pierre Ménard: au lieu de réécrire le même livre que Cervantès, lire les mêmes livres que Renaud Camus...

remarque le 21/11/2008

Je suis sûre de venir de lire cette dernière phrase dans Journal de Travers, dans la deuxième partie du tome 2.

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