J'aime lire les mêmes scènes traitées dans des styles différents, j'aime comparer les façons d'écrire, et voir les différences d'impression dues au style, justement : à quoi tiennent les émotions. Il me semble que c'est un très bon exercice de lecture, de formation à la lecture.
et cela encore bien davantage une fois que la mort, survenue, l'aura, en quelque sorte, consacrée à titre rétrospectif, et confirmée a postériori dans les caractères de l'amour le plus intense et le plus haut
Renaud Camus, L'Inauguration de la salle des Vents, p.138

tu peux très bien avoir la relation vachement intense et passionnée comme c'est pas croyable, ça t'en sais rien, ça y a que la mort qu'elle te l'dira — eh ben là moi c'que j'vois c'est qu'la mort ben justement ê't'le dit, point barre
Ibid, p.162
Maintenant que je connais bien le livre, je constate que je le commence aux alentours de la p.80, peut-être parce que j'ai trop fait attention à la structure quand j'ai commencé à lire les premières pages.
Je ressens une progression, un approfondissement, un ralentissement, dans la deuxième partie du livre, mais je ne comprends pas à quoi cela est dû. Peut-être que les moments racontés sont des moments plus courts, plus concentrés, davantage décrits, dont quelques-uns se situent après la chute, après l'histoire, sur le versant descendant du récit, tandis que la première partie dépeindrait des moments plus longs, des étendues de temps, montant vers la chute (si je puis dire). Mais il faudrait étayer cette thèse, ce n'est qu'une tentative d'explication.