Je n'en ai jamais éprouvé la satiété. Eros est adorable mais trompeur. Il fait miroiter devant nous des plaisirs dont ils nous offre quelques-uns, et quelquefois beaucoup, même, mais cependant jamais assez. […] Le drame cavafien ne serait en ce sens qu'une exaspération mélancolique, et nostalgique, d'une insatisfaction dont je crains qu'elle ne soit consubstancielle à l'éros, hélas, car il est le monde de la danse des sept voiles, et après le septième il y en a sept encore, et jamais de fin à leurs agaceries. Le christianisme n'a jamais rien dit d'autre. Je regrette d'avoir à lui donner raison. Mais de cette constatation fâcheuse nous ne tirons pas encore les mêmes conclusions, lui et moi.»

Renaud Camus, Hommage au carré, p 217